‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 247 sur 315 · ACHAT DE MONTROUGE - VISITE DES MAISONS · texte numérisé non relu

ACHAT DE MONTROUGE - VISITE DES MAISONS

La nouvelle Compagnie en France, àpeinerest^uscitée et encore peu nombreuse, reprenait donc avec éclat toutes les œuvres de son aînée. Les ouvriers apostoliques recueillaient partout des fruits extraordinaires et ne pouvaient sufdre au travail; les collèges grandissaient tous les jours en nombre en mOmc temps qu'en réputation. En 18 17, l'année qui préct'-dii ta sortie de charge du P. de Clorivière, ceux de Bordeaux et de Sainte-Anne comptaient chacun près de trois cents élèves, tous pensionnaires, la loi ne permettant les externes qu'aux collèges d<: l'Université; ceux de Montmorillon et de ForcalquitT n'étaient pas loin du même nombre. Mais le plus florissant comme le plus célèbre, était celui de Saint- Âcheul, sous la direction d'abord du P. Jennesseaux, puis du P. Folloppe venu de Russie en 1816, et au-

dessous d'eux, sous celle du P. Loriquet, le véritable organisateur des études. Les meilleures familles s y disputaient l'avantage d'y trouver une place pour leurs enfants.

Malgré cette prospérité extérieure, le P. Brzozowski , Général de la Compagnie, ne laissait pas d'être inquiet; il lui semblait que la vie s'était développée trop vite; après une première explosion, il était à craindre qu'elle ne vînt à s'étioler ou à s'éteindre, comme il arrive à ces plantes trop jeunes qui n'ont pas attendu leur plein développement et qui, après une fructification exubérante et hâtive, se dessèchent ou demeurent stériles.

La Compagnie en France comptait quatre collèges ou petits séminaires et deux résidences ; elle n'avait qu'un noviciat incomplet joint à la résidence de Paris, et elle manquait d'une maison spéciale pour les études : la formation religieuse et littéraire se trouvait donc forcément en souffrance : ce n'était pas seulement un déficit, c'était un péril : <c Ayons bon noviciat et bonnes études, ne cessait de répéter le P. Général, et nous aurons tout le reste '. » « Car, disait-il encore, de l'observation de ce point dépend l'existence de la Compagnie'. » Le P. de Clorivière en était persuadé autant que personne. Mais il se trouve des circonstances dans lesquelles il est comme impossible de suivre les règles ordinaires; c'est l'ennemi qui menace de tous côtés; il faut se jeter dans la mêlée, avant d'avoir appris à fond le manie-

i . Lettre du P. Général au P. de Clorivière, 6 juillet 1817. 2. Lettre du P. Général au P. Simpson, 13 mars 1818.

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