XI. — Partout on se prépare à la guerre
Ces événements jetèrent de nouveau la consternation clans la province : partout on courut aux armes, on mura les portes des villes, on approvisionna les arsenaux, car la révolte levait encore une fois audacieusement la tête et agitait dans l'air son drapeau sanglant.
Déjà le roi avait écrit au gouverneur d'Auxerre de conserver dans le château de Régennes, sur la rivière d'Yonne, la garnison qui y avait été mise, et « de regarder à avoir raison de ceulx qui, « contrevenant aux édits, tenoient les champs et « ne vouloient rentrer en leurs maisons. » (2) Dans
(1) M. A.bord. — Reg. cap. d'Autun, 14 juillet. — Reg. de V Hôtel de-Yille, 26 août 1568.
(2) Lebeuf. — Prise d'Auxerre. — Pièces justifi. LX,
l'Autunois, selon M. Abord, « les châteaux étaient pleins de conventicules armés, et l'on voyait les confédérés aller et venir comme des gens qui méditent un grave projet. » A Autun, les principaux chefs habitaient la partie haute de la ville, enceinte fortifiée appelée le château, d'où ils dirigeaient le mouvement. Les portes, notamment celle des Bancs, communiquant avec la cité, étaient, parait-il, assez mal gardées.
Le 25 août, les rebelles en profitèrent pour sortir, dans le but d'aller sous la conduite des lieutenants Bretagne et Ladone « au camp et service « des ennemis du roi. » Le Vierg, Grorges Venot se mit à leur poursuite avec quelques volontaires et des soldats du chapitre, et parvint à leur enlever trois chevaux qui furent déclarés de bonne prise par Tavannes, et vendus pour subvenir aux frais de la nouvelle expédition que cet événement annonçait. C'était le surlendemain du jour où Condé s'échappait de Noyers pour aller se mettre à la tête de l'insurrection, à La Rochelle.
Les deux enceintes fortifiées d'Autun, le château et le fort Marchaux furent aussitôt garnis de défenseurs, et l'on y fit des approvisionnements de vivres et de munitions de guerre, comme pour soutenir un siège. (1)
(1) M. Abord. — Histoire de la Réforme et de la Ligue dans la ville d'Autun.
Cependant, plusieurs semaines seront encore employées de part et d'autre en préparatifs de guerre, avant la reprise ouverte des hostilités.