partie du traitement
pastoral, il fut convenu qu'il deviendrait le nouveau
pasteur de l'Eglise de Me Donald.
En octobre 1909, M. Garrou s'embarquait à New- York ; quelques semaines après, M. A. Mage s'installait à Me Donald, secondé par une compagne qui lui est un auxiliaire précieux. Ils sont installés dans le presbytère qui a été bâti pendant les dernières années
du pastorat de M. Garrou. Tous deux ont organisé la jeunesse en société d'activité chrétienne : il 3^ a des classes de français; les dames se sont constituées en une société missionnaire vivante et les réunions de prière donnent de grandes joies. Uécole du dimanche, avec ses 13 moniteurs ou officiers, groupe 120 élèves; les services réunissent de 120 à 150 auditeurs et avec le concours de tous, TEgUse rend témoignage à son Maître. On a mis à la voile, maintenant on regarde vers Tavenir. Que sera-t-il ? Ce que les fidèles voudront. Ils prient, ils s'attendent à TEternel, ils croient à la venue du Royaume de Dieu et ils travaillent, conscients de leur faiblesse, comptant sur la force du ciel. .
Charleroi.
Nous avons vu dans la communication de M. Guillaume Charles comment Tœuvre d'évangélisation a cemmencé à Charleroi. Quant au milieu social, il esta peu près le même que celui de Me Donald ; ce ne sont pas des mineurs qu'il faut évangéliser, ce sont des verriers, mais chez les uns comme chez les autres, c'est le même mal qu'il faut combattre, les mêmes objections qu'il faut réfuter. En jun sens, il semble bien que l'œuvre ait été plus laborieuse à Charleroi qu'à Me Donald ; on n'y eut pas, dès la première heure, un noyau de fidèles autour duquel on pouvait grouper des recrues. Quoi qu^il en soit^ l'œuvre commencée par Guillaume Charles s'est poursuivie par son frère Joseph et aujourd'hui l'Eglise de Charleroi compte au nombre des bonnes missions intérieures entretenues par l'Eglise presbytérienne.
Joseph Charles, nous Tavons vu, faisait une œuvre excellente au Canada, quand un appel vint Ten arracher pour continuer Tœuvre dans la Pensylvanie. Venu pour prendre la succession de son frère à Tarentum, Joseph ne s'y installa pourtant pas, car M. le pasteur Billour y assurait les services et chacun paraissait content de son activité. J. Charles se dirigea vers Charleroi où le travail ne manquait pas. En partant pour cette ville, Charles disait : « J'aime à labourer, semer, planter ; j'aime le travail agressif, la discussion ; la bataille, c'est dans mon élément. J'aime à bâtir, organiser, et dans un tel champ, mon activité pourra facilement se déployer. » Le 3 août 1898, Charles s'installait à Charleroi, il y prêchait six jours après dans la première Eglise presbytérienne, devant un auditoire assez nombreux. Charles ne se contenta pas de travailler dans Charleroi; comme à Cornwall il organisa dans plusieurs locahtés des services religieux. Cependant il finit par concentrer son activité à Charleroi où il y a aujourd'hui une belle congrégation qui se réunit dans un temple joliment installé.
Quand M. Charles eut décidé de visiter plus particulièrement Charleroi, il fonda immédiatement une école du dimanche et, au bout d'une année, il ajoutait sept nouveaux membres à ceux qui étaient déjà engagés dans la vie chrétienne.
A Jeannette, qu'il considérait un peu comme une annexe de Charleroi, M. Charles' voyait le travail avancer lentement ; l'œuvre y était particulièrement difficile et l'esprit de grève qui agitait si souvent les travailleurs n'était pas pour disposer les cœurs à recevoir la paix. Désireux de faire œuvre utile, le pasteur
26o TROISIÈME PARTIE
quitta Charleroi et pendant une année vécut à Jeannette ; son activité fut récompensée. Il y aurait probablement aujourd'hui une belle église à Jeannette, si le départ d'un grand nombre d'ouvriers n'avait amené d'importants changements dans la population.
A partir de 1903, M. Charles s'occupe absolument de Charleroi et dès lors le troupeau grandit, des organisations se forment parmi les adultes et les jeunes. Le 30 juin l'Eglise est constituée : elle compte 47 membres communiants et 40 adhérents. Deux anciens et six conseillers presbytéraux constituent l'autorité qui aidera et conseillera le pasteur.
Mais on est toujours hospitalisé par l'Eglise américaine ; on voudrait bien être chez soi. L'occasion cherchée se présente. Les fidèles souscrivent 5000 francs, le presbytère prend à sa charge le reste et voilà l'Eglise française de Charleroi installée dans un immeuble qui vaut 30 000 francs. Le 4 novembre 1906, on le consacre pour sa nouvelle destination et, depuis lors, ce temple a été témoin de nombreuses conversions ; les registres portent plus 160 noms et ils ne mentionnent pas 'les enfants ou les adultes qui ne sont venus à l'Eglise que pour être instruits par elle.
M. Charles a fait des merveilles avec son école du dimanche, de laquelle il dit qu'elle groupe 190 élèves. Les services sont généralement bien suivis et l'avenir est plein de promesses.
Tarentum.
On ne saurait parler de l'œuvre intéressante qui se fait à Tarentum parmi des verriers comme à Char-
LA MOISSON s'Étend 261
leroi, sans rappeler le travail missionnaire de Guillaume Charles, qui fut, en quelque sorte, Tévangéliste itinérant de ce coin de la Pensylvanie. Il est grand dommage que ce frère n'ait pas écrit ses mémoires, ils nous mettraient au courant des difficultés qui furent celles des premiers temps, nous y puiserions avec joie des leçons fort encourageantes pour le temps présent. Après avoir besogné de tout son cœur, Guillaume Charles put enfin penser à la construction d'un temple ; il se mit à la recherche des fonds et bientôt ses amis et ses paroissiens ayant fait de leur mieux, il avait à sa disposition dix mille francs qu'il allait employer pour bâtir une maison au Seigneur. Infatiguable, Charles se multipliait avec imprudence, et un jour il dut déposer les armes; le 15 février, il donnait sa démission (1898) et se retirait dans le Nord Dakota, attendant que le Seigneur lui rendît la santé qu'il awit perdue à son service.
M. Billour vint prendre sa succession. Jeune et rempil de zèle pour la cause de Dieu, il continua l'œuvre de son prédécesseur, mais commit l'imprudence de s'occuper trop des choses américaines. Il semble que les fidèles de nos missions françaises aux Etats-Unis soient assez chatouilleux sur ce point. Quoi qu'il en soit, M. Billour travailla beaucoup, mais ne fut pas encouragé. Il persévéra jusqu'en 191 1, puis, ayant reçu un appel de l'Eglise vaudoise^ à laquelle il appartenait, il s'embarqua pour l'Italie avec sa famille. Ses collègues ont regretté son départ. Son Eglise, qui a compris l'importance de sa perte, lui rend justice et maintenant sous la direction spirituelle de M. Dantheny, autrefois au Canada, elle travaille, sous le regard du
Seigneur, à l'édification de tous. M. Dantheny est luimême un converti de M. J. Charles, alors que ce dernier défrichait la vigne du Seigneur dans les plaines encore arides de Cornwall.
Il y aurait lieu, sans doute, de fournir quelques indications complémentaires sur les Eglises que nous avons indiquées en relevant TAgenda Gambier. Il faut croire que ces Eglises sont heureuses, car elles n'ont pas d'histoire. Nous avons bien des fois demandé qu'on nous fournît quelques indications, mais la plupart de nos lettres sont restées sans réponse. Quelques pasteurs nous ont écrit : « Je vous enverrai prochainement les indications qui vous sont nécessaires. » Au moment de mettre sous presse, nous n'avons rien reçu. Si donc, pour cette partie de notre travail, il se trouve des lecteurs un peu surpris à cause de certaines omissions, ils voudront bien ne pas tenir l'auteur pour responsable ; il a fait de son mieux. S'il avait été possible de consulter des archives, l'auteur se serait rendu sur les lieux; mais ces archives sont introuvables. Il serait grand temps que toutes nos œuvres d'évangélisation tinssent avec soin, comme un livre d'or de la vie de leurs différents groupements; on pourrait vivre avec eux et, plus tard, s'il fallait compléter cet essai que nous avons tenté et dont nul ne sent plus que nous l'insuffisance, l'auteur nouveau aurait des faits, des documents auxquels il pourrait emprunter la matière sans laquelle le mieux disposé ne saurait écrire l'histoire ^
1 Cette remarque concerne aussi un grand nombre de stations missionnaires canadiennes. Les directeurs de ces œuvres intéressantes ont constamment promis à l'auteur des indications qu'il ne pouvait pas inventer. Nous regrettons vivement cette indifférence de quelques-uns.