CHAPITRE II
DE L'ORGANISATION DE L'EGLISE DE TOURS A LA CONSPIRATION d'aMBOISE.
En i554, il n'y avait pas encore d'églises complètement organisées sur le territoire français. Les fidèles, à cette époque, étaient seulement enseignés, dit un chroniqueur, « par la lecture de bons livres et selon qu'il plaisoit à Dieu de les instruire; quelquesfois par exhortations particulières, sans qu'il y eust administration ordinaire de la parole ou des sacremens, ny consistoire estahli : ains (mais), l'un consoloit l'autre comme faire se pouvoit, s'assemblans selon l'opportunité pour faire des prières sans qu'il y eust proprement autres prescheurs que les martyrs, horsmis quelque petit nombre de moines, preschans moins impurement que les autres : tellement qu'il se peut dire que jusques alors le champ du Seigneur avoit esté seulement semé et avoit fructifié parcy par là; mais en ceste année ( 1 555), l'hé-
ritage du seigneur commença d'estre rangé et mis en ordre à bon escient (i). »
C'est en 1 556 que l'église de Tours fut organisée . Un riche bourgeois de la ville, nommé Bedoire, « homme de grand zèle, mais extrêmement présomptueux, fut le premier qui n'épargna, dit Th. de Bèze, ni sa personne, ni son bien pour dresser forme d'église entre ceux de la religion. » Simon Brossier, qui venait d'établir un consistoire à Bourges, aida de ses conseils les réformés de Tours. Des anciens et des diacres furent élus. Un pasteur, qui s'appelait Poterat, prit la direction de l'église, et quelques mois plus tard Jacques Haron (ou Hazon), écrivait à Colladon la lettre suivante :
« Monsieur et bon amy, je me recommande à votre bonne grâce de tout mon cœur, faisant savoir de mes nouvelles, c'est assavoir comme je m'en retournois à Genève, après avoir visité mon père et ma mère, je passé (sic) par la ville de Tours, là où j'é si longtemps esté persécuté. Plusieurs gens du lieu m'ont fait arrester, tellement que l'église m'a fait proposer (prêcher), et ay proposé par deux fois en consistoire, en la présence de M. Poterat, le ministre, et devant toute l'assemblée des anciens ou sur-
(i) Th. de Bèze, Histoire ecclésiastique i58o, t. I, P- 97-
veillans et autres. Lesquels après m'avoir ouï, ont regardé que je pouvois servir à la gloire de Dieu, et par ce moien ils m'ont fait demourer de par deçà, voiant aussy la grande nécessité de gens qu'il y a aux églises. Toutefois aians mis en avant ceste raison et après avoir remonstré à l'église que j'avois promis de retourner les prians de m'assister pour entretenir mon étude, ils m'ont dit que je m'exercerois depardeçaetestudierois et que m'assisteroient. Ce considéré, j'é bien voulu vous rescrire ces choses et vous advenir de mes nouvelles. . . Escript à Tours le 2e de novembre i556,depar vostre Jacques Hazon (i). »
Il n'est pas probable que le signataire de cette lettre soit resté longtemps à Tours, dont l'église était déjà ou allait être divisée, grâce à Bedoire, le riche bourgeois que nous avons nommé plus haut. Ce personnage, n'écoutant que son zèle, fit prêcher sans consulter personne, « environ l'an 1 556, » François de Beaupas, dit Chassebœuf. C'était une faute. Il était inutile d'établir un consistoire, d'organiser l'église en un mot, si chacun devait rester libre de la mener à son gré. Les fidèles ne l'entendaient pas ainsi. Mécontents de Bedoire et craignant
(i) Lettres diverses à Colladon, n° 797 (Mss. Bibl. de Genève).
un schisme, ils demandèrent aux ministres de Genève de leur envoyer deux pasteurs.
