LIVRE V. CHAPtTBB II
sable où, sous la direction des docteurs ot le contrôle de l'Eglise, le prêtre doit puiser et li>^ oiiscignements que son ministère lui fait un devoir ilc distribuer aux âmes, et les leçons et les lumières dont il a besoin lui-même pour nourrir sa piété et éclairer ses propres voies.
Parmi les divers travaux qui roccupèrent au Temple, les uns étaient nouveaux ; les autres étaient une retoache ou un complément d'études déjà commencées, et auxquelles il ne manquait plus que la dernière main. Ce fut VExplicalion des Epitres de saint Pierre qui attira ses premières préférences : c'était une œuvre entière uiont nouvelle. Il l'entreprit avec une ardeur et une coi isolation particulières, qui naissaient de sou tendre Rmour et de son dévouement filial pour le chef visible de la sainte Eglise.
Il la mena rapidement, dans l'espérance de pouvoir en offrir la dédicace au Souverain Pontife ■venu en France pour le couronnement de Napoléon. Mais quelle que fût sa diligence, il ne put la terminer à temps. Avant de la livrer ù l'impression, il voulut la soumettre à une censure éclairée ot s'adressa, dans ce but, à un vénérable prêtre de la Compagnie de Saint-Sulpice. Celui-ci, ne put eu prendre qu'une connaissance rapide, et renvoya l'auteur à deux anciens Jésuites, M. d'Espinasse et M. Dclpuits. « Je vous les indique, disait-il, parée qu'ils ont l'un et l'autre des lumières, une grande |iiété, et que leur suffrage sera d'un poids important. ><
M- d'Espinasse était alors chanoine de l'Eglise de Paris; il accepta de rendre le service qu'on lui
demandait; quelque temps après, il envoya sa réponse; c'était celle d'un ami et d'un bon juge^ A part quelques réserves, faites avec autant de courtoisie que de sincérité, le critique ne trouve qu'à louer, a L'article des impies moqueurs et charlatans, illusoires (II Pet. m, 3,) est parfait et pas trop long. Les malades aiment les longs détails de la part de leurs médecins. Ce charlatanisme infernal, (philosophisme, Voltairianisme et incrédulité) est, depuis 1750 surtout, la maladie qui a tué la France et gangrené l'Europe; nous n'en sommes pas guéris. Prêchons donc souvent, fortement et même longuement les malades ; c'est pour leur bien ; ils ont été bien châtiés, mais pas convertis; peut-être cela viendra-t-il ; votre ouvrage peut au moins les mettre sur la voie... »
Cette lettre était, en somme, une invitation à donner l'ouvrage au public. Le P. de Clorivière s'occupa de réunir un nombre suflisant de souscripteurs. Mais ses démarches et celles de ses amis n'amenèrent qu'un résultat insufRsant : sa condition
1. Pendant la Révolution, M. Synchole d'Espinasse avait administré le diocèse de Paris, de concert avec MM. Emery et de Malaret. En 1811, il fut nommé doyen du Chapitre métropolitain de Notre-Dame, et il s'éteignit en 1817, plein de jours et de vertus. — Cf. France pontificale, Paris, T. II, p. 52.
M. Delpuits (Bourdier-Delpuits) était aussi un ancien Jésuite. Quelques années après la suppression de la Compagnie en France, Mgr de Beau mont l'avait accueilli dans son diocèse, et Tavait pourvu d'un canonicat dans la collégiale de Saint-Sauveur, à Paris. Le P. Delpuits est le célèbre fondateur de la Congrégation autour de laquelle on fit tant de bruit dans les premières années de ce siècle. Il mourut le 15 décembre 1811. — Cf. Notices historiques... T. Il, p. 22.