LIVRE II. CHAPITRE VI
amitié, le P. Howard offrit au P. de Cloriviére qui. rt cette époque, était rentré en France^ le titre de membre honoraire de la naissante Académie, et celui-ci s'empressa d'accueillir cette offre gracieuse.
Le P. Howard étant mort le 16 octobre 1783. le P. Guillaume Strickland prit sa place et, au mois de janvier 1790, il remit les rônea du gouvernement au P. Marmaduke Stone. C'était un ancien novice du P. de Cloriviére; les historiens disent de lui que, dès sa jeunesse, on pouvait lui appliquer cet éloge de saint Vincent Ferrier : « Ab iîieunte œ.tate, cor gessit sentie, dès le début des années, il eut le cœur d'un vieillard. » L'Académie continua de prospérer entre ses mains, jusqu'à ce que l'invasion des Pays- Bays par les armées françaises en 1794, l'obligeât de se disperser.
L'Angleterre, autrefois si cruelle et si intolérante, commençait alors à tempérer la rigueur de ses lois religieuses et à donner aux catholiques droit de cité. Un gentilhomme de l'ancienne et illustre famille des Weld demeurée constamment Rdèle à la foi romaine, M. Thomas Weld, « dont un livre suffirait à peine à raconter les pieuses munificences' n offrit sa propriété de Stonyhurst, dans le Lancashire, à la colonie exilée, et le P. Stone vint s'y établir la même année'. Ce fut le commencement de cette célèbre école bien
séminaire esl un rejeton de l'ancienne mission anglaise, et qu'il est établi pour les m âmes tins.
1. Oliver. CoUeetion» illuitrating the history of Ihe ealhoUc RrUgimt.,. Ch. vi, \i. 50. London, 1^7.
2. ColUetions towards illuitraling the Biography of Ihe.... mtmbert. S. J., au mot : Stone, Uarmadvke.
connue de la jeunesse catholique anglaise et du monde savant lui-môme, et qui ne le cède à aucune maison d*éducation publique dans le Royaume-Uni.C'est à cette heure le plus ancien collège de la Compagnie.
Le Bref de Clément XIV avait retiré aux prêtres de la Compagnie les pouvoirs dont ils avaient joui précédemment, et les avait soumis en toutes choses à Tautorité des Ordinaires; le P. de Clorivière fut donc obligé de suspendre, au moins momentanément, l'exercice de son ministère. Le cardinal de Frankenberg, archevêque de Malinesct prince du Saint-Empire, lui fit parvenir de nouvelles lettres-patentes, et rien ne s'opposant plus à ce titre, il le nomma, pour trois ans « confesseur ordinaire » des religieuses Bénédictines.
« Les conseillers fiscaux de Sa Majesté en Brabant » ne lui permirent pas d'achever son triennat : le 15 septembre 1775, ils lui expédièrent, de la part du premier huissier du conseil souverain du Brabant, une Insinuation dans laquelle, en vertu d'un édit promulgué en 1752 « portant que Ton ne pourrait établir, élire ou choisir aucun séculier ou religieux sujet de la couronne de France, pour gouverner les monastères des filles de la domination de sa Majesté, » ils lui signifiaient qu'il devait « dans le terme de vingt-quatre heures, abandonner la direction de la maison des Dames Bénédictines anglaises, et se retirer de cette maison sans plus y remettre le
pied » « Nous sommes au surplus chargés de
vous prévenir, ajoutaient les conseillers, que vous ayez à vous abstenir de vous ingérer, à quelque titre que ce soit, dans aucune fonction, soit temporelle, soit spirituelle, autre que de dire la messe; que vous