CHAPITRE PREMIER
ARB\YE DE l\ttC1 - LES ERHITES DU HONT-VXLÉRIEN NOVIKATIÛM A LA CURE DE PaRAHÉ, PRÈS DE SAIA'T-UALC
11 y avait treize ans que le P. de Clorivière avait quitté le »ol natal. Il trouvait à son retour des maux plus profonds et plus étendus qu'à son départ. Les philosophes et les incrédules, délivrés d'un ennemi importun, avaient vu progresser leur œuvre, et de jour en jour ils étaient devenus plus puissants et plus audacieux. Déjà mémo ils ne prenaient plus la peine de dissimuler leurs projets, et dans une multitude d'écrits qui se succédaient tous les jours, ils battaient en brèche les fondements detoute religion et de toute autorité. Louis XV s'éteignit au milieu des menaces d'une révolution que les désordres de son règne n'avaient que trop favorisée, laissant à son petit-fils un héritage gros de didicultés et de tempêtes.
Le P. de Clonvière n'avait point encore de dessein arrêté, et il ignorait sur quel théâtre pourrait s'exercer son zèle. Eu attendant, il parait avoir fait un voyage en Bretagne. Son séjour n'y fut pas de longue durée; car dès le mois de novembre suivant nous trouvons
S&i HISTOIRE DU P. DE CLORIVIÉHE
un écrit de sa main signé de l'abbaye de Jarcy. près de Paris,
L'abbaye de Jarcy ou Gercy située sur la petite rivière d'Yères, entre Brunoy et Brie-Comte- Robert, avait été fondée au XIII' siècle par la comtesse de Toulouse, femme d'Alphonse, frère de saint Louis. Des chanoincsses régulières, qui suivaient la règle observée à Saint-Victor de Paris, y furent d'abord éf ablies ; mais la discipline s'étant peu à peu relâchée parmi elles, des Bénédictines du monastère de Montmartre prirent leur place, en 1515, et occupèrent le couvent jusqu'à la Ilévolution'. Le P. de Clorîvièrc retrouvait donc à Jarcy, après une interruption de (|uelqaes semaines, les mêmes fonctions qu'il venait (le remplir à Bruxelles. Il y mena une vie encore plus obscure, s'il est possible, et plus retirée. N'étant j;uère distrait par les visites du dehors et par les occupations extérieures, il consacra plus que jamais sou temps à la prière, à l'avancement des âmes qut lui Oliiient confiées et à l'étude.
Au mois de septembre de l'année suivante, il f'Iiût à Paris; avait-il dû céder à la force comme à Rruxelles? En elTet, il y eut en France à cetteépoque une certaine reprise d'hostilités contre la Compagnie. Ses ennemis affectaient de croire qu'elle cherchait à .se faire rétablir. Sur la dénonciation d'un conseiller iiu Parlement, Louis XVI publia au mois de février 1 777, un édit délinissant de nouveau à quelles conditions les Jésuites pourraient continuer à résider dans la royaume. Défense leur était faite de <r se réunir
i , Histoire du diocèse de Paria, par l'abbi Lebeup. T, Mil, |i|i, 270 seqq.