LIVRE IV. CHAPITRE 111. ÏW
oflicial et vicaire général de Digne. (\m gardait auprès du nouveau Pape la confiance dont Tavail, honoré son prédécesseur'. Ils lui {',<)iiiiiiunî<[uèrent l'objet de leur mission. M. d'Auribeau goi'ita beaucoup le projet du P. de Clorivière et promit de Tappuyer. En e(Tet, il en parla à plusieurs reprises au Souverain Pontife; celui-ci s'en montra satisfait et parut disposé à l'approuver, en y faisant quelques modifications. I^e 19 janvier 1801, MM. Beulé el Astier furent introduits devant Sa Sainteté, en présence de M. d'Auribeau. Pie VII li'ur fit connaître alors ce qu'il avait déjà dit au grand vicaire de Digne :
0 1° Sa Sainteté saisirait toujours avee empressement toutes les occasions de favoriser de pieuses entreprises ;
« 2° Elle approuvait la forme de vie tracée daus le Mémoire, mais ce n'était pas le moment d'en donner une approbation publique; Elle la donnerait volontiers dans des temps plus calmes ;
a 3' On ne ferait que des vœux simples, et sous l'autorité de l'Ordinaire;
1. Pio VI l'avait chaîné, bous la direction de l'îlluatre cl savant cardinal Gerdil, de recueillir et de publier les difTérenls faJU qui pourraient servir à l'histoire ecclésiastique de r^tlc époque. Nous sommes redevables à ses travaux de quatre volumes qui cootiennenl des documents précieux. Les deux premiers, impiimés à Rome en 1794 et 1795, sont intitulés : Mémoires pour aervir à i'hhloirc dt la Peraéeution française, recueillis par les ordres de N. T. S. P. le Pape Pie VI, et dédiés à Sa Sainteté. Les deux suivants, iiuprimes aussi en Italie en 1814, oui pour titre : E.ilraitt de queli/ues Ecrits de Fauteur des Mémoires pour servir i) l'Histoire de la Persécution française. — GtiLLON, Les Martyrs de la foi, T. I, p. 15, note.
« k? Sa Sainteté autorisait à suivre ce genre de vie tous ceux qui le désireraient... »
Malgré certaines réserves, la mission de MM. Beulé et Astier était ainsi couronnée d'un succès considérable et presque inespéré. La petite famille pouvait donc se livrer à la joie, et après les incertitudes, les contradictions et les orages qu'elle venait de traverser, espérer de voir enfin des jours meilleurs et plus tranquilles. Mais c'est le propre des œuvres de Dieu, nées par la vertu de la croix, de grandir et de s'étendre à l'ombre de la croix.
(( Nous sommes sous le pressoir en toutes manières, écrivait le P. de Glorivière quelques mois plus tard. Depuis l'assurance que nous avons eue que le Saint Père approuvait notre manière de vie, et permettait à tout le monde de l'embrasser, il est incroyable combien Tenfer a pris de moyens pour nous détruire. »
Quelques royalistes avaient refusé d'adhérer au traité de pacification des provinces de TOuest, signé avec Napoléon Bonaparte, et s'étaient retirés en Angleterre pour y attendre l'occasion favorable de reprendre la lutte. Plusieurs d'entre eux, impatients de trop longs retards, exaspérés par le souvenir des maux que la Révolution avait fait souffrir à leur pays, et des violences atroces dont elle s'était rendue coupable, formèrent le criminel dessein de se défaire du Premier Consul ; ils vinrent à Paris et y préparèrent ce complot connu dans l'histoire sous le nom de complot de la machine infernale. On sait comment, le 3 nivôse (24 décembre 1800), Bonaparte, allant du Carrousel à TOpéra, et passant par l'étroite