‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 50 sur 104 · partie de mariniers, se porta dans la maison d'un · texte numérisé non relu

partie de mariniers, se porta dans la maison d'un

potier d'étain, nommé Cosson; quelques-uns « le

« prirent, battirent, jetèrent par les fenêtres, et

« finalement, d'un coup de levier, lui firent voler

« la cervelle en l'air Puis, finalement, le traî-

« nèrent, et, du haut du pont, le jetèrent à Feau. »

Quel était son crime ? Fauteur ne le dit pas : mais

admettra-t-on que la population se soit livrée à ce

meurtre sans provocation ou sans autres graves

motifs ?

Deux jours plus tard, ayant à leur tête Jacques

Creux, surnommé le capitaine Brusquet, concierge

des prisons royales, les mêmes hommes se saisirent

de la femme du châtelain cl'Avallon qui habitait

Auxerre, et la traînèrent également à la rivière,

ainsi qu'un nommé Eclme Baleure, juge à Cor-

berain, proche Varzy, dans le Nivernais, détenu

dans les prisons de la ville, et un « pauvre drapier

« de continuer ceste iyvraison ausdits soldasdz, pour les « contenir...

« C'est chouze toute notoire quele douziesme de janvyer lesdits « pouvres habitans de Mascon soubstiudrent le dur assault que « leur feut faict et baillé, et l'escalade que feut présente'e de « toutes pars à leurs murailles.

« Où l'ennemy ayant deffailly à son entreprinse, se retira à « deux lieues de ladite ville, non plus loing, ayant faict illec « séjour, attendant, comme ils ee jactoient, aultres plus « grandes forces pour retourner contre ladite ville. »

ce drapant.» Ceux qui voulurent éviter un pareil sort, durent s'enfuir et laisser leurs maisons et leurs biens au pillage.

Si Ton ne connaît pas les causes de ces cruelles exécutions, on les entrevoit cependant dans les excès non moins sanglants des huguenots et clans l'exaltation où étaient les esprits pendant cette guerre faite aux catholiques par les ennemis de leur foi. Des représailles étaient inévitables.

La position des Auxerrois était critique : Ce n'était pas seulement leur religion qui était en péril; ils combattaient autant par patriotisme que par zèle religieux. Les chefs de la révolte voulaient être maîtres d'une ville qui entravait leur communication entre Orléans et l'Allemagne où d'Andelot était allé, au nom de Condé, recruter une armée pour leur commune entreprise.

Quelques seigneurs des environs battaient constamment l'estrade autour d'Auxerre. Des volontaires, sous la conduite d'un avocat nommé Bougault, firent un jour une sortie contre eux et poussèrent jusqu'à Charbuy, où ils dévastèrent la demeure seigneuriale du sieur de la Chesnault, l'un de leurs officiers.

Enfin, dans le commencement d'octobre, les huguenots renonçant à s'emparer de la ville par surprise ou par connivence, tentèrent un coup de main contre elle. Marafin, seigneur de Guerchy et d'Avigneau, enseigne de l'amiral de Coligny> s'y

(Archives de la ville de Mâcon, É. E. 47. — Extrait des mémoires et instructions présentés au roi pour obtenir remboursement de frais de guerre.

(1) M. Challe.

présenta à la tête de cavaliers. Les habitants firent résistance et Ton en vint aux mains; mais les Auxerrois furent repoussés avec une perte de quatorze morts et plusieurs blessés, sans cependant que l'ennemi put pénétrer dans la ville. (1).

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