‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 232 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE III

aux Nôtres les marques du plus grand attachement et témoigné le plus vif désir de les voir bientôt revenir ^ » Les députés de Franche-Conté voulurent aussi cappeler les Jésuites dans leur ancien collège de l'Arc, à Dôle. Le P. de Clorivière, qui regardait cet établissement, dit le P. Varin, comme un des plus importants qu'il pût former, leur donna de belles espérances. La modicité de ses ressources ne lui permit pas de faire davantage, et il renvoya les pétitionnaires à des temps meilleurs^. Il fit la mémo

1. Lettre du 2 avril 1816. Le désir des habitants d'Avignon fut exaucé, huit ans plus tard, par la fondation d*un noviciat et d'une résidence. Une lettre du P. Renault au P. Général nous apprend comment les Jésuites furent accueillis, a Envoyé depuis trois mois dans cette ville, écrit le P. Renault à la date du 24 octobre 18^, je suis témoin des sentiments de vénération^ de reconnaissance, de dévouement, et je puis le dire, d'admiration, de toute la ville pour la Compagnie. C'est au point que de simples servantes se réunirent pour contribuer par une souscription de 50 francs au paiement de plus de 60,000 francs, prix du local que la ville nous a prié d'accepter. Les anciens Avignonnais se souviennent et racontent à leurs enfants qu'après la dissolution de la Compagnie, 800 Jésuites se retirèrent dans cette ville, et y ont été tous confesseurs ou maiiyrs de la foi. Nous n'avons de ce côté-là d'autre croix que la peine de ne pouvoir répondre à tant de confiance, la bonne humiliation d'être si fort au-dessous de l'attente générale, et le poids de la réputation de science et de vertu de nos anciens Pères... »

2. La ville deDôlene perdit point le souvenir des espérances qui lui furent alors données ; et en 1823, quand elles se furent enftn réalisées, enun temps où la règle était de n'accepter aucune fondation nouvelle, le P. Varin annonçant au P. Général, Louis Fortis,ji'ouverture du nouveau coUègey lui écrivait que le P. Provincial, Didiei^ Richardot, avait cédé à une sorte de contrainte, que les vœux en faveur du collège étaient si unanimes et si prononcés qu'iln'eût pas été possible de s'y refuser^et que des cris de protestation se seraient élevés dans foute la Province contre la Compagnie, si les engagements pris en 1815 étaient restés plus longtemps sans exécution. — Lettre du 9 septembre 1823.

réponse dilatoire aux demandes qui le pressaient de s'établir au Puy. En somme, deux établissements furent seuls ouverts cette année 1815, le petit séminaire de Soissons et celui de Sainte-Anne d'Auray.

Le petit séminaire de Soissons ne resta qu'un an aux mains de la Compagnie. En se retirant, le P. de Clorivière abandonna aussi la direction du grand séminaire. Des divergences de vues, entre Mgr de Beaulieu et lui, l'obligèrent à cette mesure. Peutêtre au premier moment les conditions n'avaient-elles pas été assez nettement tracées de part et d'autre. Cédant aux insinuations de quelques membres de son conseil, Mgr de Beaulieu avait jugé qu'il pouvait s'autoriser de cette situation mal définie pour décider en isa faveur; ainsi il prétendait avoir le droit de s'opposer absolument à toutes les vocations à la Compagnie; il voulait interdire l'accès du petit séminaire à tous les jeunes gens qui ne se destinaient pas à Tétat ecclésiastique ; il refusait d'admettre au grand séminaire les jeunes religieux de la Compagnie qui, sans être aucunement à charge au diocèse, auraient pu suivre les cours de théologie. Ces conditions et d'autres qui, au moment du contrat, n'auraient sans doute pas été consenties, parurent après coup encore moins tolérables. L'accord ne pouvant pas s'établir, il fut convenu qu'à la fin de l'année scolaire les Pères remettraient les deux maisons entre les mains de Mgr Leblanc de Beaulieu.

Un événement terrible avait attristé les premiers jours de cette unique année. Le P. de Clorivière était venu à Soissons donner les exercices de la retraite à la petite communauté religieuse des deux séminaires.

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