SAINT-LOUP SUCCURSALE DE SAINT-MARTIN
L'église de Saint-Loup devint une succursale de Saint-Martin , nous ne savons pas précisément à qu'elle époque; mais elle l'était en 1681, puisque à partir de cette année nous trouvons dans les registres de cette paroisse déposés à rÉtat Civil , les actes de baptêmes et de mariages du quartier de Saint-Loup. Il n'est pas étonnant que Saint-Loup ait été succursale de Saint-Martin, puisque à celte époque Saint-Martin était la paroisse de la ville la plus rapprochée de ce quartier.
Nous avons dit qu'on ne faisait point de mariages ni de baptêmes à Saint-Loup à cette époque, mais on y ensevelissait les morts dans les caveaux de la nef principale , nous le savons par le testament de Barthélémy Jourdan, propriétaire delà campagne qui appartient aujourd'hui à M. André
Dubost (1), et par le récit des témoignages oculaires.
En 1691 , il y eu un démêlé .entre les moines de Saint-Victor et Angelin Barrot , jardinier , locataire d'une campagne qui appartenait à ces Messieurs, située en dessous de la Nicolasse. Dans l'acte qui règle ce différent, le quartier est appelé simplement Saint-Loup (2).
En 1694 , Messire ChanneWy, Ticaire deSaiirt- Martin, commença à desservir l^église de Saint- Loup, c'est le premier desservant dont nous aykms pu trouver le nom.
En 4701, cette succursale prit une certaine consistance, on commença à y tenir les registres , 4es sépultures, et bientôt après on y célébra quel- ^»es «mariages dont les actes se trouvent aussi. La population, tentant qu'on peut en juger par le ûomivre annuel des décès, s'élevait alors à 800 âmes (environ.
L'année suivante 1702, une mission lot
(1) Testament fait par le notaire Bojer, chez M. Paul. (t) Fonds do Saint- Viotop, liasse 209.
Iffêcbèed SainfcliOttp, piobablement par les Pères lèsuîtes, et une cjongrègation de filles fat établie à la suite de eette mission. Le règlement de cette ewjgrégation, qui est très remarquable, fut en- Tieyè d'Espagne par le Père Joseph Rigord, Jésuite, ,6e qui ©ous fait croire que c'était les religieux de ^et Or^re qui avaient donné la mission. Ce réglel»ent existe encore aujourd'hui en tète du cahier 4iBS€harge§ annuelles, des dépenses et des acquisitions delà congrégation. C'est dans ce recueil, ?ms\ que dans les autres écrits conservés dans la paroisse, que nous puiseront la plupart de nos détails jusque vers la fin du siècle. A partir de cette époque , nous aurons de plus pour guides les 4^QÎns oculaires, et depuis 1816 nous dirons ee que nous avons vu de nos propres yeux. Nous avertissons une fois pour toutes, parce qu'à Taveair nous indiquerons rarement les sources où nous avons puisés nos renseignements.
Messire Channclly desservit la succursale de Saint-Loup jusqu'à l'an 4715. H ne bénit que six mariages pendant tout ce temps, parce que la plupart se faisaient à SaiûtrMa^ûn ,^ûomme ^aaas Vavous dit.
• Le 23 juillet 1711, Messire Louis Cabrol, prêtre bachelier en théologie , promoteur d'office de l'évêché de Marseille, reçut commission du seigneur Évêque d'aller examiner la chapelle rurale du quartier de Sainte-Croix , dite de Saint- Tronc. » Nous avons dit dans le chapitre précédent qu'on l'avait interdite à cause du mauvais état où elle se trouvait. Mais on l'avait réparée depuis, « et Messire Cabrol la trouva séparée de tout autre bâtiment (i) n'ayant aucun trou où les oiseaux pussent nicher , ayant un clocher , une grosse cloche et un béni lier sur lequel était gravé le chiffre 1645. Il voulut savoir si ce chiffre était celui de la fondation de la chapelle , et demanda à consulter des vieillards sur ce point. On lui présenta maître Georges Gaudine (2) , travailleur, âgé d'environ quatre-vingts ans, et maître Pierre Caillac, aussi travailleur, âgé d'environ soixante
(1) On veut parler de bâtiment communiquant avec la chapelle et non d'appartement adjacent.
(^) Ce vieillard est un des ancêtres de feu Madame Blanc, femme de M. Louis Blanc, boulanger.