Plus d'un an s'était écoulé, quand au mois de mai 1 5 58, on leur adressa un vieillard nommé Lancelot (i) et un jeune homme qui s'appelait Rouvière (2). Deux camps se formèrent aussitôt. D'un côté Bedoire et ses amis, de l'autre les deux pasteurs de Genève et une partie des réformés de la ville (3) . « Et creust ceste division si avant, dit Th. de Bèze, que peu à peu les Ministres perdirent la plus part de leurs auditeurs, et La Bedoire d'autre costé, amena de Poitiers un nommé Jacques Langlois, le taisant prescher à Tours tant à luy qu'à ceux qu'il lui plaisoit. Lancelot et Rouvière sur
(1) Lancelot d'Albeau, gentilhomme angevin.
(2) D'après M. Archinard, (Bullet. du prot., VIII 72), le pasteur qui fut envoyé à Tours avec Lancelot le 3i mai 1 538, se serait appelé' Jacques Bouvier, et d'après le Corpus Reformatorum (XXI, col. G95), Jacques Bonnier. Th. de Bèze lui donne le nom de Rouvière, que nous adoptons. Nous n'avons trouvé aucune trace d'un pasteur nommé Jacques Boitillé, que la vénérable Compagnie aurait adressé à l'église Je Tours, le 6 juillet 1 558 (Bullet. du prot., VIII, 72). Peut-être sommes nous en présence d'une simple erreur de lecture.
(3) Th. de Bèze ne dit pas un mot de Poterat. Il était 1rs en tout cas en i56o et y passa deux ans. Voir
lettre de Biseus à Calvin, Opéra Calvini (Corp. Réf.), t. XVII, n<> 3o54, notes.
cela feirent tout devoir de remonstrer aux schismatiques le mal qu'ils faisoient, mais ce fut en vain. Quoy voiant Lancelot, homme doux et paisible, demanda et obtint son congé et de là fut receu ministre à Montoire, où il dressa l'église, tirant par ce moien le Seigneur grand bien d'un grand mal. Rouvière ne feit pas ainsi, mais déclaira que tandis qu'il auroit une brebis, il demeureroit pasteur, sinon qu'il fust démis avec bonne cognoissance de cause. Langlois d'autre part voiant qu'on s'opposait à sa vocation ne voulut plus prescher. Cela esmeut La Bedoire de le mener luy-mesme à Genève, espérant faire trouver sa cause bonne et de l'en ramener ou quelque autre à son appétit, pour succéder à Lancelot. Mais les Ministres de Genève aians remonstré tant à La Bedoire qu'à Langlois la faute qu'ils avoient faite contre l'ordre de l'église et refusans d'entrer plus avant en la cognoissance de ceste cause, veu qu'ils n'avoient authorité aucune sur les églises de France, renvoièrent à vuide La Bedoire, aiant voulu Langlois s'arrester à Genève, en intention d'y continuer ses estudes jusques à ce qu'il fust légitimement appelé au ministère. Quelque temps après ceux de Tours s'estans ralliés avec Rouvière, au moins la meilleure partie, et aians prié les ministres de Genève de leur envoier un minisire, Charles
d'Albiac, dit du Plessis, leur fut adressé (i), lequel y estant arrivé et receu par l'église et La Bedoire appelé en consistoire, il ne fut iamais possible de le reconcilier et faire revenir, quoy qu'il n'alléguast raison aucune de son fait. Il fut donques excommunié, dont il tint si peu de compte qu'il demeura tousiours opiniastre quelques remonstrances qu'on luy feist et de quelque affliction que luy et sa maison fussent visités (2). »
Ces tristes divisions n'avaient pas empêché l'église de Tours de se développer ; et cependant la persécution redoublait de violence. Deux Tourangeaux furent brûles en I55J.
Le premier s'appelait 'Philibert Hameîin. C'était un ancien prêtre ; il fut arrêté en Saintonge et transféré à Bordeaux, où il subit le dernier supplice (3).
