‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 185 sur 315 · LIVRE V. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE II

de prisonnier d'Etat inspirait peut-être de la défiance. Ce ne fut qu'en 1809, après sa mise en liberté, qu'il reprit son projetât publia l'Explication des Epiires de saint Pierre. Même alors les difficultés ne firent pas défaut. L'occasion, à vrai dire, était peu favorable pour commenter les leçons du premier Pontife romain. Le vénérable Pie VII, son successeur, était prisonnier à Savone, en attendant le jour où il plairait à son orgueilleux ennemi de le transférer à Fontainebleau. C'est à cause de cette situiUion, et pour ne pas irriter des susceptibilités jaIouïJi.'s, que le P. de Clorivière n'osa pas dédier son livre au Saint Père. Malgré cette réserve, l'ouvrage ne fut pas du goût des censeurs gouvernementaux, et l'auteur nous apprend, dans une lettre au Général de la Compagnie de Jésus, qu'il n'était pas permis de le répandre librement dans le public. Mais rinterdietion ne fut pas absolue, ni perpétuelle et, en écliange de ces rigueurs, VExplication des Epîlres de saint Pierre conquit de précieux suffrages au milieu même des rangs des Princes de l'Eglise. Composée dans une prison d'Etat, elle consolait, dans leui- prison d'Etat de Fenestrelle, a le cardinal Paccii et ses compagnons d'infortune, qui en faisaient leur lecture de piété et la goûtaient beaucoup. » Le P. Général de la Compagnie écrivait de son côté au P. de Clorivière « qu'il lisait le même commentaire et qu'il en était extrêmement satisfait', d

1. Lego prmclarum commenlarium, cujus argitntetttum et pertraetalio temporibug no$tris valde aecommodata esrimic mihi placent. (Letire du P. Général au P. de Clorivière, 2i septembre 1811.)

V Explication des EpUres de saint Pierre ne fut qu'une interruption momentanée, et une sorte de diversion, à un autre ouvrage beaucoup plus considérable, VExplication littérale du texte de V Apocalypse, qui fut pendant près de vingt ans, comme le travail de fond du P. de Clorivière. On n'attend pas que nous entrions dans une analyse détaillée de ce commentaire, ni que nous suivions Tauteur dans Texposé du système qu'il a cru devoir adopter; il suffira de dire ce que demande l'intégrité de notre récit.

a J'avais lu diverses fois, dit le P. de Clorivière. des commentaires sur l'Apocalypse et l'Apocalypse elle-même, sans y trouver ce que je cherchais : l'histoire prophétique de l'Eglise ; je n'y voyais que confusion; il n'en restait point de traces dans mon esprit. Dix années et plus s'écoulèrent sans qu'il me vînt seulement à l'esprit de percer les ténèbres de ce livre.

« Mais la Révolution arriva ; je crus y voir des indices de la défection de la gentilité chrétienne. Les horreurs auxquelles on s'est porté contre notre sainte religion, le massacre des prêtres en 1792 me confirmèrent dans cette pensée, et peu de jours après, ayant été contraint de quitter pour quelque temps la capitale, je crus devoir m'appliquer entièrement à la lecture de l'Apocalypse, en ne négligeant aucun des moyens que je crus nécessaires pour en recevoir quelque intelligence, s'il plaisait au Seigneur de m'accorder cette faveur. Après une lecture réfléchie et plusieurs fois répétée de ce livre divin, je crus en avoir saisi l'ensemble. J'y voyais bien des

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