Janvier
M. Defermon, et elle avait obtenu par son moyen une audience de M. Fouché. Forte de la justice de sa cause, elle se présenta résolument, quoique non sans émotion, chez le redoutable ministre. Mais à peine eût-elle fait entendre qu'il s'agissait du P. de Clorivière, et exposé Tinanité des motifs qui le retenaient depuis si longtemps en prison : a Madame, répondit d'un ton brusque et incisif le Ministre de la police, ceci ne me regarde pas. Le P. de Clorivière dépend absolument de la police du comte Real. » Et il ajouta ces paroles qui durent vivement étonner son interlocutrice : a Je vous dirais que j'ignore absolument pourquoi il est détenu, que vous ne me croiriez pas. Mais quand je vous dis que je ne puis rien pour lui, pas môme vous donner une autorisation de le voir, vous devez me croire; adressez-vous au comte Real. »
La même bienveillante entremise obtint à M"' d' Allérac cette seconde audience. Real, ancien substitut .du Procureur de la Commune de Paris, conseiller d'état sous l'Empire, avait eu une part prépondérante dans la découverte de la conspiration de Georges Cadoudal et de Pichegru, et dans son lugubre dénouement. Le nom de cet homme, ses antécédents . et sa réputation d'inflexible rigueur, n'étaient pas faits pour inspirer une grande confiance. L'entrevue fut encore plus brève que la précédente. Dès les premiers mots prononcés en faveur du P. de Clorivière, le directeur de la police générale interrompit brusquement M"'* d'Allérac : « Oui, dit-il, il est au Temple, et il y restera; c'est décidé; car c'est uu vieux fou. » Ces paroles étranges furent relevées