sais, tous ^iBtifi bàbitaht le qtiàrliàsr dé j^èrè êû flts, 01 mai^^illiets de ladite chafitBlfè , lestfè'èls décla- Pèitem que les margùillîerS de Sàînfe-Crôii a^îéttl? detnandé à t'Évéiiue la permission d-éri^ët' fk AapteHe de Safint-Tronc, par les raisbriS (^dë riôttS avoés indicées pltis hiiiïf , qiiie cette cliàpafe; avait été interdite à cause de son ttiauvàSS étàff Ètm qtfayaûl été réparée depuis, ils âVàfetiP supplie lèldH seignfetir Évéq\ie de^ voulbit' ikéH lëfif l^carwertre d'y faire dire la méssë, côfaiirtè ôh li? disait autrefois diâns la chapelle sitùëé sur la itonf^' Uiff^. Irfessiré Gabrôl etatainà le hbràbre âëà bââlîieâ qui étaient plùë rapprochée^ de la cfiàpelle deSaint-Ti^onCqUé dél'élgliSe de SàlhULbùp^i et^de celte de Saititfe-Màrgtfëfillé , et eri trotf^k tilà^ centaine (1), dont les habitants s'obli]^réiitr à contWbuer aux honoraires du prêtre qtlr vifendrkit leur dire la messe , laquelle ne devait se diï^ qu'après la messe du pfôné^^ Sâlht-Lôtip et de
(1) n faut observer que les propriétés de l'époque étaient Vmm^'^Vm mmitM' qû'aiiJo^tcPhuî à' Sâmt-1^roii<i , autrement ce nombre paraîtrait exagéré.
Sainte-Marguerij^. Messire Çabrol trouva que la. chapelle était pourvue de tout ce qu'il faut pour dire la messe. Il voulut cependant avoir l'avis des desservants de Saint-Loup et de Sainte-Marguerite, sur l'opportunité de cette messe. Méssire Ghannelly, qui desservait Saint-Loup depuis dix-huit ans, jugea que cette messe était utile, pourvu qu'on ne la dît qu'après le prône, qui se terminait à Saint-Loup, à 8 heures en été, et à 9 heures, en hiver. Quant à Messire Nicolas, desservant de Sainte-Marguerite, il déclara qu'il s'était aperçu que ses paroissiens, habitant du côté de Saint- Tronc, manquaient quelquefois la messe, lorsqu'on ne la disait pas dans cette chapelle, et que par conséquent il jugeait utile de faire dire une messe à Saint-Tronc (1).
En 1716 , nous ne trouvons aucun acte dans les registres de Saint-Loup ; nous ne savons à quoi attribuer cette omission .
Messire Eyssautier desservit cette église depuis
(1) Extrait du grefife de rÉvêché conaervé au presbytère de Saint-Loup.
1717 jusqu'au milieu de 1732 ; on ne trouve que deux actes de mariage pendant tout ce temps , ce qui prouve , comme nous l'avons dit , que la plupart se faisaient à Sainl-Marliii.
Il y eul, dans l'espace de temps que nous venons d'indiquer, deux années terribles pour Marseille et son territoire. Nous voulons parler de la peste de 1720 et 1721 . Les habitants de la ville se répandirent dans le terroir et y portèrent la contagion ; c'est incontestable. Mais nous sommes en mesure de prouver qu'on a singulièrement exagéré le nombre desmorlsdanslequartier de Saint-Loup. Ledénombrement officiel de 1720 le porte à cinq cent vingtun. Or voici ce que nous trouvons dans les registres del'époque. L'année 1720, ilyeutvingtmortsd'enregistrés, c'est-à-dire cinq de plus que la moyenne des années précédentes; et ces vingt actes sont suivis dune note, où il est dit que quelques personnes ayant été enterrées à la campagne, à cause de la contagion, on n'a pas pu les enregistrer toutes, mais seulement dix et entr' autres Françoise Mortelly , dont les restes furent transportés dans l'église de Saint-Loup, par ordre de Mgr
rÉvéque, le 17 actobre 1721. Tout cda indî-' qpe que le nombre des morts fut loin d'épier kl chiffre officiel. Il est vrai qu'on oe trouve que dem actes de sépulture dans Tannée 1721 , ce qjû semble indiquer que le registre n'est pas complet; mais nous avons un argument invincible contre te chiffre cinq, cent vingt-un. C'est le nombre des^ décès des années subséqjuentes. S'il était mort j^ SaintrLoup en 1720 et 1 72 1, cinq cent vingt-une personnes, c'est-à-dire plus de la moitié de la population, nous trouverions^ le nombre des aniiéeiBi suivantes réduit de plus de la moitié. Or ce nombre* est à peu près égal à celui des années antérieuieB à la peste. La population de Saint-Loup n'a donc pas. diminué sensiblement en 1720 et 1721.00: dira peut-être qjaela plupart des morts étaient 4e8i Marseillais réfugiés. Mais on avouera alors ^M/ les boitants de Saint-Loup, furent sauvés par. miracle, quand leurs malheureux hôtes mouraient^ presque par milliers.
