‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 42 sur 104 · X.. — Fermentation croissante dans toute la province · texte numérisé non relu

X.. — Fermentation croissante dans toute la province

Loin d'assurer la paix, l'éclit de tolérance n'aboutit qu'à de plus grands désordres en exaltant d'une part, l'audace des novateurs, et de l'autre, les nobles sentiments des défenseurs de l'ordre social et religieux. Aussi fut-il la cause et le signal de la première guerre civile.

Je ne sais par quelle distraction des historiens ont pu dire que, grâce à l'active vigilance de Tavannes, la Bourgogne fut exempte de ces dissensions intestines. Simonde de Sismondi, pourtant riche en faits, dit en deux mots « qu'il y eut seulement quelques massacres à Auxerre ; tandis que Ch lon-sur-Saône, Autun et plus tard Mâcon, enlevés de vive force par Tavannes aux huguenots, furent pillés par ses soldats. » Il va sans dire qu'il se donne bien garde de rappeler les horreurs commises par ses coreligionnaires. Anquetil ne dit rien touchant la Bourgogne, et Lacretelle raconte simplement que Mâcon et Châlon se rangèrent volontairement sous les lois des calvinistes, dans une simple nomenclature des villes que ceux-ci avaient conquises. Et pourtant, nous allons voir toutes les villes des rives de la Saône particulièrement, passer successivement des mains de Tavannes au pouvoir des protestants et des mains de ces derniers dans celles de Tavannes; et partout ailleurs, des révoltes plus ou moins sanglantes.

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