‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 94 sur 104 · N° XI · texte numérisé non relu

N° XI

Lettre du due d'Anjou au due de Aemours, du eamp de Nogent-sur- Seine.

9 février 1568.

Mon cousin,

J'ay receu votre lettre du vin de ce mois et veu ce que vous avez mandé au chevalier de Montluc, suivant ce que je vous avois escrit, et la cause pour laquelle vous n'avez faict partir si tost les deux cens mil livres ; ce que j'ay trouvé très-bon, et vous ay bien voulu advertir qu'il me semble que vous debvez actendre là où vous estes, pour favoriser Joigny et Villeneuve-le-Roy, jusques à. tant que l'on voye quelle chemin prendra l'armée de nos ennemys : vous priant que, n'estant plus mon cousin monseigneur de Nevers, en lieu dont il me puisse mander nouvelles de noz ennemys, que vous me tenez adverty, le plus souvent que vous pourrez, de ce que vous en sçaurez, et si leur armée prend le chemin au dessus de Chastillon, laissant ladicte ville à main droicte, vous pourrez faire coustoyer leur armée par noz chevaulx leigers françois et italiens ; et envoyerez quérir ceulx de monseigneur de Savoye qui sont avec ledit sieur de Nevers : et voirez pour le regard de vostre per-

sonne, et ce que vous admenerez avec vous, pourrez prendre vostre chemin par Nemoux et la cavalerie par Pizeaulx, Lorris, Boiscommun, Pluviers et Beaulne, pour y temporiser seullement aultant qu'il en sera de besoing, et bien prendre garde qu'ilz ne se laissent pas enclorre dedans lesdites villes, comme vous entendez trop mieulx et leur sçaurez bien faire entendre ce qu'ils auront à faire, pour garder d'estre surpris.

Priant le Créateur, mon cousin, qu'il vous ayt en sa garde.

Escript au camp de Nogent~sur-Seyne, le ixs jour de février 1568.

Mon cousin, j'ay advizé despuis, de vous mander que vous me venyés trouver avec toutes vos trouppes par tel chemyn que vous adviserés estre le plus commode et le plus- seur. J'ay aussy receu vostre lettre du jourd'huy, à laquelle je ne vous feray pour le présent aultre responce. Vostre bon cousyn, Henry.

Au dos : A mon cousin, monseigneur le duc de Nemoux.

N° XII. Lettre du due d'Anjou au due de H'eniours.

Du camp de Provins, 12 février 1568.

Mon cousin, j'ay veu ce que m'avez mandé par vostre lettre du xie jour de ce moys, et comme vous avez pourveu pour favoriser Joigny et Villeneuve-le- Roy, selon que vous avez cogneu estre nécessaire. Ce qui, à mon advis, a esté cause que noz ennemys ne se sont point arrestés ; et ay trouvé fort bon que vous ayés envoyé à Villeneuve-le-Roy le sieur de la Vallette avec les chevaulx-légiers, et qu'ilz ne bougent point jusques à ce qu'ilz voient ledit lieu hors de danger. Je n'ay poinct eu advertissementz plus certains que

les vostres, et m'aves faict bien grand plaisir de m'avoir mandé si particulièrement ce que vous en avez sçeu, comme je vous prie de continuer encores le plus souvent que vous pourrés. Je pense que vous aurés esté adverty comme hier je receus lettres, tant du Roy que de monsr le mareschal de Vieilleville, par lesquelles ilz m'advertissent que le duc Jehan Guillaume de Saxe estoit dès lors de la datte de leur lettre, à six lieues près de Metz. Je y ay renvoyé pour les haster, et espère que pour le plus tard, nous les aurons dedans douze ou quinze jours avec ceulx de Bassompierre. De quoy je m'asseure que nous serés bien ayse, afin .que nous puissions combattre noz ennemys. Et sur ce, mon cousin, je prieray le Créateur vous avoir en sa Très-Saincte et digne garde.

Escript au camp de Provins, ce xn jour de février

Votre bon cousin,

Henry.

Au dos : A mon cousin monseigneur le duc de Nemoux.

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