En 1722, Madame Françoise née Bovignan et épouse de M. Raymond Bovignan, négociant à»
Marseille c désirant augmenter le culte divin fonda>. par son testament une messe les dimanches et les
iMœ dbOinièles, potiv être 4ite pérjy&tuellëment tiàtis ia^hrapelle de Samt-Trcmc, et laissa p6t(r èelalrois mille livres, ou soit cent ctoqnante livres de rente annuelle (1). »
Cette dame étant morte en 1731 , M. ©ovignan son époux, choisit pomr faire dire cette messe, ttcssire CSaode Roux, qui mourut avant d'avoir obtenu la permission de Mgr TÉvêque. Messire ^toine Jean, choisi pour le remplacer, fît îles démarches pour se faire autoriser ; mais Mgr de Bëldemce trouvant qu'une messe, dite tous les dimanches dans la chapelle de Saînt-Tronc, ser^iît cause que plusieurs personnes man(|ueraient toujours le prône, permit à Messire Jean, de dire la messe dans la susdite chapelle pendant les thoîs de septembre, novembre et décembre, après neuf hewes ; et décida qpae les autres messes se diraieiit dans la chapelle de Saint-Lafurent (la flapelette) , à^aulél du Crucifix (2).
(1) Testament de Madame Bovignan, conservé au presbytère de Saint-Loup.
(2) Décision de MgrdeBelsunce, conservée au presbytère de Saint- Loup.
En 1727, on ordonna à tout le clergé, et à tons les religieux et religieuses de France, de faire connaître exactement leurs revenus à l'assemblée générale du clergé du royaume, qui devait avoir lieu en 1730. Cette déclaration eut lieu, et elle est conservée aux Archives de la Préfecture, pour ce qui regarde le diocèse de Marseille. Voici les faits qu'elle nous révèle relativemont à Sainl-Loup.
La prébende de Saint-This et Éoures, existait toujours, et l'année 1727, c'était Messire de Vaccon, qui en était prèbendier. Il présenta au bureau diocésain, chargé d'apprécier les revenus du clergé, l'état de sa prébende; et le bureau déclara le 5 septembre 1729, qu'elle pouvait monter en moyenne à deux cept dix francs, par an (1).
Il y avait à cette époque à Saint-Loup, une chapellenie sous le nom de Notre-Dame de Délivrance; c'est-à-dire qu'un autel de l'église portait ce nom, et qu'on devait dire à cet autel deux messes par semaine a Tintention du fondateur de
(1) Déclaration de 1730, numéro 11.
la chapellenie. Ce fondateur était M. Ange de Gardanne; e'élàit lui qui présentait le titulaire et payait la fondation qui montait à soixante-quinze francs par an. Les messes étaient rétribuées à raison de sept soas chacune ; ce qui faisait trentesix francs par an. Il restait trente-neuf francs.de bénéfice pour Messîre Auriol , qui en i727 était recteur de cette chapellenie (1).
Messire Eyssautier , desservant de Saint-Loup, fit aussi sa déclaration. Nous allons la donner textuellement. On y verra que tous les prêtres de l'époque ne regorgeaient pas de richesses, comme plusieurs le disent aujourd'hui. <• Mes revenus consistent à cent livres de fixe que le quartier me donne. 11 me fait dire aussi environ cent vingt-cinq messes de fondation sur le pied de cinq sols. Les autres sont casuelles, et j'en dis quelques fois gratis proDeo.
» Le reste du casuel consiste en la quête du
(1) Déclaration de 1730, numéro 188. Contrat, notaire Gonrdan.
^^^y ifi yi% et 4^s s%rfi»$«iSH De hq^elkt (fqéte, je
I^^t r<^|^(l?e; et i^T si^FapQÛ , <^i donoa qui ee
» |i$ o'^i ai baptêBmes, ni mariages-, pour ee qui fgt des gnterremjenls , je n'ai qu'une modique grar tification. La cire n'est paspcvur moi; elle reste ag)^ matrguilUeirs de natre église. Yoii^ vciyes par ^, Measieur^» que ooinme prêtre du quartier, je ms logé à l'çnseig^^ de la Providence, pulsqiyiela plu^ grande partie de mes revenus consiste à la bp^œ çomme4es 9n£ants de Saio^Fra^içois. y
Lç h^em dio^ain î^ea que lea revenus de ^i^essire Ëyp^sauii^r pouvaient s'élever à quatm (septs fiancg p^r an (i).
]je iO ^m\ i731, Pierre jourdan, rnaitue; cordonnier à Saint-Loup , vendit à Honoré Reyr n^Quet, maître maçon du même quartier, une campagne située au Sud de la chapelle de Saint-
(1) Déclaration de 1727, aux Archives de la Prétetuoa.
froBc , imk touchât à la oblline , à lH)(ieet de odlequi appartient à M. Lsèatcrt (4).
* Celte propriété , dit le contrat , relevait de la directe du sieur aumônier de Sainl->^ctor, seigneur éîrect de Saîcil-Tronc, à la censive de onze sole i^baque année. > C'est-à-dire que le propriétaire devait payer onze sous par an à Taumônier de Saiirt-Victor. Mais M. Honoré Reymonet racheta ee droit en achetant la campagne (2).
Au mois d'août 1732, Messire Eyssautier, desserrant de Saint-Loup, fut remplacé par Messire Pabre , dont le premier acte dans le registre est celui de la sépulture d*un enfant fle deux ans , appelé Jean Hampal, qui s'était noyé dans le puits èa lïjoulin de M. Marlineau (3). Cet enfant fut accompagné au cimetière par M. Bessières, prêtre desservant le quartier en l'absence du desservant en chef. ïl parait par les termes de cet acte que,
(1) EUe appartient à M. Pierre Paul.
