‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 272 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE vr · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE vr

Le p. de Grivel, s'inspirant surtout de l'exemple de l'abbé Liautard, inclina pour raffîrmative. ce L'opinion publique ne nous saurait pas mauvais gré, disait-it, d^' cette condescendance; elle saurait que nous ne nous y sommes prêtés que par nécessité, afin de continu'T à pouvoir faire le bien. » C'était d'ailleurs un moyen de gagner du temps, et dans l'état d'instabilité où si? trouvaieut les affaires publiques, c'était peut-être tout gagner.Le P. deClorivièreet ses deux autres conseillers, les PP. Fontaine et Varin, ne partagèrent pas c sentiment. Dans ce projet dirigé contre tout l'enseignement chrétien, ils étaient persuadés que l'Université avait en vue, d'une manière spéciale, les petite séminaires de la Compagnie; qu'après tes avoir confondus, dans une certaine tolérance commune, avci; les autres maisons d'éducation, elle ne tarderait pas à leur créer une situation plus difficile, et qu'enCn pni' des vexations savamment ménagées, elle saurait obliger la Compagnie à quitter d'elle-même la partie, sans avoir l'air de la chasser. En conséquence, ils pensaient qu'il était inutile, au prix de pareils sacrifices, de chcicher à prolonger l'existence despetitsséminaires. Sil fallait succomber, mieux valait, disaient-ils, éviter « d'encourir le reproche de s'être amalgamés iv l'Université, » et a périr glorieusement'. »

1. 0 On menace de toutes parts d'ôter aux étéques lea petits fijiuinaircs; mais si cela arrive, nous pouvons dire que nous périrons glorieusemenl. j> {Lettre du P. de Ctorivière au P. Gênèrttt, 17 octobre 1817.)

Beaucoup des détails qui précèdent ont été empruntés à une longue letlre do P. de Grivel au P. Général, 3 janvier 1818; c'est une sorir' de mémoire snr la situation de la Compagnie de Jésus en France .i cette époque.

L'ordonnance du 5 octobre 1814 ne fut pas rapportée ; la Compagnie garda quelque temps encore ses petits séminaires. Mais le P. de Clorivière et ses conseillers avaient bien deviné la tactique des ennemis de la Compagnie ; dix ans plus tard, ceux-ci prirent leur revanche.

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