CHAPITRE IX
Une transition.
En 1880, la Société franco-canadienne crut devoir examiner une question qui s'imposait, savoir : la cessation de ses opérations. M. James Court, l'un des initiateurs de la Société, sentait le poids des années; sa santé s'était affaiblie, elle ne lui permettait plus de continuer et de supporter les fatigues et les soucis qui se rattachent à la charge de secrétaire-trésorier. Il donna sa démission, non que son intérêt se fût refroidi, mais il vit que les Eglises qui avaient encouragé la société dans son travail depuis quarante ans, s'organisaient pour poursuivre la même œuvre indépendamment les unes des autres. Le comité consulté crut qu'il valait mieux laisser aux Eglises qu'il représentait le soin de poursuivre plus vigoureusement encore l'œuvre qui avait reçu de si nombreuses marques de l'approbation divine.
Parmi les raisons déterminantes qui firent prendre une résolution finale : la plus encourageante fut la décision de l'Eglise presbytérienne du Canada à laquelle le comité était si redevable, savoir de donner une attention particulière à l'œuvre du colportage et de l'éducation. Le résultat de cette délibération se trouve consigné dans les résolutions suivantes adoptées le 9 juin 1880 :
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« Après s'être recueilli dans la prière et sous le regard de Dieu, le comité considéra l'offre de la Commission d'évangélisation de l'Eglise presbytérienne du Canada d'acheter l'immeuble des Ecoles missionnaires de la Pointe-aux-Trembles, et il l'accepta aux conditions suivantes : La valeur de la propriété serait déterminée par deux experts nommés par les parties; le produit de la' vente devait être employé jusqu'à extinction au soutien des colporteurs. »
Ces résolutions soumises à une assemblée générale de la Société franco-canadienne furent adoptées.
Le 29 juin 1880, le IVitness publiait ce qui suit : « Il y a trente-quatre ans que les Ecoles de la Pointe-aux- Trembles existent et fonctionnent. Fondées sur une base «catholique^», elles avaient pour double but la conversion à l'Evangile d'enfants catholiques romains dont elles assuraient l'instruction, et au même titre l'éducation des enfants protestants que les parents ne pouvaient pas envoyer dans une autre institution.
Grâce à la générosité des chrétiens, plus de deux mille enfants des deux sexes ont pu recevoir, avec l'Evangile, une solide instruction élémentaire. Ils sont venus de tous les coins du pays et aujourd'hui on en trouve dans presque toutes les parties de la province de Québec, dans plusieurs des Etats de l'Union américaine. Les œuvres confessionnelles ayant graduellement tari les revenus des Ecoles de la Pointe-aux- Trembles, le jComité a cru devoir suspendre ses opérations. Dans une assemblée de la société, tenue le 9 juin 1880, dans la sacristie de l'Eglise américaine presbytérienne à Montréal, il fut décidé de vendre les
* C'est-à-dire : non confessionnelle^ mais d'alliance évangélique.
LA MOJSSON LEVE I07
Ecoles à l'Eglise presbytérienne qui offrait de les acheter. Le marché fut conclu au prix fixé par les experts qu'avaient choisis les parties. Le Synode, réuni le 29 juin à Montréal, ratifia cet achat. »
Le samedi 12 juin le vapeur Montarville transportait à la Pointe-aux-Trembles trois cents pasteurs désireux de voiries écoles. « Les habitants épouvantés à la vue de tant de cravates blanches, dit un rapporteur, se signèrent dévotement, pensant que la fin du monde était arrivée.»
L'Eglise La Croix.