(2) Contrat de vente, notaire Bojer, «hez M. Pierre Paul. {^ jQe moulin e^t celui ée M. Gani^le; il perte encore le
nom de Martinet.
quand le desservant était dans rimpossibilité de remplir son office, un autre vicaire de Saint- Martin était chargé spécialement de le remplacer.
M. Fabre fut remplacé en 1734 par M. Miquellys, bachelier en théologie, et qui devint plus tard chanoine de Marseille. Il desservit Saint-Loup jusqu'en 1743, et peut-être plus tard; car il y a dans les registres de cette époque une lacune de trois ans. Les actes faits du temps de M. Miquellys sont signés quelquefois Lausi secondaire; et à partir du commencement de Tannée 1739, ils sont tous contresignés par le sénéchal du roi, près la ville de Marseille ou par un de ses remplaçants.
Le 13 octobre i740 , le sieur NapoUon (1) , bourgeois de Marseille, vendit à Jean-Baptiste Capeau, ecclésiastique de la même ville , pour la somme de 8500 francs la campagne et les bâtiments de Saint-Tronc. Ces possessions relevaient de la directe , domaine et seigneurie de l'aumô-
(1) n. était propriétaire de la maison de Saint-Loup qui appartient aux enfants de feu M. Paul, fabricant de noir d'ivoire
nerie de Saint-Victor. Aussi le lendemain 14 octo* bre, Messire d'Hoslager, qui était revêtu de cette dignité , reçut l'investiture de cette propriété (1).
Le 5 février 1742, Messire Jean-Baptiste Gapeau vendit au sieur Honoré Reymonet, et au sieur Pierre Sausse, son oncle, ménager, la même propriété et celle qui la borne au Nord (2) , relevant les dites propriétés de la directe, domaine et seigneurie de Messire Pierre d'Hostager , aumônier de l'abbaye de Saint-Victor de cette ville, aux censés savoir : la première propriété, de dix-neuf sols sept deniers, et l'autre, d'une livre sept sols, payables annuellement (3).
Pendant l'année 1746, l'église de Saint-Loup fut desservie par MM. Machi, Guez et Albin ; et en 1747, M. Antoine Martin commença à en être desservant en chef ; mais il était souvent remplacé par M. Olive, secondaire deSainl-Martin. M.Rey-
(1) Contrat de vente, notaire Sibon, chez M. Paul.
(2) C'est celle qui appartient à M. Viale.
(3) Contrat de vente, notaire Boyer, chez M. Paul.
nard le remplaça dèfinitiveinent an mois 4e }ittiletii7ô5.
lie 11 noYeffîbfe 1752, Messite Ghav)»-
Ale&andre <ée Mazeood , chevalier seigneur de fiaini-Laureut, président de la Goar des Gemptes , aides et finances de Provence (1) , vendit à M. lo* sepfaGney, négociant à Marseille, la campagne qni appartient aujourd'hui à Madame vrave Dopré, néeCanaple (2).
Le âO décembre de la nnême année, M. Xosepè G»ey reçutrinvestiture de cette propriété des «ams du chapitre de la Major de Marseille, «lequel jouissait des droits de seigneur sur la dite propriété {S).
Le 2 mai 1755^ M. Etienne Roustang acheta la pnoprièlé qui èorne le village de Saint-Loup au Nord, et appaartient aujourd'hui à Madame Barrai (4) we Reboui de Saint-Loup.
(1) Un membre de m famille était vicaire général du diocèse à cette époque, et deux en furent successivement évêques à partir de 1823.
(2) Contrat d'achat, notaire Grosson.
(3) Extrait de l'acte d'investiture, notaire Orosson.
(4) Veuve du célèbre médecin embaumeur de ce nom.
D'appès les tf adilioDS conservées dans la feimtliif de cette Dame, M. Ronstang donna le terrain neces;^e pour bâtir les maisons qui sont de ce côté du village, en se réservant un droit sur ces mais^is^ et devint ainsi seigneur de Saint-Loup.
Le 14 juillet 1766, sa fille cadette, Jeanne^ Roustwg de SainttLoup, épousa Messire Mare Rouget de Saint-Éloy, ancien capitaine de la ville' Tlom\o et de» forces de Lyon , ancien cs^itaine au* régiv mesit de Limousin ^ chevalier de Tordre militaire de Saint-Louis (1).
Après la mort de M. Roustang, M. de Sain** Élc^devintseigneur de Saint-Loup, et fit bâtir u»magnifique château dans sa charmante propiiélè, tranrersée par le petit biez, qui fait mouvoir le moulin dû Martinet, et par la rivière de FHuvëâ;une: Il y eut d'élégantes tourelles, quatre canons dont deiix' tournés vers le Nord et deut versle Midi^ pltti^eurs stiaUies en marbre habilement sculptées^ OTlr'autres celles d'Adam et d'Eve, etde plusieurs
(1) Contrat de mariage de M. de Saînt-Élôy avec MadémoiseMe JdiaiDd Roustaitfg;) chidz MMloAd Baiml:
personnages mythologiques. On vil de tous côtés de gracieuses allées et de riants bosquets plantés de beaux arbres, dont plusieurs existent encore.
