‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 192 sur 315 · LIVRE V. chapithe m · texte numérisé non relu

LIVRE V. chapithe m

il faut la désirer d'une maiiiùre paisible et parfaitement soumise à ta volonté de Dieu. C'est à cause de Dieu, c'est parce que Diou le veut, et non pas précisément pour notre propre excellence, qu'il faut nous efforcer de devenir chaque jour plus parfaits. Ce n'est pas sur nos efforts qu'il faut compter, mais sur Dieu, sur ses miséricordes et sur ia puissance de sa grâce...

« Nous ne devons pas in'gliger nos soins et nos travaux; mais si nous y mettons de l'empressement, si nous nous rebutons des obstacles, si nous ne nous contentons pas des moyens extérieurs et des secours intérieurs que Dieu nous donne, si nous en désirons d'autres avec quelque sorte d'impatience, si nous nous affligeons immodérément de certains défauts que Dieu nous laisse souvent pour nous éprouver, si nous nous abattons et nous décourageons du peu de progrès que nous faisons; si nous agissons avec trop d'activité, si nous voulons prendre toute sorte de moyens parce que tels ou tels saints s'en sont servis... avec ces imperfections, qui ne sont pas aussi légères qu'on se l'imagine, on ne parviendra jamais à la perfection. Que le désir que vous en avez soit doux et paisible,... supportez-vous vous-même avec beaucoup de patience, et quoique Dieu diiïère longtemps à vous exaucer dans les choses même les plus nécessaires à la perfection, ne vous troublez pas,... attendez ses moments avec persévérance et longanimité', d

Bien qu'il fût d'un naturel vif et ardent, le P. de

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Clorîvière était rennemi de la précipitation. Outre qu'elle retarde souvent les affaires au lieu de les avancer, cette activité impétueuse et mal réglée dérobe le mérite d'une infinité d'actions, elle ravit l'âme à elle-même et trouble sa paix. Or rien n'est préférable à la paix; les désirs les meilleurs en apparence doivent lui être sacrifiés...

a Dès que vous apercevez en vous, écrit-îl, quelque désir, même bon, même involontaire, qui vous agite et trouble votre paix, retranchez-le sans pitié, brisez-le contre la pierre comme les enfants de Babylone. Un Fiat universel et fortement prononcé en union avec Jésus et Marie. Je dis ceci à tous : Omnibus dico\ » Et une autre fois : a Souvenezvous de ces deux belles paroles du P. Huby : Acquiescemeiitj dégagement. Acquiescez de cœur et d'esprit, doucement, tranquillement, paisiblement, à toutes les volontés de Dieu sur vous; dégagez-vous de tout ce qui pourrait vous troubler et rendre moins parfait votre abandon entre les mains du Seigneur^. »

11 aimait cette maxime qui était pour lui le résumé de toute la perfection, et il la répétait souvent. 11 ne se lassait point d'inviter les ômes à s'affranchir d'elles-mêmes et des impressions mobiles des créatures, pour ne regarder que Dieu, à mourir à la vie naturelle pour vivre de la foi et se reposer en Dieu dans une parfaite conformité de volonté. C'est le caractère dominant de sa vie, et le côté le plus sail-

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