‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 197 sur 315 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pu ZÈLE DAN| LA SOCIÉTÉ DU GŒUR DE JÉSUS.

a Quelque part que je jette les yeux sur les hiembres de la Société du Cqeur dé Jésus, disait le P. de Clorivière, dans une de ses lettres communes, je n'en vois aucun qui ne remplisse ses fonctions avec zèle, et qui ne soit compté par ses supérieurs parmi les ouvriers les plus distingués. »

■ « Ils font merveille disait aussi M"' de Cicé, partout ■où ils sont établis. » Et en 1820, l'archevêque de Besançon les recommandant à l'archevêque de Tours : « Partout, où j'ai vu cette Société établie, jel'ai vue faisant beaucoup de bien avec intelligence et simplicité. »

Le diocèse de Rouen en comptait alors plusieurs, dont le souvenir est demeuré en estime et en vénération. La vie d'un de ces dignes ouvriers a été publiée. î^on historien ne craint pas de le présenter comme « un prêtre qui a honoré son ministère par une piété solide, une pauvreté tout évangélique, une mortification continuelle, un désintéressement ii toute épreuve, et un zèle ardent qui a été comme le cachet de toute sa vie', o C'est M. l'abbé Lefebvre, doyen de Darnétal, mort en 1849.

i. Vie de M. Cabbé Lefebvre, doyen de Damélal, par M. l'abbé GoDEFROï, curé de NoIre-Dame-de-BoD-SecourE, p. vi.

412 HISTOmE DU r. DE CLORIVIÈAE

A l'époque de la Révolution, après avoir, encore laïque et tout jeune homme, ramené à l'unité de l'Eglise deux prêtres constitutionnels, il était allé sur une terre étrangère chercher la grflce du sacerdoce. Quand il revint eh France, la persécution commençait à se ralentir, mais les prêtres n'avaient pas encore pleine liberté de se montrer au grand jour. Il eut le bonheur de rencontrer M. Simon, et se mit sous sa conduite. M. Simon, édifié de sa vertu, lui parla de la Société du Cœur de Jésus; M. Lefebvre sollicita aussitôt son admission, et bientôt on le compta parmi les plus fervents. Après le Concordat, l'archevêque de Rouen, le cardinal Cambacérès, le nomma curé de Saint-Aubin, près d'EIbeuf. C'est là que M. Lefebvre fit éclater toute l'ardeur de son zèle. L'ignorance religieuse dissipée par une prédication assidue, par des catéchismes fréquents qu'il savait faire agréer non seulement des enfants, mais des grandes personnes et des vieillards eux-mômes, les mœurs ramenées à la pureté chrétienne, la fréquentation des sacrements et le culte divin remis en honneur, de pieuses associations d'hommes, de femmes, de jeunes fdles et d'enfanls érigées, tout cela forme seulement une partie des œuvres entreprises par cet homme apostolique. Sa réputation de sagesse et de sainteté attirait auprès de lui les prêtres du voisinage, et son presbytère était comme une maison de retraite où il donnait perpétuellement les exercices spirituels. Des laïques eux-mêmes, et parmi eux l'auteur de sa vie cite le duc lîugène de Montmorency-Laval, venaient humblement lui demander des leçons. Son presbytère était encore une école où, avec le concours

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