‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 106 sur 315 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

PUtAMÉ - MINISTÈRE PAROISSIAL - MISSIONS - M. CORMATIX VIE OU P. GRIONION DE MÛNTFORT

Paramé est «ne petite vilie au bord de la mer et aux portes de Saint-Malo. Les agrémenla de la plage y attirent tous les ans une multitude d'étrangers qui viennent y passer la belle saison. Au temps du P. de Glorivière, c'était déjà une paroisse assez considérable ; car le curé ou recteur avait deux vicaires avec Ini. Les revenus de la cure consistaient en un prieuré et quelques autres dépendances auxquelles la libéralité de M . de Liœoëlan ajouta, que Iqucs mois après, la chapellenie du Rosaire, dépendante de son château, et laissée à sa présentation.

La prise de possession de la cure s'accomplit, le 4 décembre de la même année, avec toute la solennité alors en usage, et six mois plus tard eut lieu celle de la chapellenie du Rosaire.

Dans la vie de M. de Sernin, le P. de Glorivière avait tracé le portrait du prêtre auquel la Providence a confié ie soin d'une paroisse. La conduite du Recteur ne fut pas en opposition avec les ensei-

gii(.'[iient8 de l'écrivain. Comme pour s'engager luimême devant son peuple, il ne craignit pas d'exposer publiquement, du haut de la chaire, toute l'étendue, loule la rigueur des devoirs de sa charge. Il déclare qu'il se reconnaît redevable envers lui « de son temps, de ses pensées, de ses désirs; qu'il n'est en droit de se permettre a aucun moment de repos, de (livii'tisscment, de sommeil, ai cela lui devait être pr.'judiciable; » que « sans cesse, il lui doit de nouveaux soins, une nouvelle sollicitude, » parce que « l'i'imemi ne dort point, » et que les pasteurs e (Irvronl rendre compte pour les âmes qui leur ont ('■Li' confiées... » a Ame pour flme, dit-il; si par notre fautif l'ivraie croissait; si des maximes pernicieuses, des abus, des erreurs contre la foi venaient à se glisser par vous; si les mœurs se corrompaient, si Ic> sacrements étaient moins fréquentés, la parole d<- Dieu plus rare ou altérée, au tribunal de Dieu nous serions rendus responsables de tous ces piVliésI... Quel compte! Une âme rachetée, un enfaat de Dieu perdu pour toujours, le sang d'un Dieu inutile et infécond pour l'éternité! »

H Ohl mes frères, s'écriait-il dans une autre cirionstance; il me semble pouvoir le dire, je vous porte tous dans mon cœur; il n'en est pas un pour le salut de qui je ne voulusse répandre jusqu'à la dernière goutte de mon sang! n II s'était formé une si liaute idée de l'excellence de ses fonctions, et de la responsabilité qui pesait sur lui, qu'il se sentait toiil défaillant et comme écrasé sous ce poids, et si la main de Dieu, disait-il, et la voix de l'obéissance n'étaient là pour le retenir, il se déroberait par ta

Page 1