En quittant Québec en 1881, Duclos vint s'établir à Montréal et fut invité à visiter Farnham et le comté de Missisquoi en vue d'y ouvrir une mission. Il trouva dans le village quelques familles canadiennes françaises protestantes, indifférentes en matière religieuse et dans les environs d'autres souffrant de l'abandon 011 elles étaient, d'autres encore comprenant l'anglais, rattachées à l'Eglise congrégationaliste du voisinage. De plus un bon nombre de familles de langue anglaise parmi les cultivateurs, et dans le village un plus grand nombre encore dont les membres travaillaient dans les usines S. E. R. W. La plupart étaient très désireuses d'avoir un lieu de culte plus rapproché. Elles montrèrent la sincérité de leur désir et de leur zèle en offrant un grand emplacement au centre du village et en souscrivant généreusement pour la construction d'un temple. En attendant que le temple fût bâti, on se réunissait pour le culte dans une maison d^école. Il y eut même un réel enthousiasme. Le missionnaire ne perdait pas de vue les familles canadiennes
Io8 SECONDE PARTIE
françaises, il attendait pour les inviter au culte qu'on eût un temple pour les recevoir et il les préparait doucement. En 1883 le temple fut ouvert et consacré à la prédication de l'Evangile. Dès lors le pasteur put tourner ses efforts vers les catholiques romains et organiser des services dans l'après-midi, car ceux du matin et du soir étaient faits en anglais.
Ici se présentèrent deux difficultés : d'abord, la congrégation exprima le désir que le pasteur vînt demeurer dans le village, désir bien légitime et auquel Duclos aurait aimé répondre, mais les égards qu'il devait à sa famille l'obligeaient à rester dans le voisinage des écoles et de l'Université. La seconde difficulté était d'une tout autre nature ; certains membres de la congrégation « hommes de profession » dont la clientèle était parmi les catholiques romains, ne voyaient pas d'un bon œil une œuvre d'évangélisation pour les catholiques qu'ils craignaient de voir s^éloigner. Il y avait aussi des politiciens qui briguaient les suffrages du peuple afin d'arriver aux honneurs parlementaires; tous menaçaient de quitter si on continuait à se servir de l'Eglise pour faire de la propagande. Ne pouvant atteindre le but qu'il s'était proposé, Duclos renonça à sa charge, pastorale et dirigea son attention vers la partie Est de Montréal. Il y avait été encouragé par les indications et le consentement de la Commission d'évangélisation qui le chargea en même temps de la desserte de l'Eglise de la Prairie. Il fut donc convenu que Duclos prêcherait le matin à la Prairie en anglais et le soir en français à Hochelaga. Ce nouvel arrangement fut mis en vigueur en mai 1884.
Il n'y a que le missionnaire qui puisse comprendre
les angoisses du serviteur de Dieu arrivant dans un champ où il n'y a personne qui soit disposé à écouter. Il loua une chapelle, propriété de l'Eghse presbytérienne américaine, qui, disons-le en passant, a toujours été sympathique aux missions françaises. A cette époque arrivait une quarantaine de familles de verriers venus de la France etdelaSuisse.
Sensible à rin-
térêt qu'on leur manifesta
elles ouvrirent leurs portes au missionnaire et s'intéressèrent à la prédication de l'Evangile.
M'"^ Duclos saisit cette occasion pour réunir les enfants et organiser une école du dimanche. La chapelle (Cross Mission) qu'on avait mise à la disposition du missionnaire n'étant pas centrale, trop loin des familles qui commençaient à s'intéresser, on loua un rez-de-chaussée rue Sainte-Catherine. Le local bien choisi attira tout de suite bon nombre de familles et les cultes furent bien suivis. On ouvrit une école de jour sous la direction de M"'^ Wattier et
Eglise La Croix.
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peu après de M""^ Mousseau, ce qui créa un nouvel intérêt dans les familles. Les enfants s'attachaient à leur école et à leur école du dimanche et les parents suivaient les enfants.
Mentionnons ici les services rendus par M. Louis Bonnenfant, évangéliste dans le quartier et ancien de TEglise naissante. On sentit le vide qu'il laissa derrière lui, quand il quitta Montréal pour aller entreprendre une œuvre semblable à Hall et Ottawa.
