LIVRE V. CEAPITRE II
première communion. « Je suis ravi, écrivait le P. de Clorivière, <Ie ses sentiments, do sa foi, de sa , charité. »
A la demande du Souverain Poiitifo, vtnu en France pour le sacre de l'Empereur, M. Christine d'Yverdun fut remis en liberté, quelque tL^mpa après, avec M. de Vernègues, autre attachi- d'ambassade au service de la Russie, pareille iiif ni renfermé au Temple pour satisfaire l'animcsitt! de Napoléon contre la Gourde Saint-Pétersbouifî'.
Les catholiques n'étaient pas l'ubjot d'un zèle moins empressé. Le P. de Clorivière en ramena plusieurs à la pratique de leurs devoirs trop oubliés au milieu des préoccupations des affaires ou des luttes politiques. Il demande souvent à sa correspondante qu'elle lui envoie des mt'ilailles, des croix, des chapelets, quelques livres de doctrine et surtout des catéchismes, « mais des anciens, dit-il, car lo catéchisme actuel ne me plait guère. » C'était celui qui venait d'être imposé, par décret, A tout l'Empire. M"" de Soyecourt, la supérieure des Carmélites de la rue de Vaugirard, lui avait envoyé un beau crucifix. « Je n'ai pas cru pouvoir me l'approprier, dit-il. Je l'ai donné à un bon prêtre, à qui je l'avais
1. M. Christine retourna en Russie, l'mporUnt une lettre de recommandation du P. de Clorivière pour le P. Généi-al du la Compa^ie de Jésus. Co fut le P. Lustyg, vicaire général, qui la reçut, le P. Grûber venant de mourir. Le P. Lustyg accueillit avec une grande bienveillance le messager, et le reruil, sur sa demande à lui-même, entre les mains d'un sage directeur. La conversion de M. Christine fut solide et durable; il mourut à Moscou entre 1830 et 1840. (Voir dans le Contemporain, janvier 1878, un arlicle du P. Gagarin sur m. Chrisline : Un Suisse au service de la Russie.)
destiné et qui m'en a fait faire bien des remerciements ; car il est timide et n'ose m'approcher, depuis que quelqu'un du dehors lui a insinué qu'il se rendait suspect en me voyant... »
Sa charité s'étend à tout le monde. <t Je vous recommande, écrit-il, un pauvre homme, qui faisait ici nos commissions et qui est actuellement grièvement malade. Je lui ai fait dire de se confesser. Mais la chose est bien aventurée. j> Plusieurs détenus trouvèrent à ses pieds le pardon de leurs fautes et la paix de la conscience. Ces œuvres consolaient le captif et lui rendaient même aimable sa captivité. On lui parlait un jour de nouvelles démarches en sa faveur : « Je suis bien où Dieu m'a placé, réponditil; il s'y fait quelque bien qui ne se ferait pas ailleurs. j>
Cependant son zèle était loin de pouvoir se répandre en liberté, et cet apostolat exercé comme à la dérobée n'occupait qu'une faible partie de ses longues heures. Vers la fin de la Révolution, écrivant à un prêtre de la Société du Cœur de Jésus, il lui (lisait : « Si votre retraite vous procure un peu plus de loisir, il ne sera pas perdu pour la gloire de Dieu et pour votre avancement dans la voie de l'esprit. Donnez plus de temps à l'oraison, à l'étude, et surtout à la lecture des Livres Saints. ]d
C'était le programme qu'il s'était tracé à lui-même pendant sa réclusion de la rue Cassette et qu'il continua de suivre au Temple. Sa prédilection pour la Sainte Ecriture remonte, on s'en souvient, aux premiers temps de sa vie religieuse. Depuis lors, il n'avait jamais cessé de recourir à cette mine inépui-