‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 137 sur 315 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES JOURNÉES DE SEPTEMBRE LE P. DE CLORIVIËRE SE RETIRE A TILLERS-SOU^-SAINT-LEU

ET RENTRE BIENTOT A PARIS - LA TERREUtt DEUX HARTTRS : H. CORHAUX ET MADAME DES DASSAIII.ONS

Vers la mi-juillet de l'année 1792, deux prêtres montaient les pentes de la colline de Montmartre et allaient s'agenouiller devant l'autel du glorieux apdtre des Gaules, saint Denis. Ils prièrent longtemps et avec ferveur; quand ils se relevèrent, une joie surnaturelle illuminait leurs visages. A l'approche de jour en jour plus menaçante de l'orage, ils étaient allés demander, non la grâce d'échapper à ses coups, mais ia force de l'afiTronter sans crainte, et de mourir. Leur malheureuse patrie avait besoin, ponr arrêter les vengeances divines, d'un sang innocent; ils étaient venus offrir le leur. Cos deux prêtres étaient M. Gabriel Desprez, grand vicaire du diocèse de Paris et M. Cormaux, l'ancien curé de Plainte), l'un et l'autre de la Société du Cœur de Jésus.

Quelques jours plus tard, M. Desprez, que son titre désignait naturellement aux recherches de la

Commune de Paris, était arrêté et enfermé aux Carmes avec près de deux cents ecclésiastiques, que les perquisitions domiciliaires avaient successivement entassés dans cette étroite enceinte pour le prochain sacrifice. Tous les ordres de TEglise comptaient des représentants dans cette troupe généreuse : Tépiscopat, le clergé séculier et régulier. On connaît Thistoire des affreux massacres de septembre. Le sang coula à la fois aux Carmes, au séminaire de Saint-Firmin, dans les prisons de la Force et de T Abbaye. Un très petit nombre de prêtres échappèrent à la mort; tous les autres scellèrent leur foi de leur sang.

Le grand vicaire de Paris eut promesse de la \ie sauve, s'il voulait prêter le serment de la liberté et de l'égalité, imposé le 14 août par un décret de l'Assemblée : beaucoup d'ecclésiastiques jugeaient que ce serment n'était point illicite, et l'avaient euxmêmes prêté; mais la conscience de M. Desprez le rejeta avec horreur; il aima mieux mourir. Avec lui, tombèrent, soit aux Carmes, soit à Saint-Firmin, trois autres prêtres de la Société du Cœur de Jésus; nous n'avons pu découvrir leurs noms avec une entière exactitude^; qu'importe! Ils sont écrits

1. Parmi les premiers compagnons du P. de Glorivière, il en est un qui portait le nom de Lanier; or, au nombre des victimes ^org^s au séminaire de Saint-Firmin, on trouve aussi un prêtre, appartenant à la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, et appelé Lanier; est-ce le même? De plus, dans un petit écrit destiné à combattre la légitimité du serment de la liberté et de Tégalité, le P. de Glorivière, citant la noble conduite de M. Desprez, associe i son nom celui de deux autres prêtres, Olivier Lefebvre, confesseur des religieuses de la Miséricorde, et Charles-François Légué, ancien

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