‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 190 sur 315 · LIVRE V, CIIAriTIlE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CIIAriTIlE III

premier état, ce qui n'empèclia pas le Ministre, en rendant compte de l'exécution du décret du 22 juin, de dire à Napoléon a qu'il recevait succesaivement des preuves de la dissolution de la Société du Cœur de Jésus, s et en témoignage, a il adressait à Sa Majesté la déclaration que l'évoque d'Orléaus (Mgr Bernier) venait de lui adresser h lui-ni(^me, et qui lui avait été envoyée par un pn'tre appartenant à cette Société', s

La présence du Souverain Pontife ;\ Paris inspira au P. de Clorivière la pfnséc de solliciter une nouvelle approbation. Dans celle vue, il dressa un Mémoire que Mgr Pisani de la Gaude, évêque de Namur, se chargea de pri'senter au Saint Père. Pie VII le reçut avec bonté et ratifia fout ce qu'il avait accordé trois ans au]iaravant.

Dans son Mémoire, le P. de Clorivière avait dit à l'honneur de ses enfants qu'ils avaient paru « prendre, au milieu de la difficulté des temps, une vigueur et une force nouvelles, a Mais l'épreuve se prolongeant, cette constance se ralentit. Quelques membres de la Société dii Cœur de Jésus se laissèrent ébi"anler. lis eurent peur, ou de rester dans une Société condamnée, pensaient-ils, à périr, parce qu'elle était privée de soiichef, oudc se compromettre vis-à-vis du pouvoir civil, ou encore de déplaire à leurs évoques dont plusieurs, surtout depuis la proscription de toutes les associations religieuses non légalement autorisées, ne vovaicnt qu'avec inquiétude et défiance l'œuvre du P. de Clorivière. 11 faut

1. Discours, rapports et traratix itiMitu sur le Concordat de 18(H.3«part., p. «1.

ajouter encoro que le vrai motif de l'incarcération de celui-ci n'était pas exactement connu de tous, et que plus dun l'attribuait à l'établissement de sa Société.

Un des plus influents parmi ceux qui manquèrent^» au moins momentanément, de courage, était M. Beulé. En 1807, il annonça au P. de Clorivîère qu'il se retirait, ajoutant que, déjà même, il avait cessé de renouveler ses vœux. Aucune nouvelle ne pouvait être plus sensible au cœur du captif. 11 écrivit sur le champ une longue lettre dans laquelle il s'efforçait de réfuter les raisons, ou plutôt les prétextes, mis en avant' par M. Beulé pour justifier sa rupture; il appuyait avec insistance sur l'approbation donnée à lui-même par le Souverain Pontife, et en relevait la haute valeur et la portée. En terminant, il faisait au prêtre trop timide l'appel le plus paternel et le plus pressant. 11 lui rappelait tant de voyages entrepris, tant de dangers courus pour le bien de la Société et, <( par le cœur de la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, et par celui de son divin Fils, » il le conjurait de revenir à ses premiers engagements. c( Jusqu'à ce que vous ayez répondu favorablement à ma requête, poursuivait ce vrai père, je ne cesserai point d'importuner le ciel, et j'engagerai d'autres âmes qui valent mieux que moi à faire la même chose. »

La date même de sa lettre avait son éloquence. C'était l'anniversaire du jour où, dix-sept années auparavant, il avait été éclairé de cette lumière soudaine qui fut la première origine de la Société du Cœur de Jésus; il Ténonça en toutes lettres : « Ce 19 juillet, jour de saint Vincent de Paul, 1807. y>

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