‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 14 sur 104 · XIII. — Fortification des places de la province · texte numérisé non relu

XIII. — Fortification des places de la province

Dans le même temps, Philippe II avait lancé des troupes dans la Picardie ; il s'était emparé de Saint- Quentin (27 août 1557) et y avait fait un grand nombre de prisonniers qu'il fallait racheter.

Les fonds s'épuisaient en rançons et en frais de guerre. Dans ces pressantes nécessités, Henri II fit appel au pays et demanda à chaque province de lui venir en aide. Il réclamait à la Bourgogne « de vingt-cinq à trente mille livres » , pour fortifier la province, disait-il, mais sans doute aussi en partie pour subvenir aux frais de la guerre. Ses lettres furent présentées aux élus le 2 septembre 1557. (1).

L'affaire dépassant leurs pouvoirs, il y eut convocation des trois ordres pour le 20 du même mois.

Il y avait en effet urgence à mettre le pays en état de défense. Sans attendre cet avis, Dijon avait déjà fait construire un « boulevard » devant la porte de Saulx, et parmi les autres villes, Avallon avait

(1) Archives de la Côte-d'Oret de l'ancienne Bourgogne.

fait réparer ses murailles et les tours de son entrée principale. Dès le mois de septembre, cette dernière s'était mise à l'œuvre « par laraison qu'il y avoit des « des ennemys, près de Lan grès, pour aller par la « comté. » (1). Le duc de Savoie traversait la Champagne, pour rentrer dans ses États, par la province soumise à la domination espagnole.

Les États de Bourgogne répondirent à la demande du roi en votant un crédit de vingt mille livres, et pour qu'il ne fût pas détourné d'une destination utile à la province, ils stipulèrent dans leur délibération, que cette somme serait « entièrement « employée en nouvelles et extraordinaires fortifi- « cations du païs, et non ailleurs, ny à aultre usage. » (2).

Si l'on veut avoir une idée de la valeur des vingt mille livres votées, rapportées à la valeur et au pouvoir actuel de l'argent, que l'on compare les prix suivants payés par les Avallonnais pour la réparation de leurs murailles, avec ceux de nos jours.

Deux échevins, faute d'entrepreneur, avaient été chargés de faire exécuter par voie de régie les réparations projetées. C'est du mémoire qu'ils en dressèrent, que nous extrayons ce qui suit.

Ils employèrent à ces travaux les mois de septembre, octobre et novembre 1557.

(1) Archives <!' .wallon.

(2) Arch. de l'ancienne Bourgogne, — Délibérations des États.

Une queue de chaux de Thory, rendue sur les lieux était payée 20 sous

Un membre de pierre de taille de Champrotat 5 sous

Le charroi d'une voiture de sable 3 sous

Une journée de maçon ou de manœuvre pour le servir 4 sous

Extraction d'une voiture de pierres (pour 42 voitures 26 sous), soit environ 7 den. 1/3

Charroi d'une voiture de pierres. 3 sous

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