LIVRE VI. CHAPITRE I
Or, en atteudanf la pleine riJsolutinn fie ces desseins, le P. de Cloriviùrc m- pouvait-il pas voir, dans la Société de la Foi do Jésus que le P. Varin venait d'introduire on France, un moyen de liûter le terme de ses espérances? Ne pouvait-il pas entraîner à sa suite un certain nombre des membres de ta Société du Cœur de Jésus, et apporter ainsi aux Paccanaristes, avec l'appoint de son crédit, un surcroît de force et de eoosidération? Pour (''farter ce qu'il aurait eatinii' une faute ou un malheur, le P. Virginie crut devoir éclairer le P. de Clorivièrc, ot l'engager à se niuitre en garde contre les sollicitations qui pourraient lui être adressées. Sa lettre résume bien la situation telle qu'elle était à cette époque avant la rupture ouverte; à ce titre, il nous paraît utile de la rap|iorter, du moins eu partie'.
« Vienne r-ii Aulrii'lii), E(tlï-'fi ititlionuu, î iinir» ISUl,
« Mon très Révérend Père en J.-C,
a II y a bien longl<nips que jo BOiibaitais et que je recbcrcbais une oci'asion srtre de pouvoir me rappeler h votre souvenir, et vous entretenir à loisir de plusieurs objets intéirssants.
a Vous avez été liishuit, mon très Uévorend Père, de ce qui concerne la SuL'iélé de la Foi de Jésus. Les rapports qu'il est naturel que vous deviez avoir avec cette Société in'i.'iig{igent à vous communiquer (nu risque de vous rci)étcr ce que vous savex peiit-
i. Ctlle letlrc est ûcrile en Tranfiiis; on ne sera donc pus rlonné d'y reconnailre une main litrangère. Nous ne iioun sonirurs pcimis que quelques rclouclies, ]>luji i'i;;oiirL-use nient <)i.>inundL'ca par la syniaxe.
être déjà), quelques détails qu'il est essentiel que vous n'ignoriez pas.
a Le P. Paeccarani, par l'entremise de Mgr Marotti, secrétaire de Pie VI et de Pie VII, ex-Jésuite, très affectionné à la Compagnie, avait obtenu de Pie VI plusieurs rescrits qui semblent renfermer une approbation indirecte de sa Société... Après avoir obtenu ces rescrits ex audientia Sanctissimi, après avoir reçu par le moyen des ex-Jésuites d'Italie des lettres de recommandation, des secours, de l'assistance de tout genre, il vint ici pour opérer la réunion et incorporer dans la sienne la Société du Sacré- Cœur. En arrivant, il déclara, en parlant à quelques ex-Jésuites et à plusieurs personnes distinguées et attachées à la Compagnie, ce qu'il avait déjà dit auparavant aux ex-Jésuites d'Italie, c'est-à-dire : qu'il n'avait aucun doute sur la légitimité des Jésaites de la Russie, et qu'il désirait par le moyen de sa Société leur préparer des maisons et des sujets, afin qu'ils pussent se dilater et sortir du cercle étroit dans lequel ils étaient enfermés, n'ayant point de maisons hors de la Russie-Blanche dans ce temps-là. 11 fit même quelques démarches qui semblaient indiquer un désir de s'unir à eux. Néanmoins, quelque temps après, il commença à laisser entrevoir avec quelqu'un quelques doutes que les Jésuites de la Russie ne fussent des réfractaires. On aperçut ensuite, dans quelques-uns de ses élèves, un fond d'opposition envers les anciens Jésuites, qui semblait presque aller jusqu'au mépris; et j'ai des preuves directes que le P. Paccanari entretenait cette opposition. Je sais, à n'en pouvoir douter,