(1) D'après le Registre de la vénérable compagnie, B f* 33, c'est le Mercredi 6 juin i5i>8 que « Charles du Plessis (fut) élu pour pasteur de Tours, pour y estre avec Jacques Roville (Rouvière), au lieu de M. Lancelot d'Albeau, qui iroit à Montoire». Opéra Calvini [corp. Réf.), t. XXI, col. Gqj. — Dans le courant de l'année, Du Plessis fut envoyé à Blois et Antoine Chanorrier, dit Desmerange, qui exerçait le ministère dans cette ville, le remplaça à Tours pendant 3 mois. Ce laps de temps passé, les deux pasteurs regagnèrent chacun son poste. Voir Hist. ccclésiat., i58o, t. 1er, p. 1^.8 et 149.
(2) Th. de Bèze. Hist. ecclésiat.^ i58o, t. \*r, p. io5.
(3) Crespin, Les vrays tesmoins, 1 570,^450.
Le second était un habitant de Tours, nommé Jean Caillou, brodeur de son état, qui avait commis le crime d'aller prier Dieu dans un bois des environs de la ville avec cinq ou six de ses amis. Conduit devant ses juges « il requit, dit un de ses contemporains, qu'il luy fust permis de prier Dieu avant de respondre de sa foy, afin qu'il luy donnast force et courage pour ce faire. » Qn n'osa rejeter sa requête. Il fit donc confession de ses péchés et invoqua la grâce du St-Esprit. Puis il prononça « les prières qui se font ordinairement es Eglises françoises pour tous estats, pour le Roy, pour la conservation de son Royaume, pour les Magistrats, pour toutes les nécessitez des povres affligez, et ce d'une ardeur singulière. Et puis ayant récité pour confession de foy le Symbole des Apostres, se leva et respondit aux demandes qui lui furent faites avec une telle grâce et modestie que les cœurs de plusieurs furent rompus iusques à iester larmes et monstrer signes qu'ils ne demandoyent que sa délivrance. » Jean Caillou aurait pu sauver sa vie en abjurant; il aima mieux mourir (i).
De tous côtés d'ailleurs ce n'était que sup-
(i) Crespin, op. cit.. fl» \Bih et 482, Cf. ttist. ccclrsiast. cd. Baum el Cunitz, t. I, p. i58.
plices, et cependant la cour de Rome n'était pas satisfaite. Une lettre adressée au connétable de Montmorency par Babou de la Bourdaisière, alors ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, en fait foi. Qu'on en juge. « Dernièrement le Pape me déclara, écrit l'ambassadeur, qu'il s'ébayssoit grandement comme Sa Majesté ne faisoit aucun compte de punir les hérétiques de son royaulme, et que l'impunité de M. D'Andelot (il s'agit ici de François D'Andelot, l'un des héroïques défenseurs de St-Quentin, qui venait d'être jeté en prison pour crime d'hérésie), donnoit une très mauvaise réputation à Sa Majesté devant laquelle ledit sieur D'Andelot avoit confessé estre sacramentaire (i), et que si on l'eust mené tout droict au feu, comme il méritoit, oultre que Von eust faict chose très agréable à Nostre Seigneur, le royaulme de France fut demeuré longtemps nect d'hérésie. » (2) Voilà les conseils que pendant le cours du xvic siècle, la papauté n'a cessé un instant de donner à nos rois. Mener les sacramentaires tout droict au feu était pour elle le comble de la sagesse et même de la piété.
(1) Un des noms que l'on donnait aux réformés.
(2) Bibl. nationale, F. IV. 3i32, 44, cité par J. Delaborde, Encyclopédie des sciences religieuses, au mot Andelot.
Cependant les réformés de Tours s'agitaient. Leur nombre leur donnait de l'audace. Effrayés, les commissaires du roi se concertèrent avec le clergé et prirent les mesures suivantes :
i° Ordre fut donné à la municipalité de faire garder les portes de la ville jour et nuit;
2° On enjoignit à 14 compagnies des paroisses d'armer i5o hommes, qui devraient obéir au commissaire d'Hauterive. Une invitation du même genre fut adressée aux habitants les plus connus des bourgs voisins;
3° Commandement fut fait aux bourgeois et manants de Tours de placer chaque nuit devant leurs maisons « des lanternes et lumières ardentes; »
40 Furent expulsés de la ville par les sergents et les clercs tous les vagabonds, gens sans aveu, bélîtres, etc..
Enfin l'on décida que les meneurs du parti réformé seraient enfermés dans les prisons de l'archevêché. — « Cette mesure arbitraire ayant été mise à exécution, dit un historien auquel nous empruntons ces détails, une compagnie de fervents catholiques eut pendant trois mois la triste mission de servir de geôliers à ces prisonniers coupables d'avoir revendiqué les armes à la main ce grand principe
de la société moderne : la liberté de conscience. » (i).
