LIVRE VI. CHAPITRE VII
par de beaux succès, mais qui n'étaient pas ceux des collèges de la Compagnie. Le P. Simpson s'occupa de faire disparaître cette diversité de méthodes, et d'établir partout Tuniformité dans la discipline et dans renseignement, par la pratique fidèle du Ratio studiorum. Il passa deux mois entiers à Saint- Acheul, la maison la plus considérable de toutes, pour faire appliquer sous ses yeux les prescriptions de ce livre, expliquées et commentées « par le Ratio studendi et docendi de Jouvancy. » Il régla Tordre et la durée des classes, la manière de les tenir. <t Ce règlement, lu au réfectoire et signé de ma main, dit-il, a été adopté, non sans quelques objections, qu'il a été facile de résoudre. Enfin il a été mis en pratique, et en peu de jours les régents et même les écoliers en ont saisi tout l'avantage ^ »
Il ne perdait pas de vue, en même temps, les intérêts d'ordre intérieur et domestique, et il travaillait à rétablir les coutumes et les observances anciennes ; il fit disparaître ou modifia certains usages que les Pères de la Foi avaient apportés avec eux, et que le P. de Clorivière avait laissé s'introduire ou qu il avait introduits lui-même; il en ramena d'autres, obser>'és autrefois et dont son admirable mémoire avait très nettement conservé le souvenir. Il n'eut pas cependant la consolation d'établir la maison d'études comme il l'avait désiré ; les diflicultés, devant lesquelles s'était arrêté le P. de Clorivière, n'étaient que trop réelles. Il voulut au moins envoyer quelques jeunes gens étudier en Italie, et le P. Fortis s'em-
i. Lettre du h janvier 1819.
pressa de mettre des places à sa disposition dans la maison d'études que la Province romaine avait récemment ouverte à Ferrare. Mais au dernier moment, les exigences implacables des collèges rempéchèrent de bénéficier des offres bienveillantes du P, Fortis. C'est seulement en 1821, sous le provincialat da P. Richardot, son successeur, que le projet si longtemps ajourné reçut un commencement d'exécution. Cette administration si ferme et si sage allait trop tôt finir. Dans les premiers jours du mois de mai 1820, raconte le P, Guidée, quoique affaibli par les travaux d'une longue vie et par des indispositions récentes, il était venu à Saint- Acheul pour y faire la visite accoutumée. On espérait que la belle saison et Tair de la canipagne lui seraient favorables. Il n'en fut rien. On le vit dépérir peu à peu, et enfin tomber dans un épuisement total, qui ne lui laissa de force et de vigueur que dans la tête. Le 16 juin, jour de la fôte de saint François Régis, il demanda lui-même les derniers sacrements et les reçut avec une piété touchante. A la fin de la cérémonie, le P. Recteur (c'était le P. Loriquet), à genoux près de son lit, ainsi que tous les assistants, lui demanda, au nom de tous, pardon des peines qu'ils auraient pu lui causer. Le malade, élevant le crucifix qu'il tenait dans ses mains, fit un signe de croix et prononça d'un ton grave et affectueux ces paroles : Ipse vobU ignoscat et benedicat in nomine Patris et Filii et Spiritus Saiicti. Amen. Il mourut le 25 du même mois et fut enterré dans le cimetière deSaint-AcheuP.
i. Vie du p. Varin, par le P. Guidée, 2« édit., ch. xxin,p. 220. Note,