‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 152 sur 315 · UVBE IV. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

UVBE IV. CHAPITRE II

réparation appellera le concoups harmouiLUix du» deux puissances; ramener Dieu dans la société, eu y ramenant la religion catholique et en la déclarant religion d'Etat; relever l'éducation de la jeunesse en la rendant chrétienne; mettre de justes barrières t\ la liberté de la presse; veiller sur les mœurs publiques; favoriser l'observation des lois de Dieu et de l'Eglise, particulièrement en ce qui concerne le repos dominical; condamner sans pitié la francmaçonnerie et toutes les sectes qui s'y rattachent; car H c'est à cette secte que la France est redevable de tous ses malheurs, n

Quant à la puissance ecclésiastiqui?, le P. di; Clorinère n'a point de conseils, dit-il, à donner aux évèques; !e Saint-Esprit les éclairera sur ce qu'ils auront à faire pour ié bien de leurs diocèses. Mais il demande la permission d'exposer qiielques idées pour contribuer au bien général.

Parmi les moyens de restauration relij^ieu.se et sociale, un des plus eiTicaces lui parait être la tenue d'un Concile national. Le Concile s'occupera de resserrer plus fortement l'union de l'Eglise do France a%'ec le Siège apostolique; il ramènera l'unité dans la liturgie ; i! discutera la grave et épineusL' question des biens ecclésiastiques confisqués par l'Ktat, et préparera les bases d'un concordat entre l'Eglise et !e gouvernement civil. Mais sous peine di? ne relever qu'un édifice chancelant, il sera nécessaire d'attaquer !a Révolution dans ses principes et de l'étoulTer dans son germe. C'est à cette œuvre que devront travailler de concert les deux puissances. Or le principe de la Révolution , ce sont lesdl'oits de l'homme, proclamés

en tête de la Constitution en 1789, renouvelés en 1793, et substitués aux droits de Dieu. Ce devoir du gouvernement civil et du gouvernement ecclésiastique est d'autant plus pressant que la Révolution a hautement déclaré son intention d'en faire le code du genre humain. Elle parait à la veille de voir ses efforts couronnés de succès. Par un esprit de prévision bien remarquable, le P. de Clorivière ne craint pas d'annoncer qu'elle va franchir les frontières de France, et imposer partout sa législation : « Le caractère de la Révolution présente, dit-il, est qu'elle doit être générale. » Les rois eux-mêmes s'en feront les fauteurs pour ne pas en être dévorés.

En présence de cet immense danger qui menace de soustraire tout le monde catholique à la royauté de Jésus-Christ, il importe de faire les derniers efforts pour démasquer Terreur. Par la parole et par la plume, le clergé découvrira a le faux des principes de la liberté et de l'égalité, et de tous les prétendus droits de Vhomme. » Le Concile, à son tour, les réprouvera et souscrira à la condamnation qu'en a faite le Pape Pie VI, dans son Bref du 10 mars 1791.

L'action du pouvoir civil ne sera pas moins franche et moins énergique, a Nous ne lui conseillerons pas sans doute, dit le P. de Clorivière, d'imiter les chefs de la Révolution et de faire même pour empêcher le mal, tout ce qu'ils ont osé faire pour empêcher le bien et en abolir la mémoire. Ce serait, comme eux, vouloir subjuguer l'opinion et dominer tyranniquement sur les consciences. Mais ces prétendus droits de Vhomme sont quelque chose de si pernicieux, que ce ne serait pas assez d'en avoir découvert le

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