‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 273 sur 315 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LE P. DE CLOniVIËRE EST RBHPtACÉ PAR LE P. SES DERNIÈRES ANNÉES

Dès le mois de novembre 1815, le P. de Clorivière conjurait le P. Général de le relever de son emploi. « J'ai-regardé, disait-il, comme un bienfait singulier de la divine Providence que Votre Paternité ait jeté les yeux sur moi pour travailler au rétablissement de la Société en France. Je -m'estimerais encore heureux de verser jusqu'à la dernière goutte de raon sang pour une si belle cause... Mais la connaissance que j'acquiers de plus en plus de mon peu de qualités et de vertus nécessaires pour cet emploi, m'impose l'obligation de vous prier, mon Révérend Père, de vouloir bien m'en décharger. »

La réponse du P. Général fut que le P. de Clorivière devait mettre sa confiance en Dieu, et attendre de la gr&ce de l'obéissance les lumières et la force dont il avait besoin. L'humble et courageux vieillard courba la tête avec une respectueuse soumission et il se remit à porter vaillamment son fardeau. Son triennat Bni (c'est ta durée ordinaire des charges

dans la Compagnie), il espéra qu'il pourrait être plus heureux et il renouvela ses instances. A ses autres motifs s'était ajouté celui d'une cécité presque complète, qui ne lui permettait de remplir ses devoirs, qu'avec un surcroît de difficulté ^ » Le P. Brzozowski se sentait disposé à Texaûcer; mais il n'avait personne à mettre à sa place.

Sur ces entrefaites, le P. de Grivel revint d'Angleterre où il avait été envoyé, peu de temps auparavant, en qualité de visiteur. 11 ramenait avec lui un ancien Jésuite français, qui, à l'époque des décrets des Parlements, avait couru jusqu'en Pologne mettre sa vocation à l'abri dans une maison de la Compagnie. C'était le P. Louis Sionnest, plus connu sous le nom de Louis Simpson qu'il avait pris depuis son séjour en Angleterre. C'est sur lui que le P. Général jeta les yeux. Déjà des informations précédentes le lui avaient désigné comme pouvant prendre le gouvernement de sa Province d'adoption et succéder au P. Stone. Le P. Charles Plowden ayant été nommé Provincial d'Angleterre, il s'était trouvé libre et avait pu rentrer en France.

Une lettre du P. de Grivel, après son retour à Paris, ramena sur lui l'attention du P. Général : « Votre Paternité a reçu sans doute ma lettre du 12 novembre. Elle y a lu le projet proposé par moi de nommer Provincial de France le P. Aloys Simpson. Je me convaincs tous les jours que le P. Simpson a le véritable esprit de la Compagnie. Il est très prudent, il voit juste, il joint un grand

i. Lettre du 2è juin iSil .

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