‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 268 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE Vl · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE Vl

pas appuyer la demande d^autorisation à cause des préjugés qui régnaient encore contre la Compagnie. M. Laine eut la bonne foi d'en convenir ^

Le P. de Grivel avait ses raisons pour parler ainsi. Peu de temps auparavant, quelques Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, réunis à Senlis dans la maison fondée pour élever des enfants de chevaliers de saint Louis, avaient fait solliciter leur approbation, et on assurait que M. Laine aurait répondu :> <K Si on approuve une congrégation religieuse, il s'en présentera une seconde, une troisième, et puis enfin les Jésuites; or pour ceux-là, certes^ notts n'en voulons pas. »

Mais les idées peuvent se modifier avec le temps. M. Laine, revint au projet de rétablir légalement la Compagnie de Jésus; seulement, pour ménager les* susceptibilités parlementaires et gallicanes, il eut la précautiond'y mettre certaines réserves ; par exemple, que les Jésuites prendraient un autre nom, qu'ils n'auraient point de chef étranger, qu'ils feraient certains changements dans leurs Constitutions. Des intermédiaires, et parmi eux le cardinal de la Luzerne, vinrent rendre compte aux Pères de ces conditions. Ils n'étaient pas éloignés de les trouver acceptables. Elles n'allaient pourtant à rien moins qu'à détacher de la Compagnie les Jésuites de France, et à faire d'eux une simple association française. C'était reprendre sous une autre forme le malencontreux projet d'un vicaire-général imaginé, cinquante ans auparavant, pour arracher la Compagnie aux décrets

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