‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 225 sur 315 · LIVRE IV. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE II

« qui leur appartient éminemment; déjà, je vois tout « près d'un grand fleuve, dans la florissante cité « dont vous serez le Pontife, une jeunesse nombreuse a et brillante se presser autour de ses nouveaux (c instituteurs. t>

Ces étranges paroles, prononcées avec tant d'assurance, laissèrent M. d'Aviau muet et interdit; il refusa d'abord d'y croire, tellement elles lui paraissaient extraordinaires et hors de toute vraisemblance; mais peu à peu, à mesure que se déroulaient les événements, dans Tordre et dé la manière qu'ils avaient été prédits, il cessa de se montrer incrédule; et vers la fin de sa vie, après l'entière et « littérale réalisation de cette espèce de prophétie, il n*en parlait, continue son historien, qu'avec une sorte de respect; il sentait, par tout ce qui était arrivé, que Dieu s'était manifesté à son serviteur; aussi lorsqu'il récapitulait ses souvenirs les plus délicieux, ne manquait-il pas de donner une large place à celui que nous venons de raconter ^ . »

Le P. Debrosse fut nommé supérieur du nouveau collège qui s'ouvrit, le jour de la Toussaint, à côté du grand séminaire et dans le même local. - Une autre colonie, sous la conduite du P. Pierre Béquet, se dirigea du côté du Poitou, où elle était appelée par Mgr Bragousse de Saint-Sauveur, et elle prit la direction du petit séminaire de Montmorillon. Enfin quelques Pères, ayant à leur tête les PP. Gloriot et Gury, se rendirent à Soîssons, où Tévèque, Mgr Le Blanc de Beauliêu, autrefois engagé

i. Vie de Mgr d*Aviau, par M. Lyonnet, T. I, çh. vu, pp. 110 et 8uiv.

dans le schisme constitutionnel, mais depuis longtemps revenu de son erreur, les avait demandés avec instances pour leur confier son grand séminaire.

L'enseignement de la jeunesse est un des principaux ministères de la Compagnie. On peut dire que les amis des Jésuites s'en étaient trop souvenus. Dès les premiers jours, leurs instances avaient été si vives, que le P. de Clorivière avait dû faire violence aux règles ordinaires, et envoyer dans les nouveaux collèges des hommes dont les plus anciens comptaient à peine quelques mois ou quelques semaines de noviciat.

Il avait gardé auprès de lui tous ceux qu'il avait pa retenir. C'étaient les PP. Varin, Roger, Boissard, Ronsin, Druilhet, Thomas, Cuënet, les trois frères Valentin, Louis, Alphonse et Jules, etc., un petit nombre de scolastiques et quelques frères coadjuteurs. 11 choisit le P. Varin comme Socius ou compagnon pour la correspondance, les relations avec le dehors, le gouvernement général des maisons, et nomma le P. Cuënet maître des novices, mais en réalité il ne lui laissa qu'un rôle auxiliaire. Malgré son &ge et ses nombreuses occupations, il ne voulut se décharger sur personne d'un emploi si important, plus important encore dans les circonstances actuelles, puisqu'il était le seul qui connût les méthodes et les usages de la Compagnie. C'est lui qui entendait les confessions des novices, qui recevait leurs comptes de conscience, et trois fois par semaines leur faisait des conférences ou exhortations sur les règles ou d'autres sujets spirituels. La discipline était sévère, les relations avec te dehors

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