VII
n'a pas devant lui Tœuvre d'un méticuleux chartiste ou d'un écrivain de métier; il lui arrivera de critiquer" certaines répétitions et quelques inadvertances. D'autre part, outre de solides qualités de fond et une documentation étendue, il y trouvera ce qui fait défaut dans mainte publication d'allure plus scientifique ou plus littéraire : l'émotion et la piété. Ce livre est un témoignage.
Il y a quelque soixante-dix ans, dans le village de Saint-Pie, à l'est de Montréal, Rieul Duclos avait assisté aux débuts de la mission évangélique dans son pays et avait vu la merveilleuse transformation que produit au sein d'une famille une foi éclairée et vivante. Ce qu'il avait expérimenté lui-même dans son enfance, il eut toute sa vie le désir d'en faire bénéficier ses compatriotes. Dans sa pensée, ce livre devait être un appel adressé à son peuple, une action de grâce adressée à son Dieu !
Le Maître de toutes choses, dont les desseins sont impénétrables, a repris M. Duclos avant qu'il ait pu mettre la dernière main à son travail. Il n'a pas semblé à la famille du pieux narrateur que son effort si courageux devait être perdu, et l'impression a été continuée par les soins de M. A. Mage, sans modification importante du texte. Si quelqu'un trouve certains chapitres un peu longs, ou sans rapport très étroit avec le sujet, — les commencements du Réveil à Genève, par exemple, — il voudra bien se souvenir
Mil
que Tauteur visait à Tédification, autant qu'à Tinstruction, et il formera avec nous le vœu que ces pages puissent faire à leurs lecteurs tout le bien que souhaitait notre ami si regretté.
Charles Bieler.
Montréal, ii janvier 191 3.
La mémoire du juste sera en bénédiction.