Voyant l'œuvre prospérer, le consistoire recommanda l'érection d'un lieu de culte, d'une salle d'école et d'un logement pour le concierge. Nouvelle et laborieuse tâche que Duclos entreprit pour la cinquième fois. Fortifié par le sentiment du devoir et encouragé par l'accueil sympathique qu'il rencontra, Duclos vit bientôt les fondations établies et les murs s'élever. Le 30 mars 1890 l'édifice complet était solennellemeiit ouvert et consacré à la prédication de l'Evangile. Le Rev. docteur Mac Kay pasteur de l'Eglise Crescent prononça le sermon de circonstance, ayant pris ce texte original : Les pages blanches qui se trouvent entre l'Ancien et le Nouveau-Testament. On procéda à l'organisation de l'Eglise en établissant le rôle des premiers communiants, des adhérents et des enfants qui fréquentaient l'école du dimanche. Puis on passa à l'élection de quelques anciens, ensuite à celle d'un comité chargé des finances.
J'aurais aimé fixer pour l'avenir les noms de tous ces hommes qui ont pris part à la formation et à l'organisation des congrégations représentant le protestantisme français ; je n'ai pu le faire faute d'archives. Il y a vingt-deux ans que l'Evangile est prêché dans
cette humble chapelle; des fondateurs, il n'en reste qu'un petit nombre ; les plus vieux sont entrés dans leur repos, les jeunes devenus des pères et des mères de famille ; le reste a quitté la ville, les uns pour retourner « au pays », d'autres ont passé aux Etats- Unis dans le Massachusetts et la Pensylvanie. Ils ont été remplacés par d'autres familles qui sont venues, elles aussi^ à la connaissance de l'Evangile et ont subi sa bienheureuse influence. Plus de cinq cents familles ont été inscrites sur les registres de cette congrégation pour un temps plus ou moins long. On le voit, cette ruche a essaimé plusieurs fois, elle a fait souche dans bien des endroits différents. On trouve des anciens membres de cette Eglise jusque dans les prairies du nord-ouest.
Composé généralement de colons à la recherche de la fortune, chaque contingent qui arrive au Canada ne considère souvent Montréal que comme un pied à terre où on peut avoir les renseignements nécessaires avant de s'aventurer plus avant dans le pays. Il est bon que ce temps d'acclimatation soit mis à profit pour mettre l'Evangile dans le cœur de ces futurs compatriotes, il leur sera plus précieux que les meilleures directions fournies par les agences. Dans le voyage qu'ils tentent en vue d'une modeste aisance, il y a souvent des immigrants qui passent par des heures bien tristes et auxquels d'affreux dénuements enlèvent l'enthousiasme des débuts, mais ce que personne ne peut ravir à ceux que nous avons rencontrés, c'est le trésor précieux que la générosité chrétienne des amis de nos missions nous a permis de leur mettre entre les mains.
Durant ces dernières années on trouve sur les registres, outre les Canadiens français, des Suisses, des Français, des Belges dont quelques-uns ont été amenés à TEvangile dans l'Eglise missionnaire belge ; d'autres ont trouvé la paix de leur âme à l'ouïe de la prédication de l'Evangile dans l'Eglise La Croix.
En 1909 la congrégation a eu la touchante idée de marquer le cinquantième anniversaire de la consécration de son pasteur — le premier des missionnaires canadiens qui ait fourni une aussi longue carrière — en lui présentant une médaille d'or frappée pour l'occasion. De son côté le Consistoire de Montréal lui offrait un bien élogieux témoignage d'appréciation pour les longues années d'un ministère béni dans l'œuvre de nos missions. En 1910 Duclos donnait sa démission remerciant Dieu de l'avoir appelé au saint ministère et de l'y avoir gardé fidèle pendant plus d'un demi-siècle.
