‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 249 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE V

petites commodités. Quel que fût le temps qu'il fit, les jours de congé, les novices devaient partir pour la promenade, en hiver, en été, par la pluie, par la neige, par la boue; rien ne l'arrêtait. Le noviciat, alors séparé du reste de la communauté assez nombreuse, était placé au quatrième et fort à Tétroit. Une petite chambre servait de salle des exercices, et la récréation se passait dans une petite cour très incommode (il n'y avait point de jardin). Le P. Roger y tenait ses novices, même quand il pleuvait, et dans la saison rigoureuse ^ »

Cette formation si rigoureuse ne déplaisait point au P. de Glorivière. Caractère fortement trempé, habitué dès son enfance à lutter contre une nature ingrate et à lui faire rendre, au prix de l'effort, tout ce qu'il aurait pu tirer d'un fond plus heureux, dur à lui-même, uniquement accessible aux vues surnaturelles, ses préférences étaient pour la force plutôt que pour la douceur. Inopportune, ou peut-être dangereuse dans un milieu composé de jeunes gens d'une vertu encore tendre, cette direction était mieux à sa place parmi des hommes déjà éprouvés, qui apportaient à la vie religieuse des habitudes fortifiées par le temps et qui ne pouvaient se modifier qu'au prix de l'effort. Le P. de Clorivière sut si bien s'imposer à eux, les dominer par l'ascendant de son caractère, de son expérience et de son autorité que, selon un témoignage contemporain non moins flatteur pour les disciples que pour le maître, a des prêtres de quarante à cinquante ans, jusque-là leurs maîtres,

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