Outre l'habitation principale il y avait encore trois autres maisons séparées du village, et de plus M. de Saint-Éloy avait le droit de seigneur sur les maisons bâties sur le terrain cédé par M. Roustang. Voici les noms des propriétaires de ces maisons et les sommes qu'ils payaient pour s'acquitter de leurs redevances envers le seigneur. On se rappelera , en lisant ces détails intéressants surtout pour les descendants de ces propriétaires, que Targent avait alors beaucoup plus de valeur qu'aujourd'hui.
Pierre Blanc devait donner cinq œufs par an ; Pierre Pignalel, 2 sols et 2 deniers, et 9 livres 10 sols pour une autre redevance; Charles Pignatel, 2 deniers; Honoré Reymonet, 3 œufs; Christine Arnoux, 1 denier; J.-B. Caillât, 5 livres; Antoine Caillât, 5 livres 1 denier, et 8 livres pour une autre redevance; André Barbaroux, mari de Rose Fournillier, 1 sol, et 4 livres 5 sols pour une autre maison ; Marguerite Eyrié, André Eyglier
et André Saurift, l denier chacun ; Louis Sibelly, 6 deniers; Anne Thomassin, 6 deniers; André Bourelly, 14 sols; Pierre Plumier, 1 sol; Louis Aurran, 1 sol; Joseph Gaillol, époux d'Elisabeth Dérive, 6 livres; Messire Antoine Dupuy de la Moutte, 6 livres; Antoine Vallette, l soi.
Le 10 novembre 1772, M. de Saint-Éloy vendit sa propriété et les droits qui s'y rattachaient à M. Laurent-François Tarleiron, lequel la revendit en 1791 à M. Louis-Auguste Reboul, négociant à Marseille et père de M""' Barrai. M. Reboul prit dés lors avec raison le titre de M. Reboul de Saint- Loup qu'il transmît à ses enfants. Malgré la bonté de son caractère et ses nombreux actes de bienfaisance, il faillit être victime des fureurs révolutionnaires, qui, au lieu de voir en lui l'ami du peuple n'y virent que le ci-devant seigneur de Saint-Loup.
Ses descendants ont hérité de sa générosité comme nous le verrons en son lieu ; mais nous tenons à dire ici que M""' Barrai a contribué abondamment à l'œuvre à laquelle doit être employé le produit de la vente du présent ouvrage, c'est-à-
dire à la reconstruction de l'anlliqoe chfapene de Sainte^Croix , doût nous avons déjà parlé. Nous^ profitons de cette occasion pour prier itistarûmeo^ nos concitoyens , et surtout les propriétaires dé Marseille qui ont leurs campagnes à Satnt-Lo»^ ou à Saint-Tronc d'imiter son exemple , afiti que cet oratoire , remarquable par sa position exceptionnelle , et but de ti^ès-nombreuses excur* sîons , puisse être convenablement montré autf étrangers.
En 1757, par ordre de Mgr TËvêque, la>cob*' grégatîon des filles fut transférée à 1-autel^ dé* Saint^Pierre , et Christine Ârnoux fut nommée! supérieure par M. de Mazenod , vicaire généraly attendu que celle qu'on avait notnmée n'avait pw* accepté la charge.
Vers le milieu de Tannée 1761, M. Vinson remplaça M. Reynard, et desservit l'église jusqiief^ vers la fin de 1763, il ne se passa rien de reoiarquable pendant ce temps-là;
Depuis la fin de Tan 1763 jusque verà la fio^ de 1765, ce furent deux pères capucins qui fireet le service, le^père Laurent et le père Sèbastîei^i
L'année 1764 ^ on fil des fonds baptismaux dans l'église de Sainl-Loup ; le premier baptême fut administré le 22 du mois de juillet.
Vers le milieu de l'année suivante 1765, M. Poilroux, vicaire de Saint-Martin, commença à desservir l'église , et la desservit jusqu'au commencement de l'année 1773. A partir de 1767 , on voit figurer sur les registres le nom de M. Prat, desservant de Sainl-Jean-du-Désert , mais demeurant à Saint-Loup (1).
En 1768 , il se fit un mariage dans la chapelle domestique de M. le marquis de Montolieu, l'un des plus illustres habitants de Saint-Loup, et propriétaire de la campagne qui porte encore le nom de Marquis.
En 1771 , une personne qui ne voulût pas être connue, fit présent à la congrégation des filles d'une croix en argent pour les processions.
Vers le milieu de Tannée 1773, M. Bozan
(1) Il était propriétaire du jardin qui est au Nord du cimetière, et de la maison qui est au bout du jardin.
remplaça M. Poilroux et desservit Téglise jusqu'au temps de la terreur.