Cette Eglise La Croix, que Duclos n'abandonna jamais, même après avoir renoncé à y exercer un ministère actif, avait pour lui un attrait puissant. Il s'y sentait au milieu des siens. Dans chaque famille il avait eu l'occasion de porter un message de joie ou de consolation, dans tous les foyers il avait sa place et les enfants étaient heureux de voir papa Duclos. Plus encore que ces manifestations du cœur, le souvenir de M™^ Duclos l'attirait rue Poupart. C'était là que pendant près d'un quart de siècle ils avaient travaillé ensemble, là qu'elle s'était dépensée au service de son
Maître, s'oubliant pour les autres, usant ses forces sans même s'en apercevoir.
Quand Dieu la prit le 26 mars 1908, il y avait déjà deux ou trois ans qu'elle avait dû renoncer à assister régulièrement aux services de l'Eglise. Ses deux filles, Augusta et Eva s'étaient partagées son travail à l'école du dimanche et l'œuvre allait son train.
Duclos sentait bien l'absence de celle qu'il avait eue comme auxiliaire dès la première heure, cependant comme elle revenait de temps à autre, il ne réalisait pas encore la grandeur du sacrifice que le Seigneur lui préparait. A la dernière fête de Noël la place de
M""^ Duclos était Madame Duclos.
vide, elle aurait bien
voulu être avec « ses familles », mais l'état de sa santé ne l'avait pas permis. Ce soir-là, malgré que ce fût une fête, on put voir des larmes dans bien des yeux ; les cœurs sensibles eurent le pressentiment qu'on ne reverrait plus l'amie aux fêtes de ce genre.
Elle tenait une grande place dans l'œuvre d'évangélisation proprement dite. Présidente de la Société
des Amies de la jeune fille, présidente de la Société biblique des dames, elle ne sut jamais refuser son concours et quand on apprit que le Seigneur Tavait reprise, ce fut un deuil pour tous ceux qui Tavaient approchée. On l'aimait à cause de son grand cœur et de sa distinction naturelle. Elevée dans une famille distinguée de Neuchâtel, jamais elle ne regretta le confort qu'elle avait quitté pour l'œuvre du Seigneur» Les premières années de son séjour au Canada, elle fut très sensible au changement, jamais elle ne fit entendre une plainte. Quand au bout de quelques années elle alla en Suisse pour revoir les siens, elle reprit avec joie la route du Canada. C'est là que le Seigneur la voulait.
Les témoignages de sympathie et de reconnaissance furent nombreux. Pour le service funèbre qui eut lieu dans le salon où elle avait si souvent reçu avec sa cordialité habituelle, les fleurs abondaient et le grand nombre d'amis accourus pour lui rendre les derniers honneurs ne purent trouver de la place. Les pasteurs qui prirent part à ce service rappelèrent ce qu'avait été M™^ Duclos, et montrèrent qu'elle avait été telle parce qu'elle était chrétienne.
Quatre années sont déjà passées sur ces jours tristes pour tous ceux qui ont connu Sophie Duclos, mais le souvenir de sa bonté, la puissance de sa vie chrétienne n'ont rien perdu de leur première fraîcheur. C'est bien de M™^ Duclos qu'on peut dire : Quoique morte elle parle encore.
M. Duclos sentit vivement ce départ qui laissa dans son cœur un vide douloureux comme aussi à son Eglise. L'affection redoublée de ses enfants et de ses
amis ne put parvenir à diminuer sa douleur. Le soir autour du feu, dans ses lettres, il déplorait sans cesse de ne plus avoir près de lui celle avec laquelle il avait combattu et prié pendant quarante-huit années. Dieu les a réunis maintenant ! A ceux qui leur survivent de s'inspirer de Tafifection qui les unit et de Tinaltérable foi qui inspira leur vie.
Montréal et ses faubourgs.
