‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 15 sur 104 · XIV. — Ban et arrière-ban · texte numérisé non relu

XIV. — Ban et arrière-ban

La levée des « deniers de fortifications », c'est le nom que l'on donnait à cet impôt, ne fut pas le seul expédient auquel eut recours le gouvernement du roi clans le pressant besoin où se trouvait le pays. Henri II convoqua le ban et arrière-ban de l'État.

Le ban et arrière-ban était une contribution noble payable soit en personne, soit en argent, pour servir le roi dans ses armées. Elle était attachée au fief, et personne, femme, enfant ou ecclésiastique, n'en était exempt; cependant, par la suite, ces derniers n'y furent plus assujettis. Celui qui était hors d'état de porter les armes, devait se faire remplacer par une ou plusieurs personnes aptes au service, selon la qualité du fief, ou se racheter à prix d'argent.

Avant Charles VII, le Banneret ou propriétaire d'un fief de bannière, devait un service de vingtcinq hommes d'armes, dans quelques localités de

dix seulement ; et l'on entendait par homme d'armes, un gentilhomme armé de toutes pièces, accompagné de deux ou trois archers, d'un écuyer et d'un page ; le Bachelier ou propriétaire d'un fief de haubert, devait un homme d'armes; enfin le simple écuyer n'était tenu qu'à sa personne armée à la légère, ou avec l'écu seulement. Après la guerre contre les Anglais, Charles VII abolit les bannerets et bacheliers, et apporta de grandes réformes dans la gendarmerie.

Le ban était rassemblée des nobles relevant directement du roi; Y arrière-ban , celle de tout noble ou roturier, n'en relevant que par l'intermédiaire de seigneurs suzerains.

C'était un service dû au roi et aussi ancien que la monarchie.

En 1554, les Etats provinciaux avaient élevé la prétention que le service militaire du ban et arrièreban dans la Bourgogne, fût affecté spécialement à à la garde du territoire.

Henri II avait reconnu les droits de la province et s'y était soumis. Mais cinq ans plus tard, il y eut de nouvelles contestations. Après quelques débats, le conseil privé, consentit enfin un accord qui confirma le privilège. (1).

Les possesseurs de fiefs nobles ou roturiers, furent plus d'une fois convoqués pendant les guerres, de la Réforme; et l'on comprend dès maintenant, comment ceux d'entre eux qui prirent parti contre le roi, et qui, par conséquent, ne répondirent point à la convocation, furent imposés

(1) Archive» de la Côte-d'Or et de l'ancienne Bourgogne

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à de fortes taxes, dont il leur fut souvent difficile de s'affranchir.

X"W. — Avènement de François II.

A l'instant ou l'on sévissait à Paris, avec le plus de rigueur contre les hérétiques, et où l'on faisait monter le conseiller Dubourg sur le bûcher, Henri II fut blessé d'un éclat de lance, par le comte de Montgommeri, dans un tournois qu'il donnait à l'occasion du mariage de deux de ses filles. Il mourut le 10 juillet 1559, des suites de sa blessure.

A l'avènement de François II, l'aîné de ses fils qui lui succédait, âgé seulement de quinze ans et demi, les hérétiques se montrèrent plus entreprenants qu'ils n'avaient été jusque là. La jeunesse, la constitution frêle et maladive du nouveau roi, et la faiblesse de caractère qui semblait en devoir être la conséquence, leur donnait l'espoir de s'imposer facilement au pays, quelque résistance qu'ils pussent, rencontrer dans l'esprit des populations.

Le jeune roi, soumis à la régence de sa mère Catherine de Médicis, avait appelé au maniement des affaires les princes de la maison de Lorraine, oncles de Marie Stuart, sa femme. « Tout le clergé, une grande partie de la noblesse et les peuples, écrit Castelnau, « jugeoient ces princes appelés « de Dieu, pour la conservation de la religion « catholique. » (1).

Les princes du sang, Antoine et Louis de Bour-

(1) Caslelnau, livre Ier, chap. III.

bon, le connétable de Montmorency et les Châtillon étaient tombés en disgrâce. Quoique divisés d'opinions religieuses, un même sentiment de vengeance les réunit, et, par opposition aux Guises qui représentaient le parti catholique, ils offrirent l'appoint de leur crédit et de leur fortune aux Protestants. Le roi de Navarre se trouvait, par son rang et par sa position, naturellement désigné pour le chef des mécontents; mais quoiqu'il eût à peu près ouvertement renoncé à la messe, ce fut en vain que les protestants insistèrent auprès de lui pour qu'il se mît à leur tête.

La position qu'Antoine de Bourbon refusa de prendre, le prince de Condé l'accepta, et il ne craignit pas de se laisser compromettre clans des entreprises révolutionnaires. Il fut suivi dans cette voie par plusieurs gentilshommes de Bourgogne, ses alliés ou ses amis.

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