LIVRE VI. CHAPITRE V
tombeau. La Compagnie avait laissé reposer beaucoup d'espérances sur la tête de ce jeune homme, et elle en attendait de grandes choses pour le service de l'Eglise et pour la gloire de Dieu. Mais le ciel a ses desseins qu'il faut adorera
Du reste, Dieu avait déjà pris soin de compenser cette perte apparente. A la place du jeune homme qu'il rappelait à lui, il avait mis un vieillard qui, dans sa jeunesse, avait suivi la règle de saint Ignace et qui, depuis, s'était fait un nom considérable parmi les apologistes de la religion et les adversaires de la Révolution dont il avait révélé, dans des Mémoires célèbres, les criminels desseins^. C'était le P. Augustin Barruel. Au moment de la suppression, le P. Barruel n'était encore que scolastique. Il jugea que le Bref de Clément XIV ne l'atteignait pas, et il continua de se considérer comme lié par ses engagements. Dans cette persuasion, il demanda, quelque temps après le rétablissement de la Compagnie, à faire ses derniers vœux. Le P. Général avait pris pour règle de n'accorder cette faveur aux anciens scolastiques qu'après un an de noviciat. Il répondit dans ce sens au P. Barruel et lui marqua le 15 octobre 1816, fête de sainte Thérèse, pour le jour de sa future profession. Le vieillard fut un peu surpris, mais il inclina la tête avec une humble soumission, joyeux ce d'être replacé au rang des novices. j>
Le grand jour arrivé, il fit avec bonheur son sacrifice, et s'empressa de faire parvenir au P. Général
i. Ces détails sont extraits de la Vie de 3f°*e Jacoulet.