Quelques mois plus tard, le 8 mars i55c), Morellanus écrivait à Calvin : « Les affaires des Tourangeaux semblent aller mieux que dernièrement» (2). Ce n'était pas beaucoup dire, car la tempête qui s'était abattue sur l'Église de Tours, ne s'était pas encore calmée. Un commissaire, dont nous ignorons le nom (3), en poursuivait les membres avec acharnement, et ceux-ci commençaient à perdre patience. De sourdes colères grondaient. Une grande imprudence allait être commise.
Voici comment l'un des pasteurs de Tours, qui signe Riseus (4), raconte à Calvin, dans une longue lettre datée du 16 mai, les événements auxquels nous venons de faire allusion. Cette épître pleine de détails nous révèle les agitations et les violences de cette époque troublée. Nous la résumerons en la tradui-
(1) Giraudet, Hist- de la ville de Tours, t. II, p. 4. Il est bon de faire observer que les réformés de Tours n'avaient pas encore pris les armes.
(2) Opéra Calvini [Corp. Réf.), t. XV, n° 3o.|5.
(3) « Prrcfectus inimicus » Opéra Calvini (Corp. R<'f.), t. XVII, n" 3o54, RLseus Calvino.
(4) Il signe C. Riseus, mais ce n'est là probablement qu'un pseudonyme. Ce que nous suons de l'histoire de Tours à cette époque, nous permet de supposer que Riseus et Charles d'Albiac ne faisaient qu'un.
sant, sans nous croire oblige d'être bref. « Tu sais, dit Fauteur, que le Seigneur nous a visités pour éprouver cette foule que nous avions réunie en quelques mois. Il nous a mis dans la fournaise et, j'ai honte de le dire, il s'y est trouvé plus de foin et de paille que d'argent et d'or... et ce qui m'afflige le plus, c'est qu'il y a (parmi les malheureux dont je me plains), non-seulement des gens du bas peuple, mais aussi des hommes sur lesquels je croyais pouvoir compter pour censurer et punir. Relever l'Eglise sera difficile... Au surplus, douze des nôtres, pas davantage, ont été mis en prison. La plupart d'entre eux ont pu éviter, en donnant de l'argent, de passer en jugement; les autres n'ont pas encore recouvré la liberté. > Riseus raconte ensuite que plusieurs membres de son troupeau sont venus le trouver dans la maison où il se cachait, et ont insisté auprès de lui pour qu'il écrivît aux églises voisines et leur demandât du secours. « J'ai refusé, dit-il, et leur ai déclaré que je ne suis pas ici pour réunir une armée, mais pour prêcher la patience et la paix... » C'était sage, mais les têtes étaient montées, et Riseus ajoute que, voyant ses amis sur le point de tenter l'aventure, il se crut obligé de se mettre à leur disposition et les assura qu'il était prêt à affronter n'importe quel danger pour leur être utile. — Satisfaits,
les chefs du parti réformé se décidèrent à convoquer une grande assemblée sur l'une des places publiques de la ville et à faire parler leur pasteur devant le peuple pour essayer d'émouvoir le commissaire chargé des affaires religieuses et l'empêcher de frapper les prisonniers. C'était hardi, et encore plus imprudent. Riseus fit des objections. « Si la foule (qui se réunira sur la place), est armée, disait-il, nous ne pourrons empêcher qu'on nous accuse de sédition ; si elle est sans armes, le loup, quel que soit le nombre des brebis, enlèvera toutes celles qu'il voudra prendre. » Il n'y avait rien à répondre à ce dilemme; mais comment arrêter des gens qui sont décidés à faire une folie ? Ils insistèrent, et Riseus, entraîné malgré lui, écrivit aux églises voisines la lettre suivante :
