‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 194 sur 315 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

406 HISTOIBE DU P. DB CLOniTIÊRB

faites bien de supporter patiemment toutes les misères que vous reconnaissez en vous-même. Quelque grandes qu'elles soient, elles ne vous nuiront point et entreront même dans l'économie de votre salut, si vous vous en humiliez profondément sans vous troubler. Le divin Epoux pourrait vous en délivrer tout d'un coup; mais il les laisse subsister à dessein, comme il laissait subsister le Philistin au milieu des enfants d'Israël, afin que le combat que vous avez sans cesse à soutenir vous tienne en alerte et vous empêche de tomber dans la présomption ou l'inaction, et qu'il vous fournisse la matière inépuisable d'actes de vertu'... n

Et à une âme peu généreuse, que sa pusillanimité jointe au sentiment de ses infidélités exposait au péril de retourner en arrière : « Ne vous troublez pas de vos faiblesses et misères personnelles, soit présentes, soit passées... L'âme ne doit jamais se considérer comme isolée, mais toujours en union avec Jésus- Christ, avec qui elle ne fait qu'un même tout devant Dieu, quand elle veut sincèrement être à lui... C'est parce que vous ne vous considérez pas sous ce point de vue que vous êtes sujette aux inquiétudes, aux craintes, aux scrupules... Allez droit à Dieu par l'amour, l'espérance et la foi; c'est le grand chemin de Jésus-Christ'. »

Quelquefois cette fausse humilité va jusqu'à éloigner de la sainte table; grande illusion. On se regarde en soi-même et il faut se considérer en

i. 6 mai 1799.

Page 1