‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 160 sur 315 · LIVRE IV. CHAPITUK IV. 'Mi · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITUK IV. 'Mi

■ a Je viens de lire le concordat, écrit-il le 21 septembre 1801; et mon cœur est navré de douleur. Cependant le dogme catholique est à couvert. Lia religion sera publiquement exercée ; bien des personnes pourront être secourues. Mais l'Kglise et ses ministres seront exposés à toutes sortes de vexations. Le Chef de l'Iîglise, en qui je révère Taulorité de Jésus-Christ, a le pouvoir de tolérer tout cela pour le salut dii peuple, le bieo de Tliglise et delà Religion. Je me soumets et ne veux rien examiner. Dieu sait tirer le bien du mal. Ce premier pas j)eut nous acheminer à quelque chose de mieux. »

Le concordat était signé; une année presque entière s'écoula avant sa publication. Cet intervalle de temps fut employé à déterminer la circonscription des nouveaux diocèses, à demander et à obtenir la démission des anciens titulaires, A discuter les listes que le gouvernement présentait au Saint-Siège et dans lesquelles il avait fait entrer, par des vues politiques, les noms de plusieurs évéques eonstitutionnels. En cette circonstance, la grande majorité de l'épiscopat français donna un exemple solennel de son respect pour le Vicaire de Jésus-Christ, et de sa soumission sans réserve aux décisions souveraines du chef des pasteurs. Quelques-uns crurent devoir opposer à l'ordonnance de Pie VII une réponse dilatoire; mais aucun d'eux ne fit schisme. Un. des premiers à résigner son siège fut l'arehevéque de Bordeaux, frère de M"" de Cicé. Les évé<|ue3 constitutionnels se montrèrent moins faciles; ils prétendaient même recevoir l'institution canonique sans aucune rétractation préalable de leur schisme. A la

fin cependant, ils condamnèrent la Constitution civile du clergé et acceptèrent, en le signant, le décret d'absolution que leur fit porter le Légat, a Ce n'est peut-être pas un grand bien pour eux, disait là-dessus le P. de Clorivière, car ils ont résisté tant qu'ils ont pu. Mais au moins l'apparence du culte constitutionnel disparaîtra, et la France sera catholique et gouvernée par des pasteurs légitimement placés. »

Tous les obstacles étant enfin levés ou aplanis, le concordat fut déclaré loi de l'Etat, le 8 avril 1802, et le jour de Pâques, 18 avril, il fut proclamé de la manière la plus solennelle dans Paris, aux applaudissements des fidèles qui, après de si longs jours de proscription, saluaient avec bonheur le retour public de la religion.

En vertu des provisions nouvelles aux évêchés récemment institués, Mgr de Cicé fut transféré du siège de Bordeaux à celui de Aix. L'ami du P. de Clorivière, Mgr Cortois de Pressigny, demeura sans juridiction épiscopale, le diocèse de Saint-Malo ayant été supprimé et réuni à celui de Rennes; sou autre protecteur le plus dévoué, le vénérable archevêque de Paris, Mgr de Juigné, fut aussi séparé de son église et remplacé par Mgr de Belloy, vieillard presque centenaire et ancien évêque de Marseille.

Dix-huit mois bientôt s'étaient passés depuis le procès de M"* de Cicé; les investigations les plus minutieuses n'avaient rien ajouté à ce qui avait été saisi dès le premier jour; M"** de Gouyon avait été mise en liberté sur un ordre exprès du Premier Consul, donné à la recommandation de Mgr Cortois

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