« Les calamités qui ont fondu sur nous depuis l'arrivée du commissaire chargé des affaires religieuses, vous les connaissez, mes Frères. Et cependant, ce qui est arrivé est peu de chose en comparaison des coups dont on nous menace. Pour les éviter, nos anciens réunis n'ont rien trouvé de mieux que de nous assembler en très grand nombre sur une place de la ville et d'y confesser notre foi. Si vous le trouvez bon, nous vous supplions de vous joindre à nous. Nous vous rendrons la pareille au be-
soin. Salut en Christ.» — On fixa le jour de la réunion, et des copies de cette lettre furent adressées immédiatement aux églises. Malheureusement les anciens de Tours, désirant avoir l'avis du roi de Navarre, décidèrent sans prévenir leur pasteur ni les gens qu'ils avaient invités à venir en ville, de ne pas s'assembler à la date fixée. La réunion fut retardée d'une quinzaine. Cependant au jour dit, les membres des églises des environs se rendirent à Tours. Ils étaient fort nombreux; mais apprenant ce qui se passait, ils repartirent. On les laissa faire pour les mieux frapper.
« Je reçus bientôt un fort triste message, écrit Riseus dans la lettre que nous analysons. L'on vint m'annoncer que pJusieurs d'entre eux avaient été arrêtés sur la route et jetés en prison... Je ne sais comment finira cette tragédie. Notre ennemi est parti laissant dans les cachots plus de 40 personnes (je parle de ceux des villages voisins...). Il a promis une grande récompense à celui qui me livrerait, et je suis connu dans ce pays-ci plus qu'il ne faudrait... Dans ces conditions-là il est difficile de réunir les restes des églises et de ramener chacun à son devoir. Beaucoup nous ont abandonnés; quelques-uns se révoltent et ne supportent pas du tout le châtiment... Tu
peux voir par là dans quel état sont nos affaires (i). »
Calvin, qui avait été informé de cet événement, écrivait le 17 mai à l'un de ses correspondants : « Les Tourangeaux ont joué du clairon avec témérité et cela pour leur malheur. Cette leçon les rendra moins ardents (2). »
L'événement devait prouver que le réformateur de Genève connaissait mal les habitants de Tours. Ecrasés pendant plus de trente ans, ils vont prendre une part active aux luttes qui se préparent. Bientôt en effet la guerre civile déchaînera ses fureurs sur les provinces et les Réformés, qui ont vu leurs frères emprisonnés, martyrisés, roués, brûlés, et qui déjà n'écoutant que leur colère, ont publié des libelles violents contre la messe, brisé des statues vénérées par le peuple des villes et des campagnes, essayé de fomenter des émeutes, n'hésiteront plus à attaquer leurs ennemis. La patience fort relative, dont ils ont fait preuve et qu'explique peut-être leur faiblesse numérique, n'est plus de leur goût. Avec la conjuration d'Amboise, ils vont ouvrir une ère
■ 1) Nous donnons en appendice (n° V) un long extrait du texte de cette lettre qui se trouve dans les Opéra Calvini {Corp. Réf.), t. XVII, n« 3o5.|.
(2) Calvinus Morcllano, Opéra Calvini {Corp. réf.), t. XVII. n» 3o5G.
sanglante, dont l'édit de Nantes marquera, la fin et pendant laquelle les deux partis se heurteront sur les champs de bataille. Ces combats fratricides n'empêcheront ni les luttes dans les rues, ni les pillages, ni les massacres. En Touraine le sang coulera, des sanctuaires seront dévastés et la Loire roulera des cadavres dans ses flots. Triste temps que celui-là ! Nous n'essaierions pas d'en écrire l'histoire, si nous n'étions persuadé que, raconter les lugubres exploits de l'intolérance religieuse est le plus sûr moyen de la frapper au cœur.
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