Mémoires sur le noviciat de Monirouge, Introduction
52i HISTOIRE DU P. DE CLORIVIËRE
se sont trouvés, au bout d'un an et demi, maniables comme de petits enfants. » Ferme et sévère, dit à son tour un de ceux qui avaient été à cette rude école, le P. de Clorivière nous a fait sentir pendant deux années de noviciat le poids de Tautorité... Mais après cela, nous sommes tous obligés de convenir que c'est un homme d'oraison, un homme de Dieu; et tout en le craignant, nous le respectons comme un saint ^ x>
Au mois de janvier 1816, la mort visita pour la première fois le noviciat de la rue des Postes et la nouvelle Compagnie en France. La victime qu'elle se choisit mérite d'arrêter un moment nos regards. C'était le plus jeune des novices, mais un iles plus distingués par ses talents et par sa vertu. Sa courte vie fut celle du jeune homme qui est loué par le Saint-Esprit : Consummatits in brevij explevit tempora midta; elle rappelle, on peut le dire, celle des Stanislas et des Louis de Gonzague. C'est un honneur pour la Compagnie renaissante d'avoir, dès son berceau, produit un fruit d'une saveur si douce et si pure.
Jean-François Renard, novice scolastique, naquit le 27 novembre 1795, aux Chaprais, petit village non loin de Besançon, Il apparut tout d'abord comme un enfant prédestiné. Un jour, à l'âge de quatre ans, ses yeux se portèrent avec plus d'attention sur un crucifix; il demanda à la personne aux soins de laquelle il avait été confié, pourquoi Notre-Seigneur avait été traité si cruellement. La réponse lui fit
\ . Lettre du P. Yarin au P. Général^ 26 août 1817.