‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 72 sur 104 · XIX. — Marche de Coudé et siège de Sens · texte numérisé non relu

XIX. — Marche de Coudé et siège de Sens

Pendant ce temps, Conclé marchait, sans de grandes difficultés, au devant des alliés qui lui

(1) Le Frère de Laval. — La vraye et entière histoire. Agut. — Les révolutions de Mâcon.

(2) M. Abord. — Histoire de la Réforme dans la ville d'Autun, p. 376.

arrivaient d'Allemagne. Dès le 13 novembre, trois jours après la bataille cle Saint-Denis, il avait remonté la Seine jusqu'à Montereau, ville tombée au pouvoir des huguenots en même temps qu'Auxerre, et qu'il avait assignée pour rendezvous aux troupes rebelles de la Guienne et du Poitou, comme il avait désigné Orléans pour celles qu'il attendait cle la Provence, du Dauphiné et de Gascogne. Puis, par une heureuse diversion ayant pour but de dérouter le duc de Guise qui l'attendait à Troyes, il se saisit cle Pont-sur-Yonne, et vint mettre le siège devant Sens. Guise accourut en effet au secours de la place, et Concié en profita pour diriger vers la Lorraine le gros de son armée, tout en affectant une ardeur particulière au siège commencé.

Le duc de Guise ne fut pas longtemps dupe de cette feinte : laissant le gouverneur de Sens, Villegagnon, résister seul avec les habitants aux efforts des assiégeants, il se hâta, peu après son arrivée, de remonter par Troyes au devant cle l'armée protestante; Condé ne fit pas moins continuer le siège jusqu'au 30 novembre. « Le seigneur de Villegagnon... « avait un bon nombre de. gens de guerre. Les « habitans prirent une ferme résolution de plustost « mourir sur la brèche que de se rendre, quoyque, « depuis peu, se fût relire le duc cle Guise qui « avoit emmené avec lui un bon nombre de solclatz. « Après que le prince de Concié eut été assuré cle « la ferme résolution des habitans et de la garnison, « et avoir éprouvé leur bravoure clans une sortie « qu'ils firent à sept heures du matin, il leva le « siège, le jour de la sortie, jour de Saint-Andrié

Ô7i CHAPITRE vu. — (1566-1568)

« (30 novembre). Jean de Lignerot, escuyer, seigneur

« de Bonhutin, y fut tué et fut enterré aux Corcle-

« liers. Il y eut quantité d'assiégeants de tués,

« plusieurs faits prisonniers et beaucoup d'assomés

« par les paysans qui les poursuivoient. L'église

« de Saint-Remi fut détruite, et une petite église

« qui estoit restée dans le clos des Cordeliers,

« proche les murs de la ville, dans laquelle il y

« avait d'anciens sépulchres des notables bourgeois

« de la ville. » (1)

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