‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 119 sur 315 · LIVRE 111. CHAPITRE I[[. 2i · texte numérisé non relu

LIVRE 111. CHAPITRE I[[. 2i

8 février 1736. A l'âge de douze ans, il fut envoyé au collège anglais de Saint-Omer, et en 1753. il entra dans ta Compagnie au noviciat de Watten; il étudia la philosophie et la théologie à Liège, et presque aussilôtaprès son sacerdoce, en 1759, il fut lui-même appliqué à l'enseignement dans ce même scolaaticat de Liège. C'est là que le P. de Clorivièrc se lia d'amitié avec lui. Le P. Carroll fit sa profession solennelle le 2 février 1771, et consacra une partie des deux années suivantes à diriger l'éducation d'un jeune gentilhomme anglais qu'on lui avait confié, et qu'il accompagna dans un grand voyaf^e en France, en Italie et en Allemagne. Après le BrL'f de suppression, il passa en Angleterre, résida (juelques mois au château de Wardour, auprès de Lord Arundeil, et retourna Tannée suivante en Améri(]iie.

La guerre de l'Indépendance éclata bientôt après. Le P. Carroll fut associé à Franklin et oux antres commissaires envoyés à Montréal pour essayer de détacher les Canadiens de l'alliance anglaiso, et de les rallier à leur causej les négociations demeurèrent aans résultat; mais Franklin voua au P. Carroll une amitié qui ne se démentit jamais, et qui tourna à l'avantage des catholiques. Après la guerre, M. Charles Carroll de Carrolton, parent du Jésuite et catholique fervent, fut désigné avec quatre autres citoyens américains pour rédiger la Constitution des Etats-Unis; c'est lui qui, sur les conseils du P. Carroll, fit consacrer dans la charte le princii)c de la liberté de conscience. Ce n'était pas encore la pleine liberté; c'était moins encore la protection ou la faveur. Les vieilles hostilités ne disparurent ni

des mœurs, ni de Topinion, ni même des codes; plusieurs Etats maintinrent les lois d'exception qui excluaient les èatholiques de tous les emplois publics ; mais c'était au moins la tolérance, et en la comparant au régime du passé, c'était un grand bien. Tout imparfaite qu'elle était, cette liberté provoqua un heureux ébranlement, et de toutes parts, on s'adressa au P. CarroU pour avoir des prêtres. Mais comment répondre à ces demandes ? Tout le clergé des Etats- Unis se bornait alors à moins de trente membres. Le P. Carroll fit appel à tous les américains, anciens Jésuites ou prêtres séculiers qui étaient en Europe, et les pressa de repasser la mer et d'accourir aux cris de détresse de leurs compatriotes.

Le Saint-Siège avait aussi les yeux tournés vers ces contrées où devait en peu de temps se lever et grandir une si riche moisson, et il se proposait d'assurer d'une manière stable la situation de la nouvelle Eglise, en nommant un évêque pour la gouverner. Le 12 juillet 1789, un décret de la Propagande, approuvé par le Souverain Pontife, enjoignait à tous les prêtres qui exerçaient le saint ministère dans les Etats de l'Union de se réunir en synode, afin de répondre à deux questions sur lesquelles le Pape désirait avoir leur avis : la première concernait la ville où il conviendrait de fixer le siège épiscopal dont la création était décidée : la seconde regardait la personne même à nommer à ce siège. Pour le premier point, tous d'une voix unanime désignèrent la ville de Baltimore ; et quant au second, vingt-quatre suffrages sur vingt-six se réunirent sur le nom du P. Carroll. Le Pape approuva l'une et

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