Le 28 février 1775 , M. Jean-Baptiste Reymonet, fils de feu Honoré, racheta le droit de prélature de la propriété de Saint-Tronc pour la somme de quatre cent seize livres , treize sols et quatre deniers.
L'an 1777, une déclaration de Louis XVI défendit d'enterrer les morts dans les églises (2). On fit alors à Saint-Loup un petit cimetière, entre le presbytère et le chemin qui descend au meulia de M. de Forbin d'Oppède. C'est là qu'on ensevelit les morts , en attendant que le cimetière qui existe aujourd'hui fut achevé; et on cessa d'y enterrer, lorsque le décret de Napoléon T' du 12 juin 1804 ordonna que les cimetières fussent éloignés des églises au moins de 35 mètres (3).
Cette remarque, sur l'ancien cimetière de Saint-
(1) Extrait de la directe de Saint-Victor, chez M. Paul.
(2) Droit civil ecclésiastique français, t. I , page 296.
(3) Décret impérial du 13 prairial, an XXI.
Loup, nous amène naturellement à parler de la roule royale de Marseille à Toulon, qui fut commencée à cette époque. Le chemin d'Aubagne à Marseille, qui existait alors, avait à peine 4 mètres de large ; Il faisait beaucoup de tours et n'était point entretenu . Pour conduire une charrette de Marseille à Saint-Loup, on était obligé de la tenir de chaque côté avec des cordes pour qu'elle ne versât pas. Un charretier, que nous avons connu particulièrement, et qui était incapable do mentir, nous a assuré que, pour ne pas avoir pris cette précaution, il versa trois fois dans le même voyage, pour aller de Mempenli au moulin de rhôpital. Le chemin, qu'on fit à l'époque dont nous parlons , fui donc une très-grande amélioration pour le pays. Le village de Saint-Loup fut élargi. Plusieurs maisons furent coupées. La roule, au lieu de descendre vers le moulin de Blancard, passa au Sud de ranciemic église et du presbytère , qui empêcha de donner au chemin , en cet endroit , la largeur convenable. Il ne fut coupé qu'en 1839.
En 1780 , un nommé Mathieu Margaillan mourut par accident devant le moulin de l'hôpital,
et fut enseveli à Saint-Loup, par Tordre de M. de j Villiers de Sainl-Savournin, procureur du roi à i Marseille.
Le 13 novembre 1785, M. Ange Nicolas de Gardanne, dont nous avons parlé déjà, mourut à sa campagne el fut transporté à Marseille , pour y être enseveli (1).
Le 17 janvier 1786, le chapitre de Saint- Victor (2), afferma aux sieurs Gabriel et Jean Barrot une propriété, appelée jardins des Gébelins, située au quartier de Saint-Loup, pour la rente annuelle de 900 francs (3).
L'an 1787, l'antique chapelle de Saint-Thyrse, qui était devenue la nef septentrionale de l'église de Saint-Loup, comme nous l'avons dit, menaçait ruine , et malgré les étais qu'on avait mis pour
(1) Sa campagne, située en dessous du moulin de Blancard, s'appelle encore la Gardanne.
(2) Les moines de Saint- Victor avaient été sécularisés en 1743 et avaient pris le titre de chanoines.
(3) Archives de la Préfecture, fonds de Saint- Victor ^' liasse 235.
la soutenir , Tautorité jugea prudent d'interdire toute l'église. Les cérémonies religieuses durent se faire, pendant ce temps-là, dans quelque maison ou dans quelque chapelle domestique, peut-être même dans celle de Saint-Tronc. Toujours est-il que les baptêmes, mariages et sépultures se firent comme à l'ordinaire.
L'ancienne église fut démolie, excepté le chœur, et celle qui existe aujourd'hui fut élevée sur l'emplacement de l'autre, trois à quatre mètres plus au Nord. Elle fut bâtie aux frais des habitants , sous les ordres de l'archilecle Draveton , propriétaire à Saint-Loup (1), et de l'entrepreneur Lalil. Elle est en style grec, ordre ionique. Le chœur de l'ancienne église fut conservé, comme une espèce de hors-d'œuvre, derrière le maître-autel de la nouvelle, avec laquelle il communiquait par un arceau de trois mètres de large. Il fut ajouté à la nouvelle église en 1828.
(1) Il était propriétaire de la campagne qui appartient aujourd'hui à M. de Bonneval.
Il y avait dans l'ancienne église une niche en granit rougeâtre , d'une seule pièce ayant environ 3 mètres de long, 2 de large et 1 mètre et demi d'épaisseur. Comme c'était une pierre très-difficile à remuer, et à laquelle d'ailleurs la symétrie de la nouvelle église ne laissait pas déplace. On Tabandonna au Nord de la sacristie actuelle, où elle resta environ cinquante ans, sous le nom de pierre rouge. C'était une vraie curiosité. Malheureusement comme elle s'opposait à l'agrandissement du chemin, ou la rompit, et ses débris furent employés *dans une bâtisse.
