LIVRE m. CHAPITRE
pour vivre plusieurs ensemble en société,... de posséder aucuns bénéfices à charge d'âmes dans les villes,... d'exercer les fonctions de supérieurs de séminaires, de régents dans les collèges ni autres relatives à l'éducation publique... »
Le P. de Clorivière n'était point tenté de porter ombrage aux Parlements en recherchant des emplois dont ses goûts le tenaient éloigné encore plus que leurs décrets; il préférait les fonctions plus humbles tie la direction des âmes. C'est à ce ministère qu'il parait s'être appliqué, h son retour de Jarcy, dans différentes communautés de la capitale, sans avoir eu du reste, au moins dans les commencements, aucun poste déterminé. Une de ses sœurs était religieuse au troisième monastère de la Visitation, rue du Bac. Il allait la voir de temps en temps et adressait ensuite quelques mots d'édification à toute la oommunauté. Ainsi s'établirent entre le troisième monastère de la Visitation et lui ces rapports de religieuse intimité, que nous verrons se renouer après les jours mauvais de la révolution, non plus à la rue du Bac, mais à la rue des Postes, dans une demeure que les filles de sainte Chantai avaient achetée de leurs deniers pour y reprendre les exercices de leur sainte règle, et qui devint bientôt, grâce à leur générosité désintéressée, le berceau de la Compagnie renaissante en France.
Il était aussi en relations fréquentes avec les Carmélites de Saint-Denis, gouvernées alors par la Mère Thérèse de Saint- Augustin, M""' Louise de France, fille de Louis XV, qui avait fui les splendeurs de \a cour et était allée s'ensevelir au Carmel comme
SOO HISTOIRE DU P. DE CLORIVIBRE
une victime d'expiation'. Du Carmel il se rendait h l'humble couvent des Filles de la Madeleine, à Paris, (luvort par la piété de quelques fervents chrétiens aax malheureuses victimes du vice. Il aidait ces pécheifsses à sortir par la pénitence de leur triste état, et i\ se relever devant les hommes en se réhabilitant <lovant Dieu.
Son zèle saisissait toutes les occasions de se rendre utile. Il y avait alors aux environs de Paris, sur les pentes les plus élevées du Mont-Valérien, une julite et obscure communauté, connue sous le nom iV F. /•mites dti Mont-Valérien. o Leur vie, raconte un historien, est très pénitente ; ils ne mangent que ili's légumes, travaillent eux-mêmes à la terre, ou à faire des bas au métier; leur habit est pauvre et rude; le silence est presque perpétuel. Ils prient beaucoup: ils ont chacun leur cellule, mais une chapelle comirutne, où ils entendent la messe et récitent leur office iiiix différentes heures prescrites. Ils sont tous laïques, l't dépendent de l'archevêque de Paris qui leur nomme un supérieur. Ils ne s'engagent point par des vœux et ont la liberté de se retirer*. »
La tempête révolutionnaire a emporté cet ermi-
I Le 2 février 1778, le P. de Cloriviërc lui adressait l'hommage iliiuc Introduction il l'histoire des Carmélitts delà Réforme de S:i\nti: Thérèse en France. C'est une rie de la Réformatrice tirée do -(■- Liuvrages tl de ses lettres, de son histoire par le P. Ribera et par (luiii Jcpcï, des deux premiers volumes de rhistoirc générale des Carmes déchaussés, cl cnHi) des opuscules de la Vénérable Mère Anac de Saint-Barthélémy, compagne inséparable de la sainte; mais l'ouvrage n'alla pas plus loin, et celle Introduction ellc-rafmc est demeurée manuscrite.