XV. — Confrérie de l'Autunois sous l'invocation de
la Sainte-Croix.
Dans son Histoire de la Fié forme et de la. Ligue dans laville d'Autun, M. Abord a donné les détails de l'organisation de l'association Autunoise. L'avocat Etienne Dechevannes qui en fut le fondateur , avait convoqué à la ville quelques catholiques de la cité, des bourgs, des villages et des châteaux voisins. Après avoir communiqué à l'assemblée les lettres de Tavannes et, comme à Semur sans doute, aussi celles du roi, il proposa de « s'inscrire et s'obliger tant envers le roi, que «les uns envers les autres, par un serment « solennel. » Ce n'était pas une proposilion nouvelle cle la part de Dechevannes. Dès le mois de mai, il avait adressé au chapitre une requête qui fait voir combien l'esprit d'association était déjà populaire. Le 21 mai, il fut admis au chapitre à faire la proposition suivante :
« Au nom cle la plus grande part des catholiques « de cette ville, qui, mus du zèle de l'honneur de « Dieu et amplification de son service, désirent et « prétendent ériger une fraternité et Société entre « eux, sous le titre : du sacrifice et oblation du « précieux corps et sang de Nostre Seigneur Jésus- « Christ, ou tel autre titre de dévotion, Etienne « Dechevannes supplie le chapitre permettre aux « membres de cette confrérie faire prières à Dieu, « chaque premier dimanche du mois en l'église « Saint-Nazaire, à Fautel de Sainte-Croix, spécia- « lement pour la manutention et* conservation de la
« foi, la prospérité du royaume et de la personne « du roi notre Sire, contre les hérétiques rebelles à « Sa Majesté. »
Les chanoines s'empressèrent d'acquiescer à la demande de Dechevannes et désignèrent quatre d'entre eux « pour avoir Toeil et superintendance, « avec ceux des laïques élus par les catholiques, « aux choses concernant l'état de la religion et le « repos du peuple et aux affaires de la fraternité et « Société entre eux érigée. » Ce furent les plus notables du chapitre : Le doyen Philippe de Marcilly, frère de l'évoque, le grand chantre Charvot, le syndic Ferrand et le chanoine prédicateur, Jean Delafosse. La confrérie naissante, continue M. Abord, fut placée, en souvenir des anciennes croisades contre les infidèles, sous l'invocation cle la Sainte-Croix, du nom de l'autel antique devant lequel elle se réunissait.
La proposition de Tavannes fut donc reçue avec faveur et chacun s'empressa d'y souscrire.
Les statuts de la nouvelle Société sont à peu près dans les mômes termes que ceux des confréries voisines, et comme on les trouve dans les Mémoires de Tavannes. (1)