‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 138 sur 315 · LIVRE IV. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE I

dans le ciel, au glorieux catalogue des témoins Jésus-Christ : « Je regarde comme bienheureux sort de nos frères, » écrit le P. de Clorivièrc apprenant leur mort, « et la confiance que j'ai de leur bonheur ne me permet pas do prier pour eux. . . »

Comment lui-même n'avait-il pas clé arrêté et conduit aux Carmes? Sa qualité do prêtre sans fonction ofTicielle ne pouvait pas le défendre : la haine ne faisait plus de distinction entre les prêtres fonctionnaires publics soumis au serment et les autres. Il n'ignorait pas que son nom et son adresse étaient connus; cependant il n'avait pas cru devoir changer de domicile, ni se cacher, u Nous sommes au Seigneur, et non pas à nous, écrivait-il. Il peut disposer de nous selon son bon plaisir; mais aussi, s'il veut nous conserver, tous les méchants, secondés de la rage des enfers, no pourront nous nuire; il ne tombera pas sans sa volonté un seul cheveu de notre tête. Priez l'Esprit-Saint que, lorsqu'on viendra nous visiter, il me mette à la bouche ce que je dots répondre. j>

La visite dont il parle ici ne se fit pas attendre. Il occupait un petit appartement, au troisième étage d'une maison située au faubourg Saint-Victor, et avait pour le servir un bon frère de la Doctrine chrétienne qui lui était très attaché. 11 venait de

Jésnile, il les loue d'âtre morts en reAisant le scrmeol. Tous les autres martjrs l'aTaient également refUsd; \es noiniue-t-il de priférence parce qu'ils étaient de* siensi Nous nurînns aiosi la liste complète de ces généreases prémices, qui l'aisajenl dire au P. de CloriTièra que i la Société avait pris possession du ciel avant d'être encore bien formée sur la terre. *

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quitter sa chambre et il se disposait à sortir quand il rencontra les gens de la police. Ceux-ci, le prenant pour le frère, lui demandent brusquement si le citoyen Clorivière n'est pas chez lui? — « Non, d répondit le Père avec beaucoup de sang-froid; et comme ils semblaient incertains de ce qu'ils avaient à faire : a Si vous voulez l'attendre, leur dit-il, jo vais vous ouvrir la porte de son appartement, dont j'ai la clef, s La Providence permit qu'ils se contentassent do cette réponse; ils s'en allèrent, en se promettant de revenir à un moment plus favorable'. Le P. de Clorivière ne crut pas devoir s'exposer une seconde fois à cette épreuve. Du reste ses amis le pressaient de partir et de se mettre en sûreté. Il reprit le pseudonyme de Poiseaux, sous lequel il s'était déjà couvert précédemment, et se retira non

1. Cf. Notices historiques... p. 19. Celte alerte, ou peut-être une autre, est racontée d'une manière différente et plus originale dans (ea souvenirs du F. Hallet sur le P. de CInrivière. a Un beau jour, dit le F. Mallet, il fut dénoncé i la police-, il était rue des Postes, n" 16; on vint pour le prendre; mais la Providence veillait sur lui et il échappa. Voici comment : Les citoyens se présentent à la maison et demandent à la portière si elle n'avait pas quelque calotin chez elle. Cette femme avait été long-lemps domestique d'un général, et il ne lui coûtait rien de dire des gros mots, des b... et des t... ' Est-ce que cela me regarde? Esl-ce que je demande aux personnes ce qu'elles font? Vas-y voir. ■ Et ils montent l'escalier. Elle les rappelle et leur dit : a Ecoute, citoyen. Dans telle chambre, il y a un monsieur qui n'a pas la tête h lui, et s'il prend son p... de chambre, et qu'il te le f.. par la lète, ne viens pas me f... des sottises, entends-tu?» Ils montent et ouvrent la porte bien doucement. Le Père, les voyant, demande en bégayant : > Qu'est-ce que voua voulei? d Ilseurentpear et ils descendirent. Ce fut llni. * Ce qui donne de l'aulhenlicité i ce récit, c'est ce qu'ajoute le Frère : i J'ai vu cette femme, dit-il, je lui ai porlé et donné des secours en reconnaissance de la part du Père.n Souvenirs du F. Mallet.

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