Le maître-autel de la nouvelle église avait appartenu à la chapelle de Saint Hommebon, à Marseille. Il fut acheté 18 francs pendant la Terreur, par M. Fourrât (l), qui le donna à Saint- Loup. Il ne fut définitivement placé qu'en 1801. La gloire de cet autel, en marbre blanc, est trèsremarquable , on y admire surtout les anges qui soutiennent la couronne au-dessus de la croix.
(1) Propriétaire de la campagne qui appartient aux héritiers de M. Wulfran Puget.
L'année 1789, les prieurs de Saint-Loup sommèrent M. Hippolyte Guey, successeur de M. Joseph Guey, propriétaire delà Mazenote, de contribuer aux frais de conslruclion de la nouvelle église. Car à celte époque chacun était obligé de de coopérer aux dépenses du culte, dans les succursales qui n'avaient pas d'autres ressources , et Saint- Loup était de ce nombre. M. Guey , allégua que sa campagne n'était pas située dans le quartier de Saint-Loup , mais dans celui de Saint-Jeandu-Déscrt ; quoiqu'il fréquentât l'église de Saint- Loup, quand il n'y avait pas d'office dans sa succursale. Deux avocats d'Aix, MM. Gassier et Pazéry consultés par lui à ce sujet, déclarèrent qu'il n'était pas obligé de concourir aux frais du culte , ni à la construction de la nouvelle église de Saint-Loup (1).
La nouvelle église fut inaugurée en 1791 , et sanctifiée en quelque sorte par la présence du corps
(1) Consultation de MM. Gassier et Pazéry, du 10 juiUet 1 789 , chez Madame Dupré.
d'une bienheureuse. En effet, le 31 octobre 1791, mourut de la mort des justes Catherine Françoise Nicolas, fille d'Etienne Nicolas (i) et de Françoise Olive. Elle avait mené la vie d'une sainte , non par des actions extraordinaires, mais par la régularité de sa conduite. Elle vivait chez elle comme une anachorète, ne sortait que pour aller à l'église, et ne manquait aucun exercice quelque temps qu'il fit. Ceux qui vivaient à cette époque nous ont dit que les plus grandes pluies ne la mouillaient pas, et qu'une fois étant tombée dans le Biez, plein en ce moment, elle en sortit aussi sèche qu'avant sa chute. Ceci n'est peut-être qu'un bruit , mais les vertus de Mademoiselle Nicolas sont constatées dans sou acte de sépulture.
Le 21 mars de la même année 1791, la propriété des religieuses de Saint - Sauveur , dont nous avons parlé déjà, fut vendue aux enchères au profit de l'État pour la somme de 11,600 fr. (2).
(1) Il était propriétaire de la campagne qui porte encore aujourd'hui le nom de Nicolasse.
(2) Histoire de Vabbaye de Saint-Sauveuff par M. André, page 194, note.
L'an 1792, le citoyen G. Roux, soi-disant évêque des Bouches-du-Rhône, envoya une circulaire aux citoyens curés et aux citoyens desservants, pour les prier d'envoyer les actes de baptêmes, mariages et sépultures à THôtel-de- Ville, et le citoyen Bozan, desservant de Saint- Loup les envoya.
En 1793, on trouve dans les registres quatre actes de baptêmes et un de mariage signés encore Bozan.
En 1794 , il y a un seul acte de baptême, c'est celui de Jean-Baptiste Rampai, fait le 26 décembre, et en 1795 on n'en trouve aucun d'aucune espèce.
Le temps de la Terreur avait commencé le 31 mai 1793. Depuis celte triste époque jusqu'en 1801, la plupart des sacrements furent administrés à Saint-Loup, par M. Chaix, que nous verrons plus tard recteur de la paroisse, et qui vivait alors caché dans le quartier de Saint-Marcel. Ainsi en 1796, nous trouvons cinquante baptêmes et onze mariages administrés par lui. En 1797, vingt-sept baptêmes et dix mariages; en 1798,
vingl-lrois baptêmes et trois mariages ; en 1799 , cinq baptêmes et quinze en 1800. On trouve de plus dans les registres cinquante actes qui ne portent point de dates précises , mais qui ont été faits dans l'espace de temps dont nous parlons. On sait aussi par ces mêmes registres et par le récit des témoins oculaires, que M. rabbéMille(l), caché à Saint-Loup , administra pendant tout ce temps plusieurs bacrements dans diverses campagnes, et principalement dans celle de M. Rémusai (2).
Nous venons de voir le côté religieux du drame révolutionnaire à Saint-Loup ; voyons en le côté politique.
Le 12 février 1891 , toute la commune de Marseille fut divisée en douze sections. Saint- Loup fit partie de la neuvième avec la Pomme, Saint-Dominique , Saint-Jean-du-Désert et Saint- Pierre. La garde nationale fut établie à Saint-
(1) Il était propriétaire de la maison qu'acheta plus tard M. Magnan, distillateur.
(2) Elle appartient aujourd'hui à M. Boude.
Loup, elle comptait environ trois cents hommes. Le chef de cette garde s'érigea en souverain absolu (1) , sous le nom de commandant. Il fit peu de mal, parce qu'il était à peu près le seul républicain influent dans le village. On lui attribue même une bonne action. Les habitants de Peinier, étant venus en grand nombre pour piller le château de laMoutte qui appartenait à M . Thomassin de Peinier, le commandant de la garde nationale de Saint-Loup , à la tête de sa troupe , s'y opposa et fut écouté parce qu'il étciit le plus fort; mais on lui allribue aussi la condamnation à mort de M. Pont le Roi, dénoncé comme royaliste, habitant de Saint- Loup (2) et guillotiné à Marseille. On raconte aussi que le commandant s'empara de plusieurs objets appartenant à l'église; mais il parait qu'il aimait mieux les vendre que de les livrer aux
(1) Nous pourrions citer son nom ; mais nous nous en abstenons par égard pour ses descendants. Cette observation s'applique à toute la suite de notre histoire.
(2) A la maison qu'on appela plus tard Tivoli , appartenant à M"" Besson.
flammes , comme on faisait en divers endroits. Plusieurs statues furent sauvées par ce moyen, entr'autre , YEcce Homo de la banque des marguilliers, qui fut racheté pour sept sous , et la Vierge qui fut sauvée par le zèle d'Antoine Suzan. propriétaire de la petite campagne appelée Caron (2),
Il y eut cependant des profanations à Saint- Loup. L église servit plusieurs fois de lieu de réunion à la section , et nn jour un malheureux, étranger au quartier, en souilla l'autel par fanfaronnade. Une autre fois un régiment de soldats venant de Toulon fut surpris par la nuit à Saint- Loup, et coucha dans l'église; mais le colonel élevant la voix , lorsque le régimeut fut réuni, dit d'un ton ferme : « Soldats, vous vous rappellerez cette nuit que vous êles dans la maison de Dieu. » Dans les temps où les crimes sont à l'ordre du jour, les bonnes actions font un contraste agréable.
On dépouilla la chapelle de Saint-Tronc de tous
(i) Elle appartient aujourd'hui à M. Fauro.
ses ornements , et même de sa cloche , que les nouveaux Vandales eurent soin de faire sonner pendant le trajet comme pour célébrer leur glorieuse victoire. Mais les témoins oculaires assurent que les spoliateurs étaient encore étrangers au quartier. Il n'y eut en effet que deux hommes du pays qui jouèrent un rôle dans la tragédie dont nous faisons l'histoire. Nous avons parlé du premier , il ne nous reste plus qu'à dire un mot du second. C'était un admirateur assez inoffensif du nouvel ordre de choses. On avait placé par ses soins les bustes de Brutus , Marat et Lepellelier sur la façade de la boulangerie qui est au Sud de la place de l'église (1), et notre dévot républicain venait, dit-on, faire sa prière devant cette nouvelle Irinité. Mais il y avait un dieu auquel il rendait un culte tout particulier, c'était Bacchus, et ce n'était qu'après lui avoir fait de très-copieuses libations qu'il allait chanter devant l'oratoire dont nous parlons :
Marat, du peuple le vengeur ,
Ta mort nous fait couler des larmes.
(i) Elle appartient à M. Daumas.
Jusqu'à présont nous n'avons pas vu couler le sang à Saint-Loup. Mais il faut bien qu'il ait quelques éclaboussures de celui qui souillait, à celte époque, notre malheureuse France, et Marseille en particulier.
Vers la fin de l'an 1796, il y eut à Marseille une réaction antirépublicaine qui amena de terribles représailles.
Une trentaine d'hommes d^ la compagnie dite des Sabreurs de la Bourgade , poursuivit jusqu'à Saint-Lonp trois individus , et les massacra en dessous du moulin de Blancard.
L'un s'appelait Allègre, l'aulre Joseph Gros, et le troisième était un perruquier de Saint-Barnabe, dont nous ignorons le nom. Leurs cadavres furent jetés dans le Biez. Deux s'arrêtèrent à côté du pré nommé la Lanterna , et le troisième qui était celui de Joseph Gros, fut entraîné jusqu'à la campagne de M. Nicolas.
Le général Willot , qui commandait Marseille
avec des pouvoirs très étendus , se Iransporla à
Saint-Loup pour y faire une enquête , et fit fu-
- siller les meurtriers , quoique les républicain»
le donnent comme très favorable aux royalistes (l).
Voila tout ce que nous avons pu recueillir de l'histoire révolutionnaire à Saint-Loup, C'est sans doule beaucoup trop , mais d'autres villages eurent à souffrir d'avantage, parce que les soi-disants patriotes y étaient plus nombreux.
L'année 1800, Saint-Loup fut témoin d'un événement qui trouvera sa place ici : à la suite d'une pluie violente , les eaux de l'Huveaune grossirent tellement que le pont du moulin de Blancard fut emporté, tandis que celui de la propriété qui appartient aujourd'hui à Madame Barrai ne fut pas même ébranlé, quoiqu'il parut beaucoup moins solide.
(1) Histoire de la Révolution à Marseille et en Provence^ par Lourde de Mazamet, t. III, p. 422.