LIVRE IV. CHAPITHEU
schismatïques de IdiConstitiidon ci file du c/cn/é, et cet abfme ne fut jamais franchi.
Cependant quelques rayons d'espérance commençaient à briller dans le ciel. \a\ Terreur était tombée avec celui qui en avait inaugurr^ le n^gne. Sans doute, la tranquillité ne revint pas en un jour. Une si furieuse tempête n'apaise pus si subitement ses flots. Plus d'une foisencore, la ])ersécution se ranima et Gt couler le sang des prêtres sur les échafauds, Mais, au milieu même de ces accès, on voyait que le règne de la violence toucbait à sa lin. (^)uelques églises s'ouvraient; les prêtres demeurés en France pouvaient se montrer; d'autres revenaient de l'exil; le vieux peuple chrétien, sortant de cette longue et sanglante orgie, se ressouvi'uail de son baptême, et sentait se réveiller au fond ili' son cœur le besoin de Dieu et de la religion. Le calme se fit surtout sentir dans les derniers mois de raniiée 1796, et continua l'année suivante, jusqu'au cnup d"état eoimu sous le nom de^/owrra^erfM 18 />'Mc/(V/o;'(4 septembre 1797). Le P. de Clorivière sortit plusieurs fois de sa retraite de Paris, pour aller encourager et consoler les siens.
Mais le 18 fructidor, an \', celle tranquillité relative fut brusquement interrtwiipue, et les traditions de la Convention reprirent le dessus. Les lois qui permettaient aux prêtres exilés de rentrer en France furent rapportées et n'inplacées [lar des lois nouvelles plus rigoureuses. La ilrrUirntion de soumission aux lois de in lirpubliqui' lil place au serment de haine à la rot/aitlé; et ceux des prêtres qui refusèrent de prêter ce serment furent condamnés
328 HISTOIRE DU p. DE CLORIVIERB
A ta déportation. C'est alors que le ciel brûlant de la Guyane dévora tant de victimes; l'échafaud se rcli'va aussi et fut baigné du sang de plus d'un martyr. Le P. de Clorivière dut rentrer dans sa rctraile pour y attendre la fin de la crise. Pendant CCS nouveaux loisirs, UDe de ses occupations principales parait avoir été la composition de cantiques spirituels. Il les écrivit surtout pour les enfants des catécliismes : les liuit béatitudes, le Pater no&ter, \c Symbole des Apôtres, les troisyertus théologales, la prière, la grâce, les commandements de Dieu, sont tour à tour développés avec une grande abondance de doctrine et une parfaite exactitude théologi(lii'.'. Des allusions fréquentes aux événements du (Icli<>['r4 se font jour d'elles-mêmes sous la plume du [loètc et trahissent ses préoccupations habituelles. L'arl n'est point absent de ces compositions, bien (|U(.' l'auteur ne paraisse pas en avoir fait recherche. On |iuurrait leur appliquer le jugement qu'il a luiniùmi; porté des cantiques spirituels du bienheureux Grignion de Montfort, dans la Vie du grand missionnaire. <t On doit reconiviitre, dit-îl, que M. lie Montfort y parle noblement de Dieu et des choses saintes, et que l'esprit de piété qui les a dictée, en y répandant la grâce et l'onction qui lut sont propres, a bien suppléé A ce qui pourrait y iiiaii(]iier du côté des règles de l'art'. »
La dernière date que nous lisions dans ce recueil est celle du 8 avril 1799. La persécution soulevée par le Directoire, à la suite du 18 fructidor, était ^ur le