‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 105 sur 315 · LIVRE ni. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE ni. CHAPITRE I

merveHIes de régénération et de salut qu'il est capable d'opérer par la patience, la douceur, l'abnt'gation, et un dévouement sans bornes.

Un appendice, plus considérable que la vie ellemême, complète les renseignements renfermés dans le Modèle des Pasteurs; c'est une suite de lettres et de fragments philosophiques sur les principales questions agitées alors, et que l'auteur, poursuivant sa fiction, attribue à son héros.

Ces études rapides montrent avec quelle attention le P. de Clorivière, du fond de sa vie de retraite et de silence, suivait l'état des esprits dans cette société inquiète et troublée, où, à côté de quelques aspirations généreuses, fermentaient tant d'idées ridicules ou malsaines, quand elles n'étaient pas impies, et où la passion d'innover faisait bon accueil à tous les systèmes. Plusieurs de ces petits traités, que le P. de Clorivière dit avoir trouvés dans les papiers de M. deSernin et qu'il dédie aux jeunes ecclésiastiques, ne seraient point hors de saison même aujourd'hui; car nos maux n'ont guère changé, et ils ne sont pas moindres. C'est d'abord la plaie des mauvais livres qui faisait des ravages effrayants, et qu'un grand orateur, dans un discours célèbre, dénonçait du haut de la chaire au milieu des frémissements de colère de toute la philosophie'. C'est l'entraînement excessif et mal compris vers l'instruction, dans laquelle on voulait voir le moyen suprême et même unique du perfectionnement moral de l'homme; c'est l'engouement pour les grands mots de liberté et de fraternité

1. Le P. Beauregarii. — Cf. Eludes religieuses. T. III, y. 352. Article du P. Cli. Daniel.

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des peuples, pour les sciences exactes et les mathématiques, et eufin pour le séjour des villes et pour les places, qui arrachait tous les jours aux campagnes une multitude de jeunes gens. Le P. de Glorivière discute tous ces problèmes, et donne sur chacun d'eux les solutions les plus justes.

Los devoirs qu'il venait de tracer aux prêtres, dan» la vie de M. de Sernîn, allaient tout à l'heure devenir les siens. L'évêque de Saint-Malo, Mgr des Laurents, alors à Paris, témoigna le désir de l'avoir dans son diocèse, et s'offrit même à lui ménager une euro dans le voisinage du pays qu'habitait M. do Limoëlan. a Mais, écrivait le P. de Glorivière en annonçant cette nouvelle à son frère, je n'ai point tant envie d'une cure, et je l'attendrais sans peine encore longtemps... Sans rien solliciter, je prendrai, coinine de la main de Dieu, ce qui me sera offert. »

Une occasion se présenta bientôt. La cure de Piirainii, près Saint-Malo, devint vacante par la démission de son titulaire. Mgr des Laurents s'adressa au P. de Glorivière qui ne put refuser, et le 16 novembre 1779, les lettres de provision et institution furent signées.

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