‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 25 sur 315 · LIVRE I. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE III

Une rigueur si tenace ne laissait espérer aucun adoucissement à l'exécution de la mesure annoncée pour le T' juillet. Le F. Fleury n'eut pas le courage d'en être témoin, et il revint à Paris au séminaire des Trente-Trois. C'était pour assister à une catastrophe encore plus complète. En effet, la grande lutte entreprise par le Parlement de Paris contre la Compagnie de Jésus touchait à son dénouement.

Ce dénouement était prévu. Le 20 avril 1762, presque au lendemain de lu fermeture des collèges, le P. Berthier renouvelait auprès du T. R. P. Général la demande qu'il avait déjà faite de se retirer dans une maison de la Trappe : « Je ne dirai rien, ajoutait-il, de la ruine de nos affaires en ce pays ; c'en est fait de notre Compagnie. Si quelqu'un des Nôtres vous a écrit, ou vous écrit dans la suite, qu'il nous reste encore quelque étincelle d'espérance, laissez-moi dire qu'il ne sait rien de ce qui se passe, ou qu'il se laisse étrangement abuser par ses illusions. Quant à moi, je ne me suis jamais mépris sur cette longue suite et cet enchaînement de misères, et voilà déjà

Roi, de tenir et observer les quatre propositions de l'assemblée du Clergé de 1682, et les libertés de TEglise gallicane; de n'entretenir aucune correspondance, en quelque manière que ce soit, avec le Général de la ci-devant Société ou autres supérieurs par lui préposés ou de son autorité; d*abjurer le régime de ladite Société et son enseignement sur le probabilisme favorable à tout crime ; de détester et combattre en tout temps et en toute occasion la morale depuis tant de temps soutenue par les écrivains de la dite ci-devant Société, défendue et adoptée en 1657 dans son apologie des casuistes^ reprise et résumée récemment, renouvelée en 1757 par l'impression du livre exécrable de la théologie morale de Busembaum et La Croix, notamment en ce qui concerne l'autorité du Roi et la sûreté de leurs personnes sacrées. 9

deux ans que j'en ai placé tout le détail sous les yeux des supérieurs.

« Que votre Paternité en soit bien persuadée; notre Compagnie est absolument perdue dans ces quartiers; nous touchons au moment suprême; et quand votre lettre me rapportera de Rome la permission sollicitée, c'est à peine s'il se trouvera encore quelqu'un des Nôtres dans une maison de la Compagnie, sous l'habit de la Compagnie. Si vous m'aviez autorisé à me réfugier dans l'asile de la pénitence, combien de spectacles m'auraient été épargnés qui me percent le cœur : le gaspillage de notre mobilier, la fuite des Nôtres, la cessation de tous nos ministères, le triomphe de nos ennemis, la douleur de nos amis, enfin les périls croissant chaque jour. Car telle, et encore plus triste, est la face des choses; il faut en être témoin pour y croire... »

En prévision de la crise finale, beaucoup, à l'exemple du P. Berthier, se préoccupaient de la situation qui allait leur .être faite comme religieux : « Vraisemblablement, écrivait l'un d'eux au P. Général, le Parlement de Paris prononcera y avoir abus dans notre Institut; conséquemment, nous devenons en France non religieux et libres de nos vœux, quant aux effets civils ; il portera un arrêt par lequel il nous fournira telle somme, à nous profès, pour servir de vestiaire et d'itinéraire; et ensemble telle autre somme annuelle, plus ou moins grande suivant les âges et qualités dans la Compagnie, pour servir de pension alimentaire, laquelle sera peut-être payée la première année, mais sûrement non les années suivantes. Ces Messieurs en seront quittes pour dire :

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