XVI. — Blâmes infligés à Bretagne par les Bourguignons
Maintenant hâtons-nous de reconnaître, quelles qu'aient été la teneur de la délibération du 20 mars 1561, celle de la harangue et des propositions avancées de Bretagne, comme aussi des paroles cle Bèze , que ni les unes ni les autres ne furent l'expression de l'esprit général des Bourguignons.
Bèze avait depuis sa tendre jeunesse quitté la patrie de son père, bailli de Vézelay, et n'avait reçu aucune mission cle ses compatriotes. Député par Calvin au colloque de Poissy, il représentait simplement les protestants cle Genève et de la Suisse. Quant à Bretagne, député du Tiers-État de Bourgogne, il subit la plus verte censure que ses commettants croyaient être en droit cle lui infliger. Le conseil de ville cle Dijon, par délibération du 30 avril 1562, forma opposition au paiement cle ses honoraires cle député par la raison « qu'il avoit demandé des temples sans en avoir eu mission du pays. » Cette opposition fut signifiée aux élus des États par le ministère cle Richard Arviset, procureur de la ville cle Dijon. D'un autre côté, les Autunois le chassèrent de la Vierie et élurent à sa place un catholique résolu, Georges Venot, avocat et d'une ancienne famille cle la province. (1).
(1) Archives de la Côte -d'Or. — M. Abord. La Réforme à Autun.