VI. — Prêtres apostats
A cette époque, un usage que nous réprouvons aujourd'hui, destinait au sacerdoce, la plupart des cadets de famille. La Société versait dans le corps sacré un certain nombre de prêtres sans vocation qui y apportaient le désordre et le scandale. Le dérèglement et la luxure en firent tomber quelquesuns jusqu'à l'apostasie. C'était, il faut le dire, une infime exception, l'immense majorité du clergé restait fidèle aux devoirs de son état. Néanmoins, parmi les adeptes du protestantisme à son origine, il semble que l'on rencontre plus particulièrement ces ecclésiastiques sans convictions spirituelles que les familles avaient destinés aux ordres dès leur
naissance, pour conserver la fortune au chef de la maison. Bientôt violateurs des vœux qu'ils avaient prononcés, sans faire au fond de leur cœur l'abjuration des joies du monde, après avoir été des sujets d'opprobre, ils devinrent des apôtres de l'erreur, conséquence naturelle de leur premier égarement.
Ce malheur a été signalé à peu près dans toutes les localités où l'on a étudié l'histoire de cette époque. M. Hippolyte Abord donne la liste suivante recueillie dans les registres capitulaires d'Autun.
C'est ici un religieux de l'ordre des jacobins que le chapitre condamne à la prison pour ses prédications entachées d'hérésie ; c'est en 1544, un nommé Celse Gagne, et en février 1545, un autre appelé Mathon, incarcérés dans les prisons du chapitre pour des faits analogues; puis un prêtre d'Arnay qui, ayant poussé la rage jusqu'à fouler aux pieds la Sainte Eucharistie, est enfermé sous les mêmes verrous, s'en échappe en septembre 1545 et est repris quelque temps après.
A Gien, dans le diocèse d'Auxerre, plusieurs prédicants parmi lesquels on cite un nommé Chaponneau, se faisaient particulièrement remarquer par leur violence et leur zèle fanatique contre la foi. (1).