‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 204 sur 315 · LIVRE V. CHAPITRE V. mi · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE V. mi

vertus chrétiennes, prendre la place île la licence et de tous les désordres qui sont la suite inévitable de l'irréligion, n

Cette seconde captivité dura près d'une année. Enfin après tant de retards et de promesses mal gardées, le gouvernement se lassa de retenir plus longtemps un vieillard à la charge duquel il avait été impossible, malgré toutes les enqui'tes ouvertes ou cachées de la police et des tribunaux, de rcliver une démarche, une parole qui pût justifier les rigueurs dont il était l'objet, et il lui rendit sa pleine liberté; c'était le 11 avril 1809, cinq ans moins quelques semaines après son arrestation.

Le P. de Clorivlèrc avait alors soixante-quatorze ans; mais ni l'Age, ni les travaux, ni les fatigues de tout genre n'avaient abattu son ardeur; ses forces mêmes, à part quelques brèches sans importance, causées surtout par le repos prolongé de sa détention, étaient robustes et entières. Il devait vivre encore assez pour achever de mettre la main aux a grandes choses » que lui avait annoncées autrefois la Providence.

En sortant de prison, il put constater avec reconnaissance que son œuvre, malgré un premier moment de surprise et quelques défaillances, n'avait pas cessé de grandir, bien que lentement et i> petit bruit. Dansquelques diocèses, elle était explicitement reconnue et encouragée par les premiers pasteurs; elle n'avait, en d'autres, qu'une approbation tacite; l'autorité épiscopale se contentait de la tolérer et semblait l'ignorer.

Le P. de Clorivière en reprit la direction sans

êcifil. Il alla porter à plusieurs réunions sesconseiU et ses encouragements. Nous le voyons d'abord en Bretagne, où il travaille à dissiper, par ses lettres, les piiheations des évoques de Rennes et de Sainte Brieuc. En 1813, il passe en Normandie, et prêche une retraite au grand séminaire d'Evreux, dont le supérieur est un prêtre de la Société du Cœur de Jésus.

Cepondant cette petite Société ne devait pas subsister longtemps. Privée bientôt de la direction de son fondateur, absorbé par d'autres devoirs, presque toujours contrariée dans son développement, elle iitia s'atîaiblissant de jour en jour, à mesure que disparaissaient sans être remplacés, ceux qui en avaic-nl fait d'abord partie. Mais si courte que fut son existence, nous avons vu qu'elle ne manqua point de grandeur et qu'elle ne fut pas sans exercer une heureuse et féconde influence. Ses martyrs, ses confesseurs de la foi, ses prêtres admirables qui dans l'enseignement, dans la formation du clergé, dans luus les ministères de la vie sacerdotale, ont au (.'uniniencement de ce siècle et jusqu'au milieu des plus mauvais jours de la Révolution, travaillé avec tant de zèle et fait briller de si éclatantes vertus, sont dignes des plus beaux temps de l'Eglise. C'est assez pour justifier, s'il en était besoin, la mission confiée au P. de Clorivière et l'ardeur infatigabk- du serviteur de Dieu, à répondre, malgré tous les obstacles et toutes les persécutions, aux desseins de la Providence.

\ii\ ijuittant la maison de santé de la Barrière du Trône, le P. de Clorivière avait reçu l'hospitalité

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