‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 219 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE I

sa lettre, il me charge de veiller en sa iiliicc à ce qu'on peut faire à présent pour le rétablissement de la Société en France, de l'informer en particulier de tous ceux qui sont à Paris. Je ferai plus, je lui parlerai de tous les Jésuites français que je pourrai connaître, tant en France que dans les pays étrangers. Vous serez le premier nommé avec le P. Fontaine, et je t'engagerai à faire revenir en France tous ceux qui seront encore en état d'y revenir; nous en avons le plus grand besoin ; car nous sommes tous vieux et caducs. Vous me direz que vous l'êtea aussi; vous ne Têtes pas au point de ne pouvoir rien faire ; votre présence seule serait très utile; uu Jésuite travaille pour la gloire de Dieu jusqu'au dernier soupir, et ne se repose que dans le tombeau. j>

Le P. Fleury ne pouvait guère se refuser à une invitation si pressante et si cordiale. Mais il appartenait à la Province d'Angleterre, dans laqui;lle il avait été incorporé en 1766, et où il avait renouvelé sa profession en 1805. Le P. Général seul avait le droit de l'en retirer pour l'appliquer ailleurs; il répondit qu'il s'en remettait à la décision qui lui viendrait de Russie. Le P. de Glorivière n'attendait pas autre chose. Il écrivit aussitôt à Saint-Pétersbourg, et, le 2 octobre suivant, il mandait l'i son ami :

« Mon aimable et Révérend Père,

a Le Père Général, touché de nos besoins, me charge de vous prier de venir nous aider en France au rétablissement ds notre commune mère, et de vous dire que vous ferez en cela une chose qui lui sera très agréable, et par laquelle vous témoignerez

Tamour que vous avez pour notre sainte Compagnie* Ainsi nous vous attendons le plus tôt qu'il vous sera possible. Vous pourrez descendre me des Postes, près V Estrapade, n** 18 ou 20 ; vous y trouverez des frères qui vous recevront à bras ouverts; un vieillard octogénaire leur en donnera l'exemple, et fera tout ce qui sera en son pouvoir pour adoucir les fatigues de votre vo3^age. »

Le P. Fleury ne put pas venir. Le P. Stonc, Provincial, réclama auprès du P. Général; il fit valoir les besoins de sa Province, le petit nombre des ouvriers, la difficulté de remplacer le P. Fleury, qui avait alors le soin de la communauté catholique de New-Hall, et il obtint de le garder. Les négociations n'aboutirent pas davantage, au moins pour le moment ^ par rapport aux PP. Fontaine et Simpson; et le P. de Clorivière demeura seul, à Tâge de quatrevingts ans, pour entreprendre, diriger et conduire à bon terme l'œuvre du rétablissement de la Compagnie de Jésus en France.

A défaut d'anciens Jésuites, il trouva d'autres auxiliaires. Au moment môme où il recevait du P. Général les lettres qui l'investissaient de sa mission, le P. Varin, fatigué des longs retards qui s'étaient opposés jusque-là à son entrée dans la Compagnie, était sur le point de partir pour Saint- Pétersbourg. Il se proposait de demander au P. Brzozowski de vouloir bien charger quelque Père en France du soin d'examiner et d'admettre les candidats, ainsi que cela venait d'être établi en Belgique, où Sa Paternité avait donné le titre et les pouvoirs de commissaire au P. Henri Fonteyne,

Page 1