Montréal, la métropole du Canada, compte 600 000 habitants dont 400 000 catholiques romains, c'est donc un vaste champ d'action missionnaire. Elle a dix lieux de culte français, modestes constructions dispersées dans les différents quartiers de la ville ; les deux plus importants sont au centre. L'étranger qui parcourt nos rues les remarque à peine, tandis qu'il admire les cathédrales aux voûtes splendides, les nombreuses églises avec leurs clochers, les couvents sans nombre, les hôpitaux et les collèges catholiques. Devant cet étalage imposant d'institutions catholiques romaines, nos moyens d'actions inspireraient la pitié, si on devait juger de l'importance des œuvres par leurs apparences extérieures. Nous savons que la vérité chrétienne doit triompher et ceux qui travaillent à sa diffusion ont l'assurance qu'ils ne s'imposent pas inutilement des sacrifices ; leur foi a les promesses de la vie à venir, qu'il s'agisse des espérances du patriote ou de celles du chrétien. Ils ont déjà vu des fruits de leurs labeurs.
Mentionnons ces lieux de culte ;
Nous avons déjà signalé l'Eglise de la rue Craig, au-
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jourd'hui disparue, quant à rimmeuble, mais transportée dans un autre quartier où les méthodistes ont fait construire une superbe saile de conférences en vue d'ajouter à l'œuvre pastorale proprement dite une œuvre d'évangélisation populaire dans le genre Mac AIL
Au centre, l'église Saint-Jean, jolie construction en
façade sur l'une des principales rues de la ville avec aménagement pour une œuvre populaire etuneécole.Ony a ajouté aussi un logement pour le concierge sur l'un des côtés ; en façade sur la rue sainte Catherine, on a installé sur le terrain appartenant à cette Eglise une Librairie Evangélique dirigée par un agent dévoué, qui nous est venu de Suisse, M. Domenjoz.
L'histoire de cette Eglise remonte déjà à soixante-dix ans en arrière. Ouverte en 1842 par Emile Lepelletier, dans une humble maison de la rue Dorchester, elle fut remplacée en 1863 par une jolie chapelle en briques sous le ministère de C. A. Tanner. Quand Chiniquy vint à Montréal, en 1875, M. C A. Tanner, nommé secrétaire
Eglise St-Jean à Montréal
de la Commission d'évangélisation de l'Eglise presbytérienne, fit l'acquisition de la salle dite Russell- Hall, au prix de vingt mille dollars. C'est alors que commença cette intéressante campagne d'évangélisation conduite par M. Chiniquy aidé de M. C. E. Doudiet ; elle dura plusieurs années. En 1888, la chaire étant vacante à la suite de la démission de M. Doudiet, l'Eglise appela M. le pasteur Morin, alors pasteur à Low^ell (Mass.) C'est sous son ministère que se fit une conversion d'une importance toute spéciale par le retentissement qu'elle eut dans tout le pays.
On se souvient de Louis-Joseph Papineau qui a joué un rôle si marquant dans la révolution de 1837. Son fils Louis- Joseph- Amédée écrivait à M. Chiniquy, à la date du 1'='' janvier 1894 :
« Mon Révérend monsieur,
» Par la grâce de Dieu, j'en suis venu à croire que mon devoir est de rompre ouvertement avec le romanisme, dans lequel j'ai cessé de croire depuis plus de trente ans. Mais jusqu'à maintenant je n'avais pas eu le courage de suivre votre héroïque exemple en abandonnant ouvertement les erreurs du pape pour embrasser la vérité telle qu'elle est révélée dans TEvangile de Jésus-Christ. Aujourd'hui, avec l'aide de mon divin Maître, je désire le faire et je viens vous demander quelles sont les démarches à faire pour être admis dans l'Eglise presbytérienne ; comme je vous considère le Luther du Canada, que la lecture de vos ouvrages m'a amené à prendre la résolution présente,
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je demande la faveur d'être admis par vous dans la grande et noble famille protestante.
» Votre ami sincère, votre admirateur.