LIVRE IV. CHAPITRE IV
avait salué avec bonheur « ces croix qu'on renconlre partout sur les chemins, » et que la foi ot la reconnaissance se plaisent à multiplier! Le i^pcctaclc était plus doux au lendemain de la tempête qui les avait abattues et profanées.
En rentrant à Lyon, ils trouvèrent une ryponso qui les surprit. Mgr de Gicé se montrait prOt à leur permettre de donner des retraites aux communautés religieuses et au clergé, mais il redoutait les ministères plus éclatants qui s'adressent à tout le peuple. Le P. de Clorivière ne put s'empt^chor de s'en plaindre; néanmoins, dans la pensée que ces résolutions pourraient changer, il partit avec son confrère et ils arrivèrent à Aix dans les premiers jours de septembre. Conformément au programme qui leur avait été tracé, ils se mirent aussitôt à l'œuvre ; deux retraites données, l'une à des religieuses, et l'autre à des prêtres, réussirent au delà de toute espérance. L'arciievêque encouragé par ces débuts, leur assigna un plus vaste théâtre; il les dirigea vers Marseille.
Le siège épiscopal de Marseille, supprimé par le concordat, n'avait pas encore été rétabli et la ville était sous la juridiction de l'archevêque d'Aix; il en était de même de Fréjus et de Toulon. Le champ était immense. Beaucoup de prêtres auraient désiré une grande mission pour réveiller la foi, et ramener à l'Eglise et à la pratique de ses devoirs le peuple qui ne connaissait presque plus la religion; ou l'avait même annoncée dans une des paroisses de la ville. Mais l'archevêque, pour des raisons dont la suite fit reconnaître la justesse, persista dans son premier refus, malgré les succès précédents, et les mission-
Ste HISTOIRE DU P. DE CLORIVIBRB
naires durent se renfermer encore dans leurs ministères plus humbles. La retraite donnée aux religieuses de la Providence par le P. de Clorivière produisit de ti'ls fruits, que Mgr de Cicé voulut qu'il se chargeât eîKore de celle des prêtres.
l'n recevant cet ordre, le Père se retrouva en face de ses anciennes tentations de pusillanimité. Ce ji'r'Iait pas du reste sans quelque apparence de riii^oii. Aux exhortations plus familières de la Providoiico, il avait voulu joindre la prédication publique diiiis l'église de Saint-Martin; mais après quelques i:;ris;iis difficiles, il avait dû demander grâce et se ii'iirer. L'obéissance ranime son courage. La promesse (U's Saints Livres se vérifia pleinement en lui, et ■piclques jours après, il racontait ses victoires : <i Dieu a béni mon obéissance. Passé peut-être le premier et le second discours (dont cependant je ne irii' plains pas), il me semble que je n'ai jamais parlé (111110 manière plus libre et avec plus d'onction; Dieu iMi soit béni! C'est son ouvrage. »
ho Marseille, les deux missionnaires allèrent à Toulon, où M. Perrin eut enfm la consolation de donner l'essor à son zèle dans une grande mission ipil fut couronnée par les fruits les plus abondants; puis ils prirent le chemin d'Arles, en passant par Miirseille et par Aix; ce fut la dernière de leurs exrui.-iions communes. Le P. de Clorivière donna lieux retraites à Arles et, au mois de février i803, il revint se fixer à Aix, tandis que son compagnon se reuilait à Marseille pour y prêcher la station de (■;i renie.
lui venant en Provence